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Syndrome douloureux du grand trochanter : tendons fessiers, douleur latérale de hanche et traitement

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La douleur sur le côté de la hanche vient souvent des tendons fessiers : le terme « bursite » n’explique pas à lui seul le syndrome douloureux du grand trochanter

Le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT), ou greater trochanteric pain syndrome, désigne une douleur située sur la face latérale de la hanche. Il est fréquent chez les adultes d’âge moyen, particulièrement chez les femmes.

On parlait autrefois presque systématiquement de « bursite trochantérienne ». Les travaux d’imagerie et les études cliniques montrent aujourd’hui que les tendons du moyen et du petit fessier sont souvent au centre du problème. Une bursite peut être présente, mais elle n’explique pas toujours les symptômes.

Adulte désigne côté externe hanche habillé, lever chaise, marche.
Douleur latérale de hanche : adapter la charge. Illustration éducative Osteomag : les situations représentées ne remplacent pas un bilan individuel.
Repères pratiques : observation et conduite
SituationRepèreConduite prudente
Douleur latéraleTendon fessier souvent impliquéNe pas conclure à une bursite isolée
Douleur inguinaleArticulation à considérerComparer mobilité et fonction
Charge et sommeilCompression parfois irritanteAdapter puis reconstruire la tolérance

Anatomie : quelles structures sont impliquées ?

Le moyen fessier et le petit fessier s’insèrent autour du grand trochanter. Des bourses réduisent les frottements entre tendons, fascia et os.

Une tendinopathie, une fissure tendineuse, une irritation de bourse ou un ressaut externe peuvent contribuer au tableau. Le terme SDGT est donc volontairement large. [4]

Quels symptômes sont typiques ?

La douleur se situe sur le côté de la hanche et peut descendre sur la face latérale de la cuisse. Elle est souvent aggravée par :

  • dormir sur le côté atteint ;
  • monter des escaliers ;
  • marcher longtemps ;
  • se tenir sur une jambe ;
  • croiser les jambes ;
  • rester debout avec le poids sur une seule hanche.

La douleur inguinale dominante est moins typique et doit faire considérer une origine intra-articulaire.

Pourquoi dormir sur le côté peut-il être douloureux ?

Le contact direct comprime les tissus latéraux contre le grand trochanter. Même dormir sur le côté opposé peut parfois provoquer une adduction de la hanche supérieure et augmenter la compression des tendons.

Un oreiller entre les genoux peut réduire cette adduction et améliorer le confort chez certaines personnes.

Pourquoi la compression tendineuse est-elle importante ?

Les tendons fessiers sont soumis à une tension liée à la contraction et à une compression contre le grand trochanter selon la position de hanche.

Lorsque la hanche est fortement en adduction, cette compression augmente. Chez un tendon irritable, limiter temporairement certaines positions peut aider à réduire les symptômes.

Est-ce réellement une tendinopathie ?

Très souvent, oui. Les études d’imagerie montrent fréquemment des modifications du moyen ou du petit fessier chez les personnes présentant un tableau clinique de SDGT.

Le terme « tendinopathie glutéale » est donc souvent utilisé lorsque les symptômes et l’examen pointent vers ces tendons.

Une bursite peut-elle quand même être présente ?

Oui. Une bourse peut devenir sensible ou distendue, mais elle coexiste souvent avec une pathologie tendineuse.

Il est donc généralement plus juste de considérer l’ensemble du compartiment latéral de la hanche plutôt que d’attribuer toute douleur à une bourse isolée.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic est principalement clinique. La localisation de la douleur, les activités provocatrices et plusieurs tests peuvent modifier la probabilité diagnostique.

Une méta-analyse de 2024 a montré qu’une combinaison simple de palpation du tendon fessier et d’abduction résistée peut être utile pour renforcer ou diminuer la probabilité d’un SDGT chez une personne présentant une douleur latérale de hanche. [3]

Quels tests sont utiles ?

On peut utiliser :

  • palpation du grand trochanter ;
  • abduction de hanche contre résistance ;
  • appui unipodal ;
  • rotation externe résistée ;
  • tests fonctionnels comme le step-down.

Aucun test unique ne remplace l’ensemble du raisonnement clinique.

Diagnostic différentiel : quelles causes peuvent imiter le SDGT ?

Il faut notamment considérer :

  • arthrose de hanche ;
  • pathologie intra-articulaire ;
  • radiculopathie lombaire ;
  • sténose lombaire ;
  • fracture de stress ;
  • douleur sacro-iliaque ;
  • douleur référée du rachis.

La distribution et la fonction aident à distinguer ces causes.

Comment distinguer une arthrose de hanche ?

L’arthrose donne plus souvent une douleur inguinale, une raideur et une limitation de rotation interne, même si une douleur latérale peut coexister.

Une radiographie peut être utile lorsqu’une atteinte articulaire importante est suspectée.

Et une radiculopathie ?

Une douleur lombaire associée, des paresthésies, une faiblesse ou des réflexes modifiés orientent davantage vers une atteinte nerveuse.

La douleur fessière ou latérale de cuisse seule ne suffit pas à distinguer parfaitement les deux conditions.

Quand l’imagerie est-elle utile ?

Elle n’est pas nécessaire dans tous les cas. L’échographie ou l’IRM peut être utile si le diagnostic est incertain, si une rupture tendineuse importante est suspectée ou si le patient ne progresse pas.

Les anomalies tendineuses à l’imagerie doivent toujours être interprétées avec les symptômes.

Pourquoi la gestion de charge est-elle importante ?

Un tendon douloureux tolère souvent mal certaines combinaisons de compression et de charge. Réduire temporairement les longues marches, les escaliers répétés ou les positions très compressives peut diminuer l’irritabilité.

Le but n’est pas de supprimer toute activité, mais de trouver un niveau tolérable qui permette ensuite une progression.

Faut-il éviter de dormir sur le côté pour toujours ?

Non. Il s’agit généralement d’une adaptation temporaire. Lorsque la sensibilité diminue et que la capacité augmente, la position peut être réintroduite selon la tolérance.

Pourquoi l’exercice est-il central ?

Les essais cliniques et revues récentes soutiennent l’éducation et l’exercice comme approche de base. Une revue systématique de 2025 rapporte des effets favorables sur la douleur et la fonction.

Une méta-analyse de 2024 soutient également l’exercice comme traitement de première ligne chez les personnes ayant un diagnostic clinique de SDGT. [1][2][5]

Quels muscles doit-on renforcer ?

Les abducteurs de hanche, en particulier moyen et petit fessiers, sont souvent ciblés. Les extenseurs de hanche et les muscles du tronc peuvent aussi être intégrés selon la fonction.

L’objectif est de reconstruire une capacité globale de la hanche, pas d’isoler un muscle comme responsable unique.

Quels exercices peuvent être utilisés ?

Selon l’irritabilité :

  • abduction isométrique légère ;
  • ponts ;
  • abduction debout ou avec bande ;
  • step-ups ;
  • step-downs ;
  • squats ;
  • marche chargée ;
  • progression vers la course si nécessaire.

La charge doit être suffisamment progressive pour éviter des poussées répétées importantes.

Les étirements sont-ils utiles ?

Les étirements en adduction peuvent augmenter la compression des tendons contre le grand trochanter. Chez une personne très irritable, ils peuvent donc aggraver les symptômes.

Un étirement n’est pas interdit s’il est confortable, mais il ne devrait pas être imposé parce que le tendon serait supposément « trop court ».

Combien de temps la récupération peut-elle prendre ?

Les tendinopathies peuvent évoluer sur plusieurs semaines ou mois. Une amélioration progressive de la tolérance à la marche, aux escaliers et au sommeil est un bon signe.

Le délai dépend de la durée des symptômes, de la charge, de la présence éventuelle d’une fissure tendineuse et de la capacité globale.

Pourquoi les symptômes peuvent-ils fluctuer ?

Un tendon peut tolérer une activité un jour puis réagir après une accumulation de charge. Cette fluctuation ne signifie pas nécessairement qu’une nouvelle lésion s’est produite.

Le suivi doit observer la tendance sur plusieurs semaines plutôt qu’une seule journée.

Quel rôle pour le traitement manuel ?

Le traitement manuel peut réduire temporairement la douleur ou améliorer le confort des régions associées. Il peut être utilisé comme complément si le patient le trouve utile.

Il ne reconstruit pas à lui seul la capacité tendineuse et ne remplace pas l’exercice.

Quelle place pour l’ostéopathie ?

L’ostéopathe peut aider au triage, examiner la hanche et le rachis, identifier les activités compressives et accompagner la progression.

Il doit éviter d’expliquer la douleur par un « bassin déplacé » ou une hanche qu’il faudrait remettre en place.

Drapeaux rouges : quand faut-il orienter ?

Une incapacité à prendre appui, une douleur aiguë après traumatisme, une faiblesse importante nouvelle, une fièvre, une douleur nocturne sévère inexpliquée ou une suspicion de fracture nécessitent une évaluation médicale.

Une absence de progrès malgré plusieurs semaines de prise en charge cohérente peut également justifier une imagerie ou une consultation spécialisée.

Pourquoi les femmes d’âge moyen sont-elles souvent concernées ?

Le SDGT est particulièrement fréquent chez les femmes d’âge moyen et plus âgées. Les raisons sont probablement multifactorielles : morphologie pelvienne, charge tendineuse, changements hormonaux, composition corporelle et historique d’activité peuvent contribuer.

Cette association ne signifie pas qu’il s’agit d’un problème inévitable lié à l’âge. Beaucoup de personnes améliorent leur fonction avec une prise en charge progressive.

Pourquoi la force seule ne suffit-elle pas ?

Un tendon peut être fort lors d’un test isolé tout en tolérant mal les charges répétées de marche, d’escaliers ou de course. L’endurance, la coordination et la capacité à supporter la compression comptent aussi.

La réadaptation doit donc progresser vers les tâches réellement problématiques, pas seulement augmenter la force maximale.

Comment mesurer les progrès ?

Des repères simples peuvent être utilisés : temps de marche avant douleur, capacité à monter les escaliers, durée tolérée en appui unipodal, qualité du sommeil et réaction le lendemain d’un exercice.

Une amélioration progressive de ces paramètres est plus informative qu’une diminution momentanée de sensibilité à la palpation.

Pourquoi le repos complet peut-il prolonger le problème ?

Une réduction temporaire des charges irritantes peut calmer la douleur, mais un repos prolongé réduit aussi la capacité des tendons et des muscles. Le retour devient alors plus difficile lorsque les activités habituelles sont reprises.

Une stratégie plus utile consiste souvent à conserver une activité tolérée puis à augmenter progressivement la charge.

Comment éviter les récidives ?

Maintenir une certaine force des abducteurs et une exposition régulière à la marche, aux escaliers ou au sport peut aider à conserver la capacité. Les variations de symptômes sont normales, mais une tendance à perdre progressivement la tolérance doit conduire à ajuster la charge.

L’objectif n’est pas d’éviter toute compression de la hanche, mais d’augmenter progressivement ce qu’elle peut supporter.

Anatomie et diagnostic différentiel : comparer la hanche et le rachis

Les tendons du moyen et du petit fessier participent à la fonction des abducteurs autour du grand trochanter. Une douleur latérale peut néanmoins coexister avec une arthrose, une atteinte lombaire ou une autre affection. Les repères sur les imitations d’une radiculopathie et les recommandations sur l’arthrose aident à élargir le bilan; ils ne transforment pas une localisation en diagnostic certain. [4][6][8][10]

Drapeaux rouges et imagerie

Une impossibilité d’appui après une chute, une douleur aiguë avec déformation ou une faiblesse nouvelle demande un avis rapide. Fièvre avec hanche très douloureuse ou dégradation importante appelle une évaluation urgente. Une douleur nocturne progressive inhabituelle ou une absence durable de progrès justifie une réévaluation médicale. Si l’imagerie est nécessaire, le choix dépend d’une question précise, et non d’une recherche systématique de « bursite ». [7]

Réadaptation : mesurer la fonction et la dose

L’éducation et l’exercice disposent d’essais et de synthèses propres. La progression vise marche, escaliers ou sommeil selon les priorités, avec adaptation des positions compressives et de la récupération. Aucun exercice unique ne convient à tous les niveaux d’irritabilité. [1][2][5]

Les tests cliniques modifient une probabilité; ils ne remplacent pas le diagnostic différentiel. Le soulagement sous les mains ne montre pas qu’une bourse ou un tendon a été « remis en place ». La douleur reste une expérience personnelle qui doit être évaluée dans le temps. [3][9]

Ce qu’il faut retenir

Le syndrome douloureux du grand trochanter est une cause fréquente de douleur latérale de hanche. Les tendons fessiers jouent souvent un rôle plus important que la bourse seule.

Le diagnostic est principalement clinique. L’éducation, la gestion de charge et le renforcement progressif constituent le cœur de la prise en charge. Le traitement manuel peut être complémentaire, mais l’objectif principal est de reconstruire la capacité de la hanche.

Références

  1. Efficacy of gluteal tendinopathy treatments: systematic review. 2025.
  2. Exercise for Greater Trochanteric Pain Syndrome: systematic review and meta-analysis. 2024.
  3. Kinsella R, et al. Diagnostic accuracy of clinical tests for Greater Trochanteric Pain Syndrome: systematic review and meta-analysis. 2024.
  4. Current and future advances in practice: tendinopathies of the hip. 2024.
  5. Mellor R, et al. Education plus exercise versus other care for gluteal tendinopathy: randomized trial. BMJ. 2018;361:k1662.
  6. Bateman EA, et al. Musculoskeletal mimics of lumbosacral radiculopathy. 2025; en ligne 2024.
  7. ACR Appropriateness Criteria. Chronic Hip Pain.
  8. NICE. Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management. NG226.
  9. Raja SN, et al. The revised IASP definition of pain. Pain. 2020.
  10. Koc TA Jr, et al. Hip Pain and Mobility Deficits—Hip Osteoarthritis: Revision 2025.