La coccygodynie, ou douleur au coccyx, est une affection caractérisée par une douleur intense localisée au niveau du coccyx, souvent accompagnée d’une irradiation vers la partie inférieure du sacrum et du périnée. Ce trouble douloureux peut survenir à la suite d’un traumatisme direct, tel qu’un coup de pied ou une chute, qui impacte directement le coccyx. De plus, la coccygodynie peut également se manifester après un accouchement par voie vaginale difficile, où le stress mécanique sur cette région est considérable.

La douleur associée à la coccygodynie résulte principalement de la tension exercée sur le ligament sacro-coccygien ou, dans certains cas, d’une fracture du coccyx. Cette condition est plus fréquemment observée chez les femmes que chez les hommes, ce qui pourrait être lié aux particularités anatomiques et aux changements hormonaux associés à la grossesse et à l’accouchement.

À retenir
  • La coccygodynie correspond à une douleur localisée au niveau du coccyx, souvent aggravée en position assise.
  • Elle survient fréquemment après une chute, un traumatisme direct ou parfois après un accouchement difficile.
  • Une mobilité anormale du coccyx, une inflammation locale ou des tensions du plancher pelvien peuvent entretenir la douleur.
  • Le diagnostic repose surtout sur l’histoire clinique, l’examen physique et parfois des examens d’imagerie.
  • Le traitement peut associer adaptation de la position assise, coussin de décharge, prise en charge manuelle et exercices ciblés.
  • En cas de douleur persistante ou inhabituelle, une évaluation par un professionnel de santé est recommandée.

La coccygodynie est souvent mal comprise et peut affecter considérablement la qualité de vie en raison de sa nature persistante et douloureuse. Dans ce contexte, il est essentiel d’explorer les causes possibles, les symptômes associés, ainsi que les différentes options de traitement disponibles pour soulager cette douleur et améliorer le confort des personnes touchées.

Le coccyx constitue l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale. Bien que son nom suggère un os unique, il est en réalité formé de trois à cinq vertèbres coccygiennes, dont la fusion varie selon les individus. Il sert de point d’attache à plusieurs structures importantes, notamment les ligaments sacro-coccygiens antérieur et postérieur, les ligaments anococcygiens, ainsi que les muscles releveurs de l’anus.

Le coccyx s’articule avec le sacrum par l’intermédiaire de l’articulation sacro-coccygienne, composée d’un disque intervertébral fibrocartilagineux et, parfois, de petites articulations zygapophysaires bilatérales. Ces articulations, à la fois sacro-coccygiennes et intra-coccygiennes, permettent une mobilité limitée, principalement une légère flexion vers l’avant lorsqu’on s’assoit.

Étymologiquement, le mot « coccyx » vient du grec kokkyx, signifiant « bec de coucou », en référence à la forme de l’os vu de profil, qui évoque le bec de cet oiseau.

Un traumatisme vertical direct sur cette région — comme une chute sur les fesses — peut provoquer des lésions allant de la simple contusion à une fracture-dislocation du coccyx. Lorsqu’un choc, ou même une contrainte chronique, affecte les ligaments coccygiens, cela peut induire une instabilité dynamique du coccyx, en particulier en position assise.

Une mobilité anormale de cet os — trop importante (hypermobilité) ou insuffisante (hypomobilité) — est souvent associée à des douleurs coccygiennes. Dans certains cas, le coccyx peut se subluxer vers l’avant ou l’arrière, devenir instable, voire se disloquer partiellement, contribuant à l’apparition ou à la persistance des symptômes.

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Variations anatomiques : La morphologie du coccyx peut présenter des différences d’un individu à l’autre. Certaines personnes ont un coccyx naturellement incurvé vers l’avant, d’autres vers l’arrière. Ces variations, parfois accompagnées de saillies osseuses ou de spicules, peuvent être asymptomatiques ou, au contraire, favoriser une sensibilité accrue ou une douleur au contact prolongé avec une surface dure.

L’histoire de la coccygodynie remonte à plusieurs siècles et illustre l’évolution progressive de la compréhension médicale des douleurs du coccyx. Bien que cette affection soit aujourd’hui mieux identifiée et étudiée, ses premières descriptions apparaissent bien avant l’ère de l’imagerie moderne.

1588 — première description
Le médecin flamand Henri de Smet (1537–1614) décrit l’un des premiers cas documentés de douleur au coccyx après une chute. Dans ses écrits, il relate les symptômes de son épouse, qui éprouvait une douleur intense l’empêchant de s’asseoir ou d’accomplir certaines fonctions quotidiennes. Cette observation constitue l’une des premières descriptions cliniques connues de la douleur coccygienne.

Henri de Smet (1537-1614)

1859 — naissance du terme médical
Le chirurgien écossais James Young Simpson (1811–1870) introduit le terme coccyodynia, dérivé du grec kokkyx (coccyx) et odynê (douleur), afin de désigner spécifiquement la douleur localisée au coccyx.

1994 — avancée diagnostique majeure
Le médecin français Jean-Yves Maigne démontre l’intérêt des radiographies dynamiques en position assise et debout pour analyser la mobilité du coccyx, permettant de mieux identifier les hypermobilités, subluxations et autres anomalies mécaniques associées à la coccygodynie.


Dr. Jean-Yves Maigne

La coccygodynie correspond à une douleur localisée au niveau du coccyx, le plus souvent liée à un problème mécanique, inflammatoire ou post-traumatique. Dans de nombreux cas, elle apparaît après une chute sur les fesses, un choc direct ou un accouchement difficile, qui peuvent irriter les ligaments, déplacer légèrement le coccyx ou provoquer une inflammation persistante de la région. Chez certains patients, aucune cause évidente n’est identifiée au départ, mais des anomalies de mobilité du coccyx ou une sensibilité locale accrue peuvent expliquer la douleur.

D’autres facteurs peuvent également favoriser ou entretenir cette douleur. Une position assise prolongée, le surpoids, certaines variations anatomiques du coccyx ou encore des tensions du plancher pelvien peuvent modifier la répartition des pressions dans cette région et contribuer à la persistance des symptômes. Plus rarement, la douleur coccygienne peut être associée à une infection locale, à une atteinte articulaire inflammatoire ou à une tumeur. Dans ces situations, une évaluation médicale approfondie est nécessaire afin d’en déterminer précisément l’origine.

1. Traumatisme direct
Une chute sur les fesses ou un choc local peut provoquer une contusion, une subluxation ou, plus rarement, une fracture du coccyx.

2. Accouchement difficile
Lors d’un accouchement vaginal, le coccyx peut subir une contrainte mécanique importante, en particulier lors d’un travail prolongé ou d’une extraction instrumentale.

3. Troubles de mobilité du coccyx
Une hypermobilité, une hypomobilité ou une instabilité de l’articulation sacro-coccygienne peuvent entretenir la douleur, surtout en position assise.

4. Position assise prolongée
Rester assis longtemps, notamment sur des surfaces dures ou avec une posture inadéquate, augmente la pression exercée sur le coccyx.

5. Surpoids ou obésité
Un excès de poids peut accentuer les contraintes mécaniques exercées sur la région coccygienne.

6. Variations anatomiques du coccyx
Certaines formes de coccyx, comme une courbure accentuée vers l’avant ou la présence de petites excroissances osseuses, peuvent favoriser l’apparition de douleurs.

7. Tensions musculaires du plancher pelvien
Les spasmes ou tensions des muscles releveurs de l’anus peuvent irriter la région coccygienne et amplifier la douleur.

8. Causes plus rares
Dans certains cas, la coccygodynie peut être liée à des infections, à des maladies inflammatoires articulaires ou à des tumeurs, bien que ces situations restent peu fréquentes.

Dans la majorité des cas, la coccygodynie résulte d’une combinaison de facteurs mécaniques et fonctionnels, ce qui explique pourquoi une évaluation clinique complète est souvent nécessaire pour identifier la cause précise et orienter le traitement.

Tableau 1 — Causes fréquentes de la coccygodynie

CauseDescriptionExemple fréquent
Traumatisme directChoc ou chute sur les fesses pouvant irriter ou déplacer le coccyxChute sur la glace ou un escalier
Accouchement difficilePression importante sur le coccyx lors du travailAccouchement vaginal prolongé
Position assise prolongéePression répétée sur le coccyx, surtout sur des surfaces duresTravail de bureau ou conduite prolongée
Perte de masse musculaire du bassinDiminution de l’amortissement naturel autour du coccyx, augmentant la pression lors de la position assisePersonnes âgées ou sarcopénie
Mobilité anormale du coccyxHypermobilité ou subluxation de l’articulation sacro-coccygienneDouleur lors du passage assis → debout
SurpoidsAugmentation des contraintes mécaniques sur la région coccygienneIMC élevé
Tensions du plancher pelvienSpasmes des muscles releveurs de l’anus pouvant irriter la région coccygienneSyndrome du releveur de l’anus

La coccygodynie se manifeste principalement par une douleur localisée au niveau du coccyx, l’os situé à l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale. Cette douleur apparaît souvent après une chute sur les fesses, un accouchement difficile ou une période prolongée en position assise. Elle peut être aiguë, lancinante ou sourde, et varie généralement selon la posture et les mouvements du bassin.

La caractéristique la plus typique de la coccygodynie est une douleur qui s’intensifie en position assise, surtout sur des surfaces dures. Les personnes touchées ressentent souvent un soulagement partiel lorsqu’elles se lèvent, se penchent légèrement vers l’avant ou modifient leur position. La transition entre la position assise et la position debout peut également provoquer une augmentation temporaire de la douleur.

La région autour du coccyx est souvent sensible au toucher, et une pression directe sur cette zone peut déclencher ou amplifier la douleur. Chez certains patients, la gêne peut également apparaître lors de la défécation, des rapports sexuels ou après une période prolongée de marche ou de station debout.

Dans certains cas, la douleur peut irradier vers les fesses, le bas du sacrum ou le périnée, en raison de la proximité des muscles du plancher pelvien et des structures nerveuses locales. Cette irradiation reste toutefois moins fréquente que la douleur strictement localisée au coccyx.

  • douleur localisée au coccyx
  • douleur aggravée en position assise
  • douleur lors du passage de la position assise à la position debout
  • sensibilité ou douleur à la pression sur le coccyx
  • gêne lors de la défécation
  • inconfort après une position assise prolongée
  • irradiation de la douleur vers les fessiers ou le périnée
  • tension ou spasme des muscles du plancher pelvien
  • inconfort lors des rapports sexuels

Lorsque la douleur au coccyx persiste plusieurs semaines, s’intensifie progressivement ou survient après un traumatisme important, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic précis et d’écarter d’autres causes possibles de douleur pelvienne ou lombaire.

Tableau 2 — Symptômes typiques de la coccygodynie

SymptômeDescriptionMoment où il apparaît
Douleur au coccyxDouleur localisée à la base de la colonne vertébraleEn position assise
Douleur en se levantDouleur lors du passage assis → deboutAprès une position assise prolongée
Sensibilité au toucherDouleur lorsque l’on appuie sur le coccyxPalpation ou pression
Douleur lors de la défécationGêne liée aux muscles du plancher pelvienPendant ou après la défécation
Irradiation vers les fessesDouleur qui s’étend aux tissus voisinsPosition assise prolongée

La coccygodynie correspond à une douleur localisée au niveau du coccyx, généralement liée à une irritation mécanique, inflammatoire ou neurologique de cette région. Plusieurs mécanismes peuvent expliquer l’apparition et la persistance de cette douleur.

Une chute sur les fesses ou un choc vertical peut provoquer une contusion, une subluxation ou parfois une fracture du coccyx. Ces lésions peuvent déclencher une inflammation locale et perturber la stabilité de l’articulation sacro-coccygienne.

Le coccyx possède normalement une légère mobilité lors de la position assise. Une hypermobilité (instabilité) ou une hypomobilité (raideur) peut entraîner des contraintes anormales sur les ligaments et provoquer une douleur persistante.

Les ligaments, fascias et tissus mous autour du coccyx peuvent devenir inflammés à la suite d’un traumatisme, d’une pression répétée ou d’une irritation mécanique. Cette inflammation peut maintenir la douleur même après la disparition de la blessure initiale.

Les muscles du plancher pelvien, notamment les muscles releveurs de l’anus, s’attachent près du coccyx. Des spasmes ou des tensions musculaires dans cette région peuvent irriter les structures coccygiennes et amplifier la douleur.

Une position assise prolongée, surtout sur des surfaces dures ou mal adaptées, peut augmenter la pression exercée sur le coccyx. Cette contrainte répétée peut entretenir l’irritation des tissus et favoriser la chronicité des symptômes.

Certaines personnes présentent un coccyx naturellement plus incurvé ou orienté vers l’avant. Ces variations anatomiques peuvent modifier la répartition des forces lors de la position assise et rendre la région plus sensible aux douleurs.

La douleur au coccyx n’est pas toujours causée par une coccygodynie véritable. Plusieurs affections peuvent produire des symptômes similaires, notamment des douleurs dans la région pelvienne, lombaire ou anale. Pour cette raison, l’évaluation clinique vise d’abord à confirmer l’origine coccygienne de la douleur et à exclure d’autres pathologies pouvant nécessiter une prise en charge différente.

Lors de l’examen, le professionnel de santé analyse la localisation précise de la douleur, les circonstances de son apparition et les facteurs qui l’aggravent ou la soulagent. Une douleur typique de la coccygodynie est généralement centrée sur le coccyx et accentuée en position assise, particulièrement sur des surfaces dures. Une sensibilité à la pression directe sur le coccyx est également fréquente.

Cependant, certaines affections peuvent provoquer des douleurs ressemblant à celles de la coccygodynie.

Troubles de l’articulation sacro-iliaque
Une inflammation ou une dysfonction de l’articulation sacro-iliaque peut provoquer une douleur dans la région pelvienne ou dans les fesses, parfois confondue avec une douleur coccygienne.

Douleurs lombaires ou discales
Certaines pathologies lombaires, notamment les atteintes discales ou les irritations nerveuses, peuvent irradier vers le bas du dos et la région pelvienne.

Syndrome du nerf pudendal
Une irritation du nerf pudendal peut entraîner des douleurs dans la région périnéale, souvent aggravées en position assise.

Troubles du plancher pelvien
Des tensions ou des spasmes des muscles releveurs de l’anus peuvent produire une douleur profonde dans la région pelvienne ou coccygienne.

Pathologies anorectales
Les hémorroïdes, fissures anales ou autres affections de la région anale peuvent parfois être perçues comme une douleur au niveau du coccyx.

Maladies gynécologiques
Chez certaines femmes, des affections comme l’endométriose ou d’autres troubles pelviens peuvent provoquer des douleurs irradiant vers la région coccygienne.

Causes plus rares
Dans de rares situations, la douleur coccygienne peut être associée à des infections, à une inflammation osseuse (ostéomyélite) ou à des tumeurs comme le chordome.

Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique et l’histoire médicale du patient. Lorsque nécessaire, des examens complémentaires peuvent être utilisés pour préciser l’origine de la douleur, notamment :

  • radiographies du coccyx
  • radiographies dynamiques en position assise et debout
  • imagerie par résonance magnétique (IRM)
  • échographie ou autres examens ciblés

Identifier correctement la cause de la douleur est essentiel pour orienter le traitement et éviter de confondre la coccygodynie avec d’autres troubles pelviens ou lombaires.

La prise en charge de la coccygodynie vise principalement à réduire la pression exercée sur le coccyx, diminuer l’inflammation et restaurer une mobilité normale de la région pelvienne. Dans la majorité des cas, des mesures simples et conservatrices permettent d’améliorer progressivement les symptômes.

La douleur au coccyx est souvent aggravée par la position assise prolongée. Il est recommandé d’alterner régulièrement entre les positions assise, debout et en mouvement afin de limiter la pression exercée sur cette région. Une posture droite, avec les pieds posés au sol et le bassin bien soutenu, peut également contribuer à réduire les contraintes mécaniques sur le coccyx.

Les coussins orthopédiques conçus pour la coccygodynie peuvent aider à diminuer la pression sur la zone douloureuse. Les modèles en forme de U ou de beignet permettent de dégager le coccyx et de répartir le poids du corps sur les structures environnantes. Cette solution simple peut améliorer le confort lors des périodes d’assise prolongée.

L’application locale de glace peut aider à réduire l’inflammation et la douleur, notamment dans les premiers jours suivant un traumatisme ou lors d’une phase douloureuse aiguë. La glace doit être appliquée pendant environ 10 à 15 minutes, en protégeant la peau avec un linge.

La chaleur, sous forme de coussin chauffant ou de bain chaud, est généralement plus utile dans les douleurs chroniques ou persistantes. Elle favorise la détente des muscles du plancher pelvien et peut aider à diminuer les tensions autour du coccyx.

Le repos complet est rarement nécessaire. Des mouvements doux et une activité physique modérée contribuent à préserver la mobilité du bassin et à éviter les raideurs. Dans certains cas, des exercices adaptés peuvent être proposés pour améliorer la stabilité du bassin et le fonctionnement du plancher pelvien.

Lorsque la douleur persiste, une évaluation ostéopathique peut être utile pour identifier les restrictions de mobilité du coccyx, du sacrum ou du bassin. L’ostéopathe peut utiliser des techniques manuelles douces visant à relâcher les tensions musculaires, améliorer la mobilité des articulations sacro-coccygiennes et réduire les contraintes mécaniques sur cette région.

Dans la plupart des situations, une approche combinant adaptation des habitudes quotidiennes, techniques manuelles et suivi clinique permet d’améliorer progressivement la douleur et de retrouver un meilleur confort au quotidien.

Tableau 3 — Mesures simples pour soulager la douleur

MéthodeObjectifQuand l’utiliser
Coussin en U ou beignetRéduire la pression sur le coccyxPosition assise prolongée
Application de glaceRéduire l’inflammationDouleur aiguë ou traumatisme récent
Application de chaleurDétendre les musclesDouleur chronique
Activité physique douceMaintenir la mobilité du bassinPhase de récupération
OstéopathieRestaurer la mobilité du coccyx et du bassinDouleur persistante

L’ostéopathie peut jouer un rôle utile dans la prise en charge de la coccygodynie, particulièrement lorsque la douleur est liée à un déséquilibre mécanique du bassin, du sacrum ou du coccyx. Cette approche manuelle vise à restaurer la mobilité des structures impliquées et à réduire les tensions qui entretiennent la douleur dans la région coccygienne.

Lors de l’évaluation, l’ostéopathe examine la mobilité du coccyx, du sacrum et des articulations du bassin, mais aussi l’équilibre global de la colonne vertébrale. En effet, une restriction de mobilité au niveau du bassin, de la colonne lombaire ou des hanches peut modifier la répartition des pressions lors de la position assise et contribuer à l’irritation du coccyx.

L’ostéopathe peut utiliser différentes techniques manuelles douces pour améliorer la mobilité des tissus et diminuer les tensions dans la région pelvienne. Ces techniques peuvent inclure des approches myofasciales, des mobilisations du sacrum et du bassin, ainsi que des techniques visant à relâcher les muscles du plancher pelvien. Dans certains cas, des techniques spécifiques peuvent également être utilisées pour améliorer la mobilité de l’articulation sacro-coccygienne lorsque celle-ci présente une restriction ou une irritation.

Au-delà du traitement manuel, l’ostéopathe peut également proposer des conseils posturaux et ergonomiques afin de limiter les contraintes sur le coccyx dans les activités quotidiennes. Des recommandations concernant la position assise, l’utilisation de coussins adaptés ou la modification de certaines habitudes peuvent contribuer à réduire les pressions exercées sur cette région.

Dans la plupart des situations, l’ostéopathie s’intègre dans une approche globale et progressive, visant à diminuer la douleur, améliorer la mobilité et favoriser un retour graduel au confort lors des activités quotidiennes. Lorsque la douleur persiste ou qu’une cause plus complexe est suspectée, une évaluation médicale complémentaire peut être recommandée afin d’orienter la prise en charge.

Tableau 4 — Symptômes, causes et solutions de la coccygodynie

Situation ou symptômeCause possibleCe qui peut aider
Douleur au coccyx en position assisePression directe sur le coccyxCoussin orthopédique ou coussin en U
Douleur après une chuteContusion, fracture ou subluxation du coccyxRepos, glace, évaluation médicale
Douleur lors du passage assis → deboutIrritation de l’articulation sacro-coccygienneMobilisation douce, ostéopathie
Douleur pendant la défécationTension du plancher pelvienExercices pelviens, traitement manuel
Douleur après un accouchementÉtirement des ligaments et du coccyxCoussin de décharge, traitement conservateur
Douleur chronique en position assiseMicrotraumatismes répétés ou postureCorrection de posture, coussin coccygien

Dans les années 1930, le médecin américain George Thiele a contribué à mieux comprendre certaines douleurs coccygiennes. Il a proposé que des spasmes des muscles releveurs de l’anus puissent être responsables de douleurs dans la région du coccyx. Thiele a également décrit des techniques de massage des muscles pelviens, destinées à détendre ces tensions musculaires et à réduire la douleur. Ses travaux ont influencé le développement de certaines approches manuelles utilisées dans la prise en charge de la coccygodynie.

L’utilisation d’un coussin orthopédique peut aider à réduire la pression exercée sur le coccyx en position assise. Ces coussins, souvent en forme de U ou de beignet, permettent de dégager la région coccygienne et de répartir le poids du corps sur les structures environnantes.

En diminuant le contact direct entre le coccyx et la surface d’assise, ils peuvent contribuer à réduire la douleur et l’irritation des tissus autour de l’articulation sacro-coccygienne. Cette solution simple est particulièrement utile pour les personnes qui doivent rester assises pendant de longues périodes.

Bien que ces coussins puissent améliorer le confort, ils ne remplacent pas une évaluation clinique lorsque la douleur persiste ou s’aggrave.

Il est important de noter que bien que l’utilisation du coussin puisse apporter un soulagement symptomatique, elle ne constitue pas nécessairement un traitement curatif. Les personnes souffrant de coccygodynie peuvent également bénéficier de consultations médicales pour identifier la cause sous-jacente de la douleur et élaborer un plan de traitement complet.

En résumé, l’utilisation d’un coussin en mousse en position assise représente une approche pratique et non invasive pour soulager la douleur associée à la coccygodynie. Ce dispositif offre un soutien ciblé au coccyx, permettant au ligament sacro-coccygien de guérir tout en facilitant le confort lors des activités assises.

Le coussin en forme de beignet, aussi appelé coussin orthopédique en anneau, est souvent utilisé pour soulager la douleur au coccyx. Sa conception comprend une ouverture centrale qui permet de dégager la région coccygienne lorsque la personne est assise.

Grâce à cette ouverture, le coccyx n’est pas en contact direct avec la surface du siège. Le poids du corps est alors réparti sur les tissus environnants, ce qui réduit la pression et l’irritation autour du coccyx.

Ce type de coussin peut améliorer le confort lors des périodes prolongées en position assise. Il constitue toutefois une mesure de soulagement symptomatique et ne remplace pas une évaluation médicale lorsque la douleur persiste.

Maintenir une bonne posture est essentiel pour éviter une pression excessive sur le coccyx et peut contribuer à soulager les symptômes de la coccygodynie. Voici quelques conseils pour adopter une bonne posture et réduire la pression sur le coccyx Lorsque vous êtes assis, assurez-vous de vous asseoir avec le dos droit, les épaules détendues et les pieds à plat sur le sol. Utilisez un coussin en forme de beignet ou un coussin orthopédique si nécessaire pour réduire la pression sur le coccyx. Essayez de répartir votre poids de manière égale sur les deux fesses plutôt que de vous pencher d’un côté. Cela peut éviter une pression excessive sur le coccyx.

La coccygodynie correspond à une douleur localisée au niveau du coccyx, souvent aggravée par la position assise ou par certains mouvements du bassin. Bien qu’elle puisse être inconfortable et parfois persistante, cette affection est généralement liée à des facteurs mécaniques ou traumatiques, comme une chute, un accouchement difficile ou une pression prolongée sur la région coccygienne.

Dans la majorité des cas, des mesures simples permettent d’améliorer progressivement les symptômes. L’adaptation de la position assise, l’utilisation de coussins de décharge, l’application de glace ou de chaleur selon la situation, ainsi que le maintien d’une activité physique douce peuvent contribuer à réduire la douleur. Une prise en charge manuelle, notamment en ostéopathie, peut également aider à restaurer la mobilité du bassin et du coccyx, et à diminuer les tensions des structures environnantes.

Lorsque la douleur persiste malgré ces mesures ou s’accompagne d’autres symptômes inhabituels, une évaluation par un professionnel de santé est recommandée afin d’identifier la cause précise et d’orienter le traitement.

Mieux comprendre l’origine de la coccygodynie et adopter des stratégies adaptées permet souvent de retrouver progressivement un meilleur confort au quotidien et de prévenir la réapparition des douleurs.

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