Introduction — Quand la colonne vertébrale présente des variations anatomiques
Quand l’anatomie réserve des surprises : comprendre les vertèbres transitionnelles
La colonne vertébrale humaine suit généralement une organisation bien définie : sept vertèbres cervicales, douze thoraciques, cinq lombaires, puis le sacrum et le coccyx. Pourtant, chez certaines personnes, cette architecture peut présenter des variations naturelles. Parmi les plus fréquentes figurent les vertèbres transitionnelles, des vertèbres situées à la jonction entre deux régions de la colonne et qui possèdent des caractéristiques anatomiques intermédiaires.
Ces particularités se rencontrent le plus souvent entre la colonne lombaire et le sacrum, créant ce que l’on appelle une vertèbre transitionnelle lombo-sacrée. Bien qu’elles soient souvent découvertes de manière fortuite lors d’un examen d’imagerie, ces variations peuvent parfois influencer la mécanique de la colonne vertébrale et contribuer à certaines douleurs lombaires.
Comprendre ces anomalies anatomiques est essentiel pour mieux interpréter certaines lombalgies persistantes et adapter la prise en charge thérapeutique. L’étude des vertèbres transitionnelles rappelle également que l’anatomie humaine n’est pas toujours parfaitement standardisée, et que chaque colonne vertébrale possède sa propre singularité biomécanique.
Définition des vertèbres transitionnelles
Les vertèbres transitionnelles sont des anomalies anatomiques qui se produisent généralement dans la colonne vertébrale humaine. Elles résultent de variations dans le développement embryonnaire et peuvent affecter la morphologie normale de la colonne vertébrale. Ces vertèbres présentent des caractéristiques intermédiaires entre deux types vertébraux adjacents, d’où leur nom de « transitionnelles ». Les deux types de vertèbres les plus couramment concernés par ces transitions sont les vertèbres lombaires et sacrées.
Voici quelques points clés à considérer concernant les vertèbres transitionnelles :
- Localisation : Les vertèbres transitionnelles se trouvent généralement aux niveaux où les régions de la colonne vertébrale changent, par exemple entre la colonne lombaire et la colonne sacrée. Elles sont souvent désignées par des termes spécifiques en fonction de leur position, comme la vertèbre lombo-sacrée ou la vertèbre sacro-lombaire.
- Caractéristiques Morphologiques : Les vertèbres transitionnelles présentent des caractéristiques morphologiques intermédiaires entre les vertèbres normales des régions adjacentes. Cela peut inclure des éléments tels que la forme du corps vertébral, la présence d’apophyses articulaires supplémentaires ou des modifications dans les processus transverses.
- Variabilité Individuelle : La présence de vertèbres transitionnelles est sujette à une grande variabilité individuelle. Tous les individus ne présentent pas ces variations, et même lorsqu’elles sont présentes, leur forme et leur impact sur la colonne vertébrale peuvent différer d’une personne à l’autre.
- Conséquences Cliniques : Dans de nombreux cas, la présence de vertèbres transitionnelles n’entraîne pas de symptômes cliniques. Cependant, dans certains cas, cela peut contribuer à des problèmes orthopédiques ou neurologiques, en particulier si la variation anatomique perturbe la structure ou la fonction normale de la colonne vertébrale.
- Imagerie Médicale : Les vertèbres transitionnelles sont souvent identifiées à l’aide d’examens d’imagerie médicale tels que les radiographies, les scans CT (tomodensitométrie) ou les IRM (imagerie par résonance magnétique). Ces images permettent aux professionnels de la santé de visualiser les structures anatomiques de la colonne vertébrale et d’identifier toute variation.
Prévalence et classification de Castellvi
Les vertèbres transitionnelles lombo-sacrées, souvent désignées par l’acronyme LSTV (Lumbosacral Transitional Vertebrae), représentent l’une des variations anatomiques les plus fréquentes de la colonne vertébrale. Elles correspondent à une anomalie de segmentation entre la dernière vertèbre lombaire (L5) et le sacrum, entraînant soit une sacralisation de L5, soit une lombarisation de S1. Bien que cette variation soit généralement congénitale et souvent découverte de manière fortuite, elle peut avoir des implications biomécaniques importantes.
Les études radiologiques estiment que la prévalence des vertèbres transitionnelles lombo-sacrées varie entre 7 % et 30 % de la population générale, selon les méthodes d’imagerie utilisées et les critères diagnostiques retenus. Certaines études rapportent même des taux légèrement supérieurs dans des populations souffrant de lombalgie chronique. Toutefois, la majorité des individus porteurs d’une vertèbre transitionnelle ne présentent aucun symptôme clinique et ignorent souvent l’existence de cette variation anatomique.
Lorsque des symptômes apparaissent, ils sont parfois regroupés sous le terme de syndrome de Bertolotti, une entité clinique décrite pour la première fois en 1917 par le médecin italien Mario Bertolotti. Ce syndrome correspond à des douleurs lombaires associées à une vertèbre transitionnelle qui modifie la mécanique de la jonction lombo-sacrée.

Au début du XXᵉ siècle, le médecin italien Mario Bertolotti apporta une contribution importante à la compréhension de certaines lombalgies chroniques jusque-là mal expliquées. En 1917, il décrivit une association entre des douleurs lombaires persistantes et une anomalie anatomique particulière : la présence d’une vertèbre transitionnelle lombo-sacrée. Cette observation donna naissance à ce que l’on appelle aujourd’hui le syndrome de Bertolotti.
Bertolotti avait remarqué que, chez certains patients souffrant de douleurs lombaires inexpliquées, la dernière vertèbre lombaire présentait une connexion inhabituelle avec le sacrum ou l’ilium. Cette variation anatomique pouvait modifier la mécanique de la jonction lombo-sacrée et provoquer des contraintes anormales sur les structures voisines.
Ses travaux ont ouvert la voie à une meilleure compréhension des variations anatomiques de la colonne vertébrale et de leur rôle potentiel dans les douleurs lombaires. Aujourd’hui encore, ses observations demeurent une référence dans l’étude des vertèbres transitionnelles.
Pour mieux décrire ces variations anatomiques, la classification la plus utilisée en radiologie est celle proposée par Castellvi et ses collaborateurs en 1984. Cette classification permet de distinguer différents types de vertèbres transitionnelles en fonction de la morphologie des processus transverses de L5 et de leur relation avec le sacrum ou l’ilium.
La classification de Castellvi comprend quatre grands types :
Type I : Processus transverse élargi
Dans ce type, les processus transverses de la vertèbre L5 sont anormalement larges (généralement supérieurs à 19 mm). Ils ne s’articulent pas avec le sacrum, mais leur hypertrophie peut modifier la répartition des forces dans la région lombo-sacrée.
Type II : Pseudo-articulation avec le sacrum
Les processus transverses élargis de L5 forment une articulation anormale avec le sacrum. Cette pseudo-articulation peut être unilatérale ou bilatérale et devenir une source potentielle de douleur mécanique.
Type III : Fusion complète avec le sacrum
Dans ce cas, il existe une fusion osseuse véritable entre le processus transverse de L5 et le sacrum. Cette fusion peut également être unilatérale ou bilatérale et réduit la mobilité de la jonction lombo-sacrée.
Type IV : Forme mixte
Il s’agit d’une combinaison asymétrique, avec une pseudo-articulation d’un côté et une fusion complète de l’autre.
La classification de Castellvi est aujourd’hui largement utilisée en radiologie et en chirurgie rachidienne, car elle permet de standardiser la description des vertèbres transitionnelles et d’évaluer leur possible implication dans les douleurs lombaires. Elle constitue également un outil précieux pour orienter les stratégies thérapeutiques et mieux comprendre l’impact biomécanique de ces variations vertébrales.

Tableau — Classification de Castellvi des vertèbres transitionnelles lombo-sacrées
| Type | Description anatomique | Particularités biomécaniques | Symptômes possibles |
|---|---|---|---|
| Type I | Processus transverse de L5 élargi (≥ 19 mm), sans contact avec le sacrum | Variation anatomique mineure, généralement sans impact mécanique majeur | Le plus souvent asymptomatique |
| Type II | Processus transverse élargi formant une pseudo-articulation avec le sacrum ou l’ilium | Peut créer une articulation anormale générant des contraintes mécaniques | Douleurs lombaires mécaniques possibles (syndrome de Bertolotti) |
| Type III | Fusion osseuse complète entre le processus transverse de L5 et le sacrum | Réduction de la mobilité lombo-sacrée, compensation fréquente au niveau L4-L5 | Lombalgie chronique, surcharge des segments adjacents |
| Type IV | Forme mixte : pseudo-articulation d’un côté et fusion osseuse de l’autre | Asymétrie biomécanique importante pouvant entraîner des compensations posturales | Douleur unilatérale lombaire, parfois irradiation |
Sous-types utilisés en radiologie
| Sous-type | Description |
|---|---|
| Ia | Processus transverse élargi d’un seul côté |
| Ib | Processus transverses élargis des deux côtés |
| IIa | Pseudo-articulation unilatérale |
| IIb | Pseudo-articulation bilatérale |
| IIIa | Fusion osseuse unilatérale |
| IIIb | Fusion osseuse bilatérale |
À retenir
- La classification de Castellvi, décrite en 1984, est la référence utilisée en radiologie et en chirurgie rachidienne pour décrire les vertèbres transitionnelles lombo-sacrées.
- Les types II et IV sont les plus fréquemment associés au syndrome de Bertolotti, une cause possible de lombalgie chronique.
- Les types III réduisent la mobilité de la jonction lombo-sacrée et peuvent entraîner une surcharge des segments adjacents, notamment au niveau L4-L5.
Types de vertèbres transitionnelles
Les vertèbres transitionnelles correspondent à des variations anatomiques congénitales situées à la jonction entre deux régions de la colonne vertébrale. Elles se caractérisent par une morphologie intermédiaire entre deux types vertébraux, ce qui peut modifier la mécanique locale du rachis. En pratique clinique, les formes les plus importantes sont observées à la jonction lombo-sacrée, où la transition entre la colonne lombaire mobile et le sacrum stable joue un rôle majeur dans la transmission des charges et l’équilibre postural.
Sacralisation de L5
La sacralisation de L5 se produit lorsque la cinquième vertèbre lombaire présente une fusion partielle ou complète avec le sacrum. Cette fusion peut être unilatérale ou bilatérale et s’accompagne souvent d’un élargissement des processus transverses de L5. Lorsque la mobilité de la jonction lombo-sacrée est réduite, les contraintes mécaniques peuvent être redistribuées vers les niveaux sus-jacents, notamment L4-L5, favorisant parfois l’apparition de douleurs lombaires ou de phénomènes dégénératifs.
Lombarisation de S1
La lombarisation de S1 correspond à la situation inverse. La première vertèbre sacrée adopte une morphologie plus proche d’une vertèbre lombaire et se sépare partiellement du sacrum. Cette variation donne l’impression qu’il existe six vertèbres lombaires au lieu de cinq. La modification de la charnière lombo-sacrée peut influencer la répartition des forces lors des mouvements de flexion, d’extension ou de rotation du tronc.
Pseudo-articulation lombo-sacrée
Dans certaines formes, le processus transverse élargi de L5 ne fusionne pas totalement avec le sacrum, mais établit une pseudo-articulation avec celui-ci ou avec l’ilium. Cette articulation anormale peut devenir une source de contraintes mécaniques locales et être associée au syndrome de Bertolotti, une cause possible de lombalgie chronique.


Impact biomécanique global des vertèbres transitionnelles
Les vertèbres transitionnelles, en particulier celles situées à la jonction lombo-sacrée, peuvent modifier de manière significative la mécanique de la colonne vertébrale. Bien que ces variations anatomiques soient souvent asymptomatiques, elles peuvent influencer la façon dont les forces sont réparties le long du rachis. La jonction entre la colonne lombaire mobile et le sacrum, structure plus stable et destinée à transmettre les charges vers le bassin, constitue une zone clé dans l’équilibre biomécanique du corps. Lorsque cette transition anatomique est modifiée, l’organisation mécanique de la colonne peut s’en trouver altérée.
Modification de la transmission des charges
Dans une colonne vertébrale typique, les forces générées par le poids du corps et les mouvements sont progressivement réparties entre les vertèbres, les disques intervertébraux et les articulations facettaires. Lorsqu’une vertèbre transitionnelle est présente, notamment en cas de sacralisation de L5 ou de lombarisation de S1, cette distribution peut être modifiée. La jonction lombo-sacrée peut devenir soit plus rigide, soit présenter une articulation atypique.
Dans certaines situations, une fusion partielle entre L5 et le sacrum réduit la mobilité normale de ce segment. Cette diminution de mouvement peut entraîner une augmentation des contraintes mécaniques sur les niveaux adjacents, particulièrement au niveau L4–L5, qui devient alors un point de compensation important.
Hypermobilité des segments adjacents
Lorsque la mobilité de la jonction lombo-sacrée est limitée, les segments situés au-dessus peuvent être amenés à compenser cette restriction. Cette adaptation mécanique peut conduire à une hypermobilité relative des niveaux vertébraux supérieurs, en particulier du segment L4–L5. Avec le temps, cette surcharge mécanique peut favoriser une usure plus rapide des structures articulaires, notamment des disques intervertébraux et des facettes articulaires.
Cette dynamique explique pourquoi certaines études ont observé une association entre la présence de vertèbres transitionnelles et des phénomènes dégénératifs plus marqués au niveau des segments adjacents. Toutefois, cette relation n’est pas systématique et dépend de nombreux facteurs individuels, tels que la posture, l’activité physique et les caractéristiques anatomiques propres à chaque personne.
Influence sur le bassin et l’équilibre postural
La jonction lombo-sacrée joue également un rôle essentiel dans la relation entre la colonne vertébrale et le bassin. Une vertèbre transitionnelle peut modifier l’orientation ou la mobilité de cette charnière anatomique, influençant ainsi l’équilibre global du corps.
Dans certaines situations, notamment lorsque la variation est asymétrique, une légère bascule pelvienne peut apparaître. Cette asymétrie peut entraîner des adaptations dans la posture globale, affectant la manière dont les muscles du tronc et du bassin travaillent pour maintenir la stabilité.
Adaptations musculaires et fasciales
Les modifications biomécaniques liées aux vertèbres transitionnelles peuvent également influencer le fonctionnement des chaînes musculaires et fasciales. Les muscles stabilisateurs du tronc, comme les muscles paravertébraux, les muscles abdominaux profonds, le carré des lombes et le psoas, peuvent être sollicités différemment afin de compenser les variations de mobilité du rachis.
Ces adaptations musculaires ne sont pas nécessairement pathologiques. Elles représentent souvent une stratégie naturelle du corps pour maintenir l’équilibre et la stabilité. Toutefois, lorsque ces compensations deviennent excessives ou prolongées, elles peuvent contribuer à l’apparition de tensions musculaires ou de douleurs lombaires chez certains individus.
Altération de la cinématique lombo-sacrée
Une vertèbre transitionnelle peut modifier la cinématique normale de la charnière L5–S1, qui est normalement l’un des segments les plus mobiles du rachis lombaire.
Lorsque cette articulation devient partiellement fusionnée ou anormalement articulée, les mouvements de flexion, d’extension et de rotation peuvent être redistribués vers les segments adjacents. Cette modification du schéma de mouvement peut influencer la dynamique globale du bas du dos lors des activités quotidiennes.
Modification des contraintes discales
Les études d’imagerie montrent que les vertèbres transitionnelles peuvent modifier les contraintes appliquées aux disques intervertébraux voisins.
Lorsque la jonction lombo-sacrée devient plus rigide, le disque situé au niveau L4-L5 peut être soumis à des charges mécaniques plus importantes. Certaines recherches ont observé une prévalence plus élevée de dégénérescence discale à ce niveau chez les personnes présentant une vertèbre transitionnelle.
Influence sur les articulations sacro-iliaques
La jonction lombo-sacrée fonctionne en étroite relation avec les articulations sacro-iliaques. Une modification de la structure ou de la mobilité de L5-S1 peut donc influencer la transmission des forces vers le bassin.
Dans certains cas, la présence d’une vertèbre transitionnelle peut entraîner une répartition asymétrique des charges vers les articulations sacro-iliaques, ce qui peut contribuer à des douleurs dans la région du bassin ou de la fesse.
Adaptation des ligaments lombaires
Les vertèbres transitionnelles peuvent également modifier la tension de certains ligaments importants, notamment :
- le ligament ilio-lombaire
- les ligaments sacro-lombaires
- les ligaments intertransversaires.
Ces structures jouent un rôle clé dans la stabilité de la jonction lombo-sacrée. Une variation anatomique peut donc influencer leur orientation ou leur tension mécanique.
Modification de la répartition des forces lors de la marche
La colonne vertébrale participe activement à la transmission des forces lors de la marche et de la locomotion. Une vertèbre transitionnelle peut modifier la manière dont les forces sont transférées entre :
- la colonne lombaire
- le sacrum
- le bassin
- les membres inférieurs.
Ces adaptations peuvent rester totalement asymptomatiques, mais elles illustrent la capacité du corps à réorganiser sa mécanique pour maintenir l’équilibre et la mobilité.
Vertèbres transitionnelles et pathologies lombaires
Les vertèbres transitionnelles, telles que la vertèbre thoracolombaire (T12) et la vertèbre lombaire basse (L1), peuvent être associées à des problèmes lombaires, notamment la hernie discale et la sténose spinale. Voici une analyse de cette association :
- Mobilité accrue : Les vertèbres transitionnelles, en raison de leur position à la jonction entre la colonne thoracique et lombaire, peuvent présenter une mobilité accrue. Cette mobilité peut entraîner une charge plus importante sur les structures lombaires, augmentant ainsi le risque de traumatismes, de dégénérescence discale et de hernie discale.
- Contrainte biomécanique : Les vertèbres transitionnelles peuvent créer des contraintes biomécaniques anormales sur les disques intervertébraux adjacents. Une pression accrue sur ces disques peut favoriser la dégénérescence, conduisant éventuellement à la hernie discale où le noyau gélatineux du disque peut être comprimé ou hernié.
- Sténose spinale : Les modifications anatomiques associées aux vertèbres transitionnelles peuvent contribuer à la sténose spinale. Une lombarisation de S1 ou une sacralisation de L5 peuvent modifier la structure du canal rachidien, augmentant le risque de rétrécissement de l’espace autour de la moelle épinière et des racines nerveuses, ce qui peut conduire à la sténose spinale.
- Instabilité : La présence de vertèbres transitionnelles peut contribuer à l’instabilité de la colonne vertébrale, augmentant ainsi le stress sur les structures environnantes. L’instabilité peut être un facteur prédisposant à la hernie discale et à d’autres problèmes lombaires.
- Anomalies congénitales : Les vertèbres transitionnelles sont parfois associées à des anomalies congénitales, telles que des variations dans la forme des vertèbres ou des articulations anormales. Ces anomalies peuvent augmenter la susceptibilité aux pathologies lombaires.
- Facteurs génétiques : Certaines personnes peuvent avoir une prédisposition génétique à développer des variations anatomiques, y compris des vertèbres transitionnelles. Les facteurs génétiques peuvent également influencer la susceptibilité aux pathologies lombaires.
Symptômes associés aux vertèbres transitionnelles
Dans la majorité des cas, les vertèbres transitionnelles sont asymptomatiques et découvertes de manière fortuite lors d’un examen d’imagerie réalisé pour une autre raison, comme une lombalgie ou un traumatisme. Cependant, chez certains patients, ces variations anatomiques peuvent modifier la biomécanique de la colonne vertébrale et contribuer à l’apparition de douleurs ou de troubles fonctionnels. L’intensité des symptômes varie largement d’une personne à l’autre et dépend de nombreux facteurs, notamment du type de vertèbre transitionnelle, de sa localisation et des adaptations mécaniques du corps.
Douleur lombaire chronique
Le symptôme le plus fréquemment rapporté est la lombalgie chronique, particulièrement lorsque la vertèbre transitionnelle se situe à la jonction lombo-sacrée. Dans ces situations, la modification de la structure articulaire entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum peut entraîner une redistribution des contraintes mécaniques. Les segments vertébraux adjacents, notamment L4-L5, peuvent alors être davantage sollicités, favorisant une surcharge discale ou facettaire.
La douleur est souvent décrite comme sourde, profonde et persistante, localisée dans le bas du dos. Elle peut être exacerbée par certaines positions prolongées, comme la station debout ou assise, ainsi que par les mouvements répétitifs de flexion ou de rotation du tronc.
Douleur localisée au niveau de la pseudo-articulation
Dans certaines formes de vertèbres transitionnelles, notamment lorsqu’une pseudo-articulation se forme entre le processus transverse de L5 et le sacrum ou l’ilium, une douleur mécanique peut apparaître au niveau de cette articulation anormale. Cette douleur peut être unilatérale et se manifester lors de certains mouvements ou activités physiques.
Ce tableau clinique est parfois associé au syndrome de Bertolotti, dans lequel la pseudo-articulation devient une source d’irritation locale et de douleur chronique.
Irradiations vers la fesse ou le membre inférieur
Chez certains patients, les modifications anatomiques de la jonction lombo-sacrée peuvent influencer la position ou la tension des racines nerveuses lombaires. Cela peut provoquer des irradiations douloureuses vers la fesse, la face postérieure de la cuisse ou, plus rarement, vers la jambe.
Ces douleurs irradiées ne correspondent pas toujours à une véritable compression nerveuse, mais plutôt à une irritation mécanique liée aux adaptations biomécaniques de la région lombaire.
Raideur et fatigue posturale
Enfin, certaines personnes présentant une vertèbre transitionnelle peuvent ressentir une raideur lombaire ou une fatigue posturale accrue, en particulier après des efforts prolongés. Cette sensation est souvent liée aux compensations musculaires et fasciales que le corps met en place pour maintenir l’équilibre et la stabilité de la colonne vertébrale malgré la variation anatomique.
Origine embryologique des vertèbres transitionnelles
La formation des vertèbres transitionnelles s’explique par les mécanismes complexes qui gouvernent le développement embryologique de la colonne vertébrale. Dès les premières semaines de la vie intra-utérine, le futur rachis se construit à partir d’une organisation segmentaire très précise. Une légère variation dans cette organisation peut conduire à l’apparition de vertèbres présentant des caractéristiques intermédiaires entre deux régions de la colonne.
Segmentation des somites et formation des vertèbres
Vers la troisième semaine de développement embryonnaire, les somites commencent à se former à partir du mésoderme paraxial. Chaque somite se différencie ensuite en plusieurs structures, dont le sclérotome, qui donnera naissance aux vertèbres et aux disques intervertébraux.
Lors de ce processus, les cellules du sclérotome migrent autour de la notochorde et du tube neural pour former les futures structures vertébrales. Les vertèbres se développent par un phénomène appelé resegmentation, au cours duquel la partie inférieure d’un somite fusionne avec la partie supérieure du somite adjacent. Ce mécanisme permet la formation d’une colonne vertébrale segmentée mais fonctionnellement continue.
Si cette resegmentation se déroule de manière légèrement différente de la norme, certaines vertèbres peuvent adopter des caractéristiques intermédiaires entre deux régions anatomiques. C’est dans ce contexte que peuvent apparaître les vertèbres transitionnelles.
Rôle des gènes HOX dans l’identité vertébrale
La différenciation des vertèbres selon leur région anatomique est largement contrôlée par une famille de gènes appelés gènes HOX. Ces gènes déterminent l’identité segmentaire de chaque vertèbre le long de l’axe crânio-caudal du corps.
Lorsque l’expression de certains gènes HOX varie légèrement, une vertèbre peut adopter des caractéristiques morphologiques appartenant à une région voisine. Par exemple, une vertèbre lombaire peut présenter des traits rappelant ceux du sacrum. Ce phénomène peut conduire à une sacralisation de L5 ou à une lombarisation de S1, deux formes classiques de vertèbres transitionnelles lombo-sacrées.
Une variation anatomique relativement fréquente
Les vertèbres transitionnelles illustrent la grande variabilité du développement embryologique humain. Elles ne résultent pas d’un traumatisme ni d’un processus dégénératif, mais d’une légère modification dans l’organisation initiale du squelette axial. Dans la majorité des cas, ces variations restent asymptomatiques et sont simplement observées lors d’examens d’imagerie.
Comprendre leur origine embryologique permet de mieux appréhender leur nature : il s’agit avant tout de variations du développement vertébral, reflétant la complexité et la diversité des mécanismes qui façonnent la colonne vertébrale humaine.
Formation précoce du squelette axial
Vers la troisième semaine de développement embryonnaire, le corps humain commence à se structurer autour d’un axe central constitué de la notochorde et du tube neural. De part et d’autre de cet axe apparaissent des structures segmentées appelées somites, issues du mésoderme paraxial. Ces somites constituent les unités fondamentales à partir desquelles se développeront les vertèbres, les muscles du tronc et certaines parties de la peau.
Chaque somite se différencie progressivement en plusieurs composants, dont le sclérotome, qui donnera naissance aux éléments osseux de la colonne vertébrale. Les cellules du sclérotome migrent vers la ligne médiane et entourent la notochorde ainsi que le tube neural pour former les futurs corps vertébraux, les arcs vertébraux et les structures associées.
Resegmentation vertébrale
La formation des vertèbres repose sur un processus particulier appelé resegmentation. Dans ce mécanisme, la moitié inférieure d’un somite fusionne avec la moitié supérieure du somite suivant. Cette organisation permet d’obtenir des vertèbres distinctes tout en assurant la continuité mécanique du rachis.
Lorsque ce processus de segmentation et de resegmentation présente de légères variations, certaines vertèbres peuvent adopter une morphologie atypique. Une vertèbre peut alors présenter des caractéristiques appartenant à deux régions anatomiques différentes, ce qui correspond à une vertèbre transitionnelle.
Transition entre les régions vertébrales
Les zones où les vertèbres transitionnelles apparaissent le plus fréquemment correspondent aux régions où la colonne change de fonction biomécanique. La transition entre la colonne lombaire mobile et le sacrum stable constitue l’un des points les plus sensibles de cette organisation. Dans ces situations, la dernière vertèbre lombaire peut se fusionner partiellement avec le sacrum (sacralisation de L5) ou, au contraire, la première vertèbre sacrée peut adopter une morphologie lombaire (lombarisation de S1).
Ces variations résultent d’un ajustement dans les mécanismes qui déterminent l’identité régionale des vertèbres le long de l’axe du corps.
Un phénomène de variation développementale
Les vertèbres transitionnelles ne doivent pas être considérées comme une anomalie pathologique au sens strict, mais plutôt comme une variation du développement embryonnaire. Elles témoignent de la complexité du processus qui construit la colonne vertébrale et de la diversité anatomique qui peut exister d’un individu à l’autre.
Dans la majorité des cas, ces variations restent asymptomatiques et ne sont découvertes que lors d’examens d’imagerie. Cependant, lorsqu’elles modifient l’équilibre biomécanique de la jonction lombo-sacrée, elles peuvent parfois participer à l’apparition de douleurs lombaires ou de troubles fonctionnels
Approches ostéopathiques des vertèbres transitionnelles
Les vertèbres transitionnelles représentent une variation anatomique congénitale qui peut modifier la mécanique normale de la colonne vertébrale, en particulier au niveau de la jonction lombo-sacrée. Bien que de nombreuses personnes présentant cette particularité ne ressentent aucun symptôme, certaines peuvent développer des douleurs lombaires ou des déséquilibres posturaux liés aux adaptations biomécaniques du corps. Dans ce contexte, l’ostéopathie propose une approche globale visant à optimiser la fonction et l’équilibre du système musculo-squelettique, plutôt qu’à corriger la variation anatomique elle-même.
Évaluation fonctionnelle globale
La prise en charge ostéopathique débute toujours par une évaluation approfondie du patient. L’ostéopathe s’intéresse non seulement à la zone lombaire, mais également à l’ensemble de la dynamique corporelle. L’objectif est d’identifier les compensations mises en place par le corps pour s’adapter à la présence d’une vertèbre transitionnelle.
Cette évaluation inclut généralement l’observation de la posture, l’analyse des mouvements du bassin et de la colonne vertébrale, ainsi que la palpation des structures musculaires, ligamentaires et articulaires. Une attention particulière est portée à la jonction lombo-sacrée, mais également aux segments adjacents, notamment L4-L5, qui peuvent subir une surcharge mécanique lorsque la mobilité lombo-sacrée est modifiée.
Restauration de la mobilité des segments adjacents
L’un des objectifs principaux du traitement ostéopathique consiste à améliorer la mobilité des structures environnantes afin de limiter les contraintes excessives sur certaines zones du rachis. Lorsque la mobilité de la jonction lombo-sacrée est réduite, les segments supérieurs peuvent devenir hypermobiles et plus vulnérables aux phénomènes dégénératifs.
L’ostéopathe peut alors utiliser des techniques de mobilisation articulaire douce, des techniques myotensives ou des approches fonctionnelles pour restaurer un mouvement plus équilibré entre les différents segments vertébraux. Ces interventions visent à répartir plus harmonieusement les forces mécaniques dans l’ensemble de la colonne vertébrale.
Travail sur les chaînes musculaires et fasciales
Les vertèbres transitionnelles peuvent également influencer les chaînes musculaires et fasciales qui participent à la stabilité du tronc. Des tensions excessives peuvent apparaître dans certains groupes musculaires, notamment les muscles paravertébraux, le psoas, le carré des lombes ou les muscles fessiers.
Le traitement ostéopathique peut inclure des techniques de relâchement myofascial destinées à réduire ces tensions et à améliorer la souplesse des tissus. En rétablissant une meilleure mobilité tissulaire, il devient possible de diminuer les contraintes exercées sur la région lombaire et de favoriser un fonctionnement plus harmonieux du système musculo-squelettique.
Intégration de la posture et de la respiration
L’ostéopathie considère le corps comme un système interconnecté où la posture, la respiration et le mouvement sont étroitement liés. Une vertèbre transitionnelle peut modifier l’équilibre du bassin et influencer la posture globale. L’ostéopathe peut donc travailler sur des structures telles que le diaphragme, le bassin ou la charnière thoraco-lombaire, afin d’améliorer la coordination entre respiration et stabilité du tronc.
Approche personnalisée et accompagnement
Enfin, la prise en charge ostéopathique s’inscrit dans une démarche individualisée. Chaque patient présente une anatomie, une activité physique et des habitudes posturales différentes. L’ostéopathe peut ainsi proposer des conseils adaptés concernant les mouvements quotidiens, l’activité physique ou les stratégies de prévention visant à limiter les contraintes mécaniques sur la colonne vertébrale.
L’objectif global n’est pas de modifier l’anatomie, mais d’aider le corps à s’adapter de manière plus efficace à cette variation structurelle, afin de maintenir un bon niveau de mobilité, de stabilité et de confort dans les activités quotidiennes.
Vertèbres Transitionnelles et Activité Physique
La présence de vertèbres transitionnelles ne signifie pas nécessairement qu’une personne doit limiter ou éviter l’activité physique. Dans la majorité des cas, ces variations anatomiques sont asymptomatiques et n’empêchent pas la pratique d’un sport ou d’un mode de vie actif. Au contraire, une activité physique régulière contribue souvent à améliorer la stabilité du rachis, à renforcer les muscles de soutien et à maintenir une bonne mobilité articulaire.
Cependant, lorsque les vertèbres transitionnelles modifient la biomécanique de la jonction lombo-sacrée, certaines adaptations peuvent être utiles pour réduire les contraintes mécaniques et prévenir l’apparition de douleurs lombaires.
Renforcement du tronc et stabilité lombaire
Le renforcement des muscles du tronc joue un rôle central dans la protection de la colonne vertébrale. Les muscles abdominaux profonds, les muscles lombaires, les muscles fessiers et les stabilisateurs du bassin contribuent à maintenir une répartition équilibrée des charges au niveau du rachis.
Des exercices comme les planches, le gainage dynamique, les exercices de stabilité pelvienne ou le travail des muscles fessiers peuvent aider à améliorer la stabilité de la jonction lombo-sacrée et à limiter les compensations mécaniques.
Choix des activités physiques
La plupart des activités physiques peuvent être pratiquées en présence de vertèbres transitionnelles, à condition de respecter une progression adaptée et de rester attentif aux signaux du corps. Les activités à faible impact, comme la marche, la natation, le vélo ou le Pilates, sont souvent particulièrement bien tolérées car elles sollicitent les muscles tout en limitant les contraintes excessives sur la colonne vertébrale.
Les sports impliquant des mouvements répétitifs de flexion, d’extension ou de rotation du tronc — comme l’haltérophilie, certains sports de contact ou certaines disciplines de gymnastique — peuvent parfois augmenter les contraintes sur la région lombaire. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être évités, mais qu’ils nécessitent une technique appropriée et un encadrement adéquat.
Importance de l’écoute corporelle
Chaque personne présentant une vertèbre transitionnelle possède une biomécanique unique. Certaines resteront totalement asymptomatiques toute leur vie, tandis que d’autres pourront développer des douleurs liées à des contraintes mécaniques répétées. L’écoute des sensations corporelles, l’adaptation progressive des charges d’entraînement et le maintien d’une bonne mobilité globale du corps constituent des éléments essentiels pour préserver la santé du rachis.
Lorsqu’une douleur lombaire apparaît ou persiste, une évaluation par un professionnel de santé peut aider à identifier les facteurs mécaniques en cause et à adapter l’activité physique de manière sécuritaire.
Conclusion
Les vertèbres transitionnelles représentent une variation anatomique fascinante, à la croisée entre la complexité du développement embryonnaire et les exigences biomécaniques de la colonne vertébrale humaine. Bien que souvent asymptomatiques, ces particularités structurelles peuvent, dans certains cas, jouer un rôle significatif dans l’apparition ou l’aggravation de troubles musculo-squelettiques, en particulier dans la région lombosacrée.
La reconnaissance des vertèbres transitionnelles ne doit pas se limiter à un simple constat radiologique. Elle nécessite une interprétation clinique rigoureuse, prenant en compte la mobilité segmentaire, les contraintes mécaniques induites, et le contexte symptomatique du patient. Une lombarisation de S1 ou une sacralisation de L5, par exemple, peut altérer les forces de transmission entre les segments vertébraux, augmenter les tensions sur les disques intervertébraux adjacents, ou encore créer des points de fragilité favorisant les instabilités et les douleurs chroniques.
D’un point de vue évolutif, ces variations pourraient aussi refléter les adaptations du squelette humain à la bipédie, soulignant le caractère dynamique de notre architecture vertébrale. Toutefois, l’intérêt principal de leur étude reste clinique : savoir les reconnaître, en comprendre les implications et ajuster la prise en charge en conséquence.
Dans le champ de l’ostéopathie, l’approche globale prend tout son sens. Le traitement ne vise pas uniquement la région concernée, mais s’attache à rétablir une harmonie fonctionnelle entre les différentes structures du corps. Chez les patients présentant une vertèbre transitionnelle, cela peut impliquer un travail spécifique sur la mobilité vertébrale, la posture globale, les chaînes myofasciales ou les adaptations périphériques.
L’activité physique, lorsqu’elle est bien encadrée, peut également jouer un rôle protecteur et thérapeutique. Le renforcement du tronc, l’amélioration de la proprioception, et la recherche d’une mobilité équilibrée permettent de limiter les effets indésirables de ces variations anatomiques, tout en maintenant un bon niveau de fonction.
En somme, les vertèbres transitionnelles sont à la fois banales et uniques : banales car fréquentes, uniques car leur impact dépend de chaque individu. Elles nous rappellent que l’anatomie humaine n’est pas figée, et que chaque colonne vertébrale a sa propre histoire à raconter.
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