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Adapter la réadaptation à la fatigue et aux changements neurologiques

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire et démyélinisante du système nerveux central. Elle peut provoquer faiblesse, troubles sensitifs, fatigue, spasticité, problèmes d’équilibre et douleurs. Les symptômes varient énormément d’une personne à l’autre et peuvent fluctuer dans le temps.

Schéma de repères : sep : doser l’activité
SEP : doser l’activité : repères de compréhension et d’orientation. Ce schéma ne permet pas d’établir un diagnostic.

L’ostéopathie ne traite pas la sclérose en plaques elle-même et ne modifie pas démontrément le processus inflammatoire ou démyélinisant. Elle peut cependant être envisagée comme complément chez certains patients présentant douleurs musculosquelettiques, raideur secondaire ou difficulté à bouger, à condition que le traitement soit adapté à la fatigue et au déficit neurologique.

Pourquoi la SEP demande-t-elle un raisonnement particulier?

Parce que tous les symptômes musculosquelettiques ne sont pas simplement mécaniques.

Une difficulté à marcher peut venir de :

  • faiblesse neurologique;
  • spasticité;
  • fatigue;
  • ataxie;
  • douleur;
  • perte de condition physique;
  • combinaison de plusieurs facteurs.

Qu’est-ce que la spasticité?

La spasticité est une augmentation anormale du tonus dépendante de la vitesse, liée à une atteinte du système nerveux central.

Elle ne doit pas être confondue avec un muscle simplement “tendu” ou un fascia à libérer.

Le massage ou l’ostéopathie peuvent-ils supprimer la spasticité?

Ils peuvent parfois améliorer le confort ou la perception de raideur temporairement, mais ils ne corrigent pas la lésion neurologique responsable.

La spasticité significative nécessite une prise en charge spécialisée, parfois médicamenteuse et rééducative.

Pourquoi la fatigue est-elle si importante?

La fatigue est l’un des symptômes les plus fréquents et invalidants de la SEP. Elle peut être disproportionnée à l’effort et varier selon le sommeil, la chaleur, les médicaments et l’activité.

Une séance trop longue ou trop intense peut être contre-productive.

Que montrent les données récentes sur l’exercice et la fatigue?

Les synthèses récentes montrent que l’exercice structuré peut réduire la fatigue de façon cliniquement pertinente chez de nombreuses personnes avec SEP.

Une revue 2025 des essais respectant les recommandations d’activité physique a trouvé des améliorations significatives de la sévérité et de l’impact de la fatigue, malgré une qualité de preuve variable.

Pourquoi l’exercice reste-t-il prioritaire?

Parce qu’il peut agir sur :

  • force;
  • endurance;
  • équilibre;
  • marche;
  • condition cardiovasculaire;
  • fatigue;
  • participation.

Qu’en est-il de l’entraînement fonctionnel?

Une revue systématique publiée en 2025 a trouvé que différents programmes fonctionnels pouvaient améliorer, selon les études, mobilité, marche, équilibre, force, endurance et qualité de vie.

Les résultats restent hétérogènes, mais l’approche active possède une base plus solide que l’utilisation du traitement manuel seul.

Existe-t-il des études sur la thérapie manuelle dans la SEP?

Oui.

Une méta-analyse portant sur plusieurs essais a suggéré des améliorations possibles de certains symptômes avec différentes formes de thérapie manuelle. Cependant, les interventions regroupées étaient hétérogènes et les conclusions doivent être interprétées avec prudence.

Ces données ne démontrent pas que l’ostéopathie modifie la maladie.

Quelle place peut alors avoir le traitement manuel?

Il peut être envisagé pour :

  • douleur cervicale ou lombaire associée;
  • inconfort musculaire;
  • mobilité articulaire réellement limitée;
  • confort thoracique;
  • préparation à un exercice.

Pourquoi la dose doit-elle être faible au départ?

Une personne très fatiguée ou neurologiquement fragile peut réagir fortement à une séance longue.

Le praticien peut commencer par :

  • moins de techniques;
  • durée courte;
  • mobilisations douces;
  • pauses;
  • retest fonctionnel.

Pourquoi la chaleur peut-elle aggraver certains symptômes?

Certaines personnes avec SEP présentent une sensibilité à la chaleur pouvant augmenter temporairement des symptômes neurologiques.

Une salle très chaude ou un traitement qui augmente fortement la température corporelle peut donc être mal toléré.

Qu’est-ce que le phénomène d’Uhthoff?

Chez certaines personnes, l’augmentation de température corporelle peut temporairement accentuer des symptômes neurologiques déjà connus.

Cette aggravation n’est pas nécessairement une nouvelle poussée inflammatoire, mais elle doit être reconnue.

Pourquoi une nouvelle faiblesse mérite-t-elle une attention particulière?

Une faiblesse nouvelle ou nettement aggravée peut refléter :

  • poussée neurologique;
  • infection;
  • fatigue;
  • problème musculosquelettique;
  • autre cause médicale.

Elle ne doit pas être traitée automatiquement comme un “blocage”.

Quand faut-il contacter l’équipe médicale?

Notamment devant :

  • nouveau déficit neurologique persistant;
  • perte de vision;
  • nouveau trouble important de marche;
  • trouble sphinctérien inhabituel;
  • faiblesse progressive;
  • fièvre avec aggravation neurologique;
  • symptôme nouveau inexpliqué.

Pourquoi l’infection est-elle importante?

Une infection urinaire ou autre infection peut aggraver temporairement les symptômes neurologiques. Une personne qui semble faire une “poussée” peut parfois présenter une pseudo-poussée liée à un facteur médical.

Le traitement manuel ne doit pas retarder l’évaluation.

Douleur neuropathique ou douleur musculosquelettique?

La distinction est importante.

Une douleur brûlante, électrique ou accompagnée de troubles sensitifs peut refléter une composante neuropathique centrale ou périphérique.

Une douleur mécanique de hanche ou d’épaule peut, elle, répondre davantage aux stratégies musculosquelettiques classiques.

Pourquoi le toucher profond n’est-il pas toujours indiqué?

Une personne présentant hypersensibilité ou douleur neuropathique peut mal tolérer une forte pression.

La dose doit être dictée par la réponse et non par l’idée qu’un muscle doit être “dénoué”.

Le traitement manuel peut-il aider une douleur secondaire à la marche?

Oui, parfois.

Une boiterie neurologique peut surcharger certaines régions et créer une douleur musculosquelettique secondaire. Le traitement peut alors viser cette composante tout en reconnaissant la cause neurologique sous-jacente.

Pourquoi les aides techniques comptent-elles?

Canne, orthèse ou dispositif de marche peuvent réduire le risque de chute et améliorer l’autonomie.

L’ostéopathe ne doit pas décourager une aide nécessaire sous prétexte de “faire travailler le corps naturellement”.

Pourquoi l’équilibre doit-il être évalué?

La SEP peut affecter équilibre, sensibilité et coordination. Une personne qui chute fréquemment doit bénéficier d’une prise en charge adaptée.

Le traitement manuel améliore-t-il l’équilibre?

Il ne doit pas être considéré comme intervention principale. L’entraînement de l’équilibre, de la marche et de la force est plus directement lié à cette fonction.

Quelle place pour la respiration?

Chez certains patients, mobilité thoracique et condition physique peuvent être réduites. Des exercices respiratoires peuvent soutenir le confort, mais ils ne doivent pas être présentés comme traitement de la SEP ni comme moyen de “réguler le système immunitaire”.

Pourquoi la promesse immunitaire est-elle problématique?

La SEP est une maladie immunologique complexe. Il n’existe pas de preuve que des manipulations ostéopathiques “rééquilibrent l’immunité” ou préviennent les poussées.

Les médicaments modifient-ils la séance?

Oui, potentiellement. Certains traitements peuvent influencer fatigue, tension artérielle, immunité ou risque infectieux.

Le praticien doit connaître les traitements sans jamais conseiller de les modifier.

Comment intégrer le traitement manuel à une stratégie active?

Une séquence possible :

  1. identifier une tâche difficile;
  2. tester mobilité et force;
  3. utiliser une intervention manuelle courte si pertinente;
  4. retester;
  5. faire pratiquer un exercice fonctionnel.

Pourquoi le lendemain est-il important?

La fatigue différée peut être plus révélatrice que la sensation immédiate sur la table.

Une séance qui provoque deux jours d’épuisement doit probablement être allégée.

Comment mesurer le progrès?

On peut suivre :

  • distance de marche;
  • fatigue après activité;
  • équilibre;
  • force fonctionnelle;
  • douleur;
  • participation aux tâches quotidiennes;
  • temps de récupération.

Pourquoi l’objectif du patient doit-il rester central?

Une personne peut vouloir conserver son énergie pour travailler, une autre pour marcher avec sa famille. Le plan doit respecter cette priorité et la distribution limitée de l’énergie disponible.

Une bonne formulation au patient

« Je ne peux pas modifier la sclérose en plaques avec le traitement manuel. Je peux toutefois voir si une partie de votre douleur ou de votre raideur est musculosquelettique et utiliser le toucher avec une dose adaptée pour faciliter votre mouvement et vos exercices. »

Pourquoi la conservation de l’énergie doit-elle être intégrée au plan?

Chez une personne atteinte de SEP, la question n’est pas seulement de savoir si elle peut effectuer une tâche, mais aussi combien d’énergie cette tâche consomme et combien de temps elle met à récupérer. Un programme trop ambitieux peut épuiser les ressources disponibles pour le reste de la journée.

La progression doit donc tenir compte de la fatigue perçue, du temps de récupération et des priorités de vie du patient.

Pourquoi la spasticité n’est-elle pas toujours l’ennemi?

Chez certaines personnes présentant une faiblesse importante, un certain tonus peut participer au maintien de la station debout ou aux transferts. Chercher uniquement à “relâcher” un membre sans comprendre sa fonction peut donc être contre-productif.

Le traitement doit viser la fonction globale et non la disparition d’une sensation de tension à tout prix.

Pourquoi les variations quotidiennes exigent-elles une séance adaptable?

La SEP peut produire de grandes différences d’un jour à l’autre. Une séance prévue avec plusieurs exercices peut devoir devenir plus courte lors d’une journée de fatigue importante, et inversement.

Quel rôle pour le travail à domicile?

Des exercices simples, bien dosés et reproductibles permettent au patient de progresser entre les consultations. Le praticien peut privilégier quelques tâches fonctionnelles plutôt qu’un grand nombre d’exercices difficiles à intégrer.

Pourquoi la coordination avec le neurologue et la réadaptation est-elle essentielle?

Une modification rapide des symptômes peut nécessiter une décision médicale, tandis que la physiothérapie et l’ergothérapie peuvent cibler spécifiquement la marche, l’équilibre et l’économie d’énergie. L’ostéopathie doit s’inscrire autour de cette prise en charge, non s’y substituer.

Anatomie et mécanismes : les repères essentiels

La sclérose en plaques touche le système nerveux central. Les répercussions sur la commande motrice, la sensibilité et la fatigue varient selon les personnes. Une douleur musculaire associée doit être distinguée d’un symptôme neurologique nouveau plutôt qu’expliquée par une seule restriction locale.

Drapeaux rouges : quand orienter ?

Un symptôme neurologique nouveau, durable ou inhabituel doit être signalé à l’équipe de suivi. Une faiblesse brutale, une difficulté respiratoire ou une dégradation importante nécessitent une évaluation urgente selon le tableau. Le toucher ne permet pas d’écarter une poussée ni une autre cause.

Repères cliniques et diagnostic différentiel

La fatigue ne se mesure pas seulement pendant l’exercice. La récupération, la chaleur ambiante, le sommeil et les autres activités de la journée influencent la dose tolérée. Le suivi peut distinguer la douleur musculosquelettique, la fatigue et les symptômes neurologiques afin d’éviter une explication unique. Une raideur ressentie ne justifie pas un étirement intense systématique. Les objectifs de confort doivent rester compatibles avec les transferts et la marche. Tout changement inhabituel nécessite un échange avec l’équipe de suivi ; une séance manuelle n’est pas un test permettant d’écarter une poussée. [1] [2]

SEP : doser l’activité : repères pratiques
SituationCe qu’il faut observerConduite prudente
Fatigue ou douleur familièreTolérance fluctuante à l’effortFractionner et ajuster l’activité
Aggravation liée à la chaleurSymptômes transitoirement majorésAdapter le contexte et demander conseil
Signe neurologique nouveauModification inhabituelle ou persistanteContacter l’équipe médicale

Lire les résultats avec leur contexte

Une étude s’interprète à partir de la population, de l’intervention et du résultat réellement mesuré. Un effet sur une douleur, un questionnaire ou une amplitude ne démontre pas automatiquement une action sur la cause de la maladie. Les résultats d’un programme combiné ne permettent pas toujours d’isoler la contribution du toucher. Les sources spécifiques de cet article doivent donc être lues avec ces limites, sans extrapoler à une guérison ni à tous les patients. [3] [4]

Réadaptation : choisir un objectif et réévaluer le suivi

Le vécu douloureux et la gêne fonctionnelle doivent être écoutés séparément ; une intensité moindre ne signifie pas toujours une capacité retrouvée. [5] Le patient choisit avec le professionnel une activité et un délai de réévaluation réalistes. Il conserve la possibilité de refuser, d’adapter ou d’arrêter le soin. [6] Un changement ressenti après le toucher ne démontre pas qu’une structure a été remise en place : les mécanismes proposés pour les soins manuels restent multiples. [7] [8] La reprise d’activité s’adapte aux capacités et aux consignes liées à la maladie. Les repères généraux d’activité physique ne constituent pas une prescription universelle pour une situation aiguë ou complexe. [9] Si la douleur persiste, réévaluer l’ensemble du contexte évite de répéter un traitement sans progrès. Les recommandations générales d’évaluation de la douleur ne remplacent pas celles propres à la pathologie. [10]

Conclusion

La sclérose en plaques peut associer douleur, fatigue, faiblesse, spasticité et troubles de l’équilibre. Ces symptômes ne doivent pas être réduits à des dysfonctions mécaniques.

L’ostéopathie peut avoir une place complémentaire pour certaines douleurs et limitations secondaires, mais l’exercice, la réadaptation neurologique et le suivi médical restent prioritaires. La séance doit être courte, adaptable, attentive à la fatigue et orientée vers la fonction.

Références

  1. NICE. Multiple sclerosis in adults: management. NG220.
  2. The Efficacy and Safety of Manual Therapy for Symptoms Associated with Multiple Sclerosis: A Systematic Review and Meta-Analysis
  3. Exercise in patients with multiple sclerosis.
  4. Multimodal exercise training in multiple sclerosis: A randomized controlled trial in persons with substantial mobility disability.
  5. Raja SN et coll. The revised IASP definition of pain: concepts, challenges, and compromises. Pain. 2020.
  6. NICE. Shared decision making. NG197. 2021.
  7. Draper-Rodi J et coll. Integrated manual therapies: IASP taskforce viewpoint. Pain Reports. 2024.
  8. Bialosky JE et coll. The mechanisms of manual therapy in the treatment of musculoskeletal pain: a comprehensive model. Manual Therapy. 2009.
  9. Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. 2020.
  10. NICE. Chronic pain: assessment of all chronic pain and management of chronic primary pain. NG193. 2021.
Bandeau original Osteomag aux lignes fluides évoquant la respiration et les fascias

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