Biomécanique Cervicale : Impact sur les Maux de Tête et la Posture
Le lien entre rachis cervical, posture et maux de tête
Contexte et importance de l’analyse biomécanique
Le rachis cervical, aussi appelé colonne cervicale, joue un rôle essentiel dans la mobilité et la stabilité de la tête. Les mouvements de flexion, d’extension, de rotation et d’inclinaison latérale se doivent d’être fluides et équilibrés, car le cou agit comme un pivot pour l’ensemble de la tête et influe directement sur la posture globale. Toute perturbation au niveau de la fonction cervicale peut se répercuter sur la biomécanique de l’ensemble du corps. C’est pourquoi l’analyse biomécanique du rachis cervical est d’une importance capitale dans la compréhension et la prise en charge de divers troubles musculosquelettiques, dont les céphalées.
L’analyse biomécanique vise à évaluer la répartition des forces, des tensions musculaires et l’alignement articulaire dans cette région. Quand les structures cervicales ne sont pas bien alignées ou que certains muscles sont en hypertonicité ou, au contraire, en faiblesse, des déséquilibres se créent. Ces déséquilibres peuvent modifier la façon dont la colonne cervicale soutient la tête et, à long terme, conduire à des contraintes accrues sur des zones précises. Par conséquent, ces tensions anormales sont susceptibles de contribuer à l’apparition de douleurs et de maux de tête.
Par ailleurs, la posture globale joue un rôle central. En effet, un mauvais alignement, tel qu’une position de tête en avant (souvent observée chez les personnes travaillant de longues heures devant un ordinateur ou les utilisateurs d’appareils mobiles), crée une pression supplémentaire sur les vertèbres cervicales et les tissus environnants. Ce surcroît de stress mécanique accroît le risque d’inconfort et de céphalées, tout en pouvant altérer la vascularisation et la conduction nerveuse dans la région.
Prévalence des douleurs cervicales et des céphalées associées
Les douleurs cervicales et les céphalées sont des motifs de consultation très fréquents, tant dans le cadre de la médecine conventionnelle que des pratiques de santé complémentaires, comme l’ostéopathie. Les statistiques suggèrent qu’une part importante de la population adulte souffre de douleurs cervicales chroniques ou de céphalées cervicogéniques, c’est-à-dire des maux de tête liés à un dysfonctionnement ou une lésion de la colonne cervicale. Les céphalées de tension, quant à elles, sont souvent liées au stress et à des tensions musculaires soutenues qui peuvent prendre source dans le cou et le haut du dos.
Par ailleurs, la sédentarité grandissante, associée à l’utilisation intensive des appareils électroniques, a considérablement augmenté la prévalence de la posture « tête en avant » (ou « text-neck »). Cette posture se caractérise par un enroulement des épaules et une protrusion de la tête vers l’avant. Dans cette configuration, chaque centimètre de décalage antérieur de la tête accroît la charge sur les muscles et les disques intervertébraux cervicaux, favorisant l’apparition de douleurs et de céphalées.
Le lien direct entre une altération du rachis cervical et la survenue de maux de tête est largement documenté. Des études cliniques ont montré qu’une prise en charge adaptée, visant à rétablir l’équilibre musculaire et articulaire dans la région cervicale, peut considérablement réduire la fréquence et l’intensité des douleurs, de même que des céphalées.
Objectifs de l’article : Comprendre les relations mécaniques et fonctionnelles
L’objectif principal de cet article est de souligner les mécanismes qui relient la santé du rachis cervical et de la posture à la survenue de maux de tête. Afin de mieux comprendre ce phénomène, il convient :
D’analyser la relation structure-fonction : comment la disposition anatomique et la qualité fonctionnelle de la colonne cervicale influent sur la répartition des charges et les tensions musculaires.
D’évaluer l’impact de la posture, tant statique que dynamique : notamment la posture de la tête et des épaules, sur le développement ou l’aggravation de douleurs cervicales et de céphalées.
De dégager l’importance d’une approche holistique : (ex. : ostéopathie, exercices thérapeutiques, etc.) pour corriger les déséquilibres et prévenir les rechutes. Les techniques manuelles, les étirements, le renforcement musculaire ou encore l’éducation posturale sont autant de voies pour améliorer la santé cervicale et réduire la fréquence ou l’intensité des maux de tête.
D’insister sur la nécessité d’un dépistage et d’une prise en charge précoces : la correction de la posture, le soulagement des tensions et la rééducation musculaire peuvent grandement limiter la chronicisation des problèmes cervicaux et des céphalées associées.
Avertissement: Les informations de ce blog sont destinées à des fins éducatives uniquement et ne remplacent pas un avis médical professionnel. Ne tentez aucune manœuvre, exercice ou traitement décrit ici sans consulter un professionnel de santé qualifié. Une application incorrecte peut entraîner des blessures ou des complications. Consultez toujours un professionnel pour des conseils adaptés à votre situation spécifique.
Anatomie et Biomécanique du Rachis Cervical
Structure osseuse : Vertèbres cervicales et rôle spécifique de C1-C2
Le rachis cervical est composé de sept vertèbres (C1 à C7).
- C1 (Atlas) : Elle soutient le crâne et se caractérise par l’absence de corps vertébral, lui conférant une forme annulaire. Sa particularité est de permettre en grande partie les mouvements de flexion et d’extension de la tête (comme faire « oui »).
- C2 (Axis) : Elle se distingue par le processus odontoïde (ou dent de l’axis). Cette structure sert de pivot à la rotation de la tête (le « non »), car elle s’insère dans l’anneau formé par C1.
Les vertèbres de C3 à C7, plus classiques, assurent la continuité de la colonne cervicale, tout en permettant une certaine mobilité et en protégeant la moelle épinière.
Mobilité segmentaire : Flexion, extension, rotation et inclinaison
La colonne cervicale, en raison de ses particularités, offre une grande variété de mouvements :
- Flexion et extension : Baisser ou lever la tête. Les segments C0-C1 et C1-C2 participent beaucoup à ces mouvements, tandis que la région inférieure du cou s’engage également pour l’extension.
- Rotation : Majoritairement assurée par l’odontoïde de C2, même si les segments inférieurs contribuent aussi.
- Inclinaison latérale : Pencher la tête vers l’épaule, mouvement auquel toutes les vertèbres cervicales participent.
Cette diversité de mouvements rend le cou à la fois très mobile et sensible aux contraintes mécaniques.
Rôle des disques intervertébraux et des facettes articulaires
Les disques intervertébraux, composés d’un noyau pulpeux et d’un anneau fibreux, agissent comme des amortisseurs :
- Absorption des chocs : Ils répartissent les contraintes et réduisent les pressions subies par les vertèbres.
- Facilitation de la mobilité : De petits mouvements de glissement sont possibles entre les vertèbres.
Les facettes articulaires, recouvertes de cartilage, servent à guider et limiter les mouvements. Elles jouent un rôle essentiel dans la stabilité segmentaire, tout en prévenant les frottements excessifs entre les vertèbres.
Muscles cervicaux : Stabilisation et dynamique posturale
Le système musculaire du cou se divise en deux grands groupes :
- Muscles profonds (comme les muscles suboccipitaux et le long du cou) : Responsables de la stabilité fine et du maintien de l’alignement vertébral.
- Muscles superficiels (sternocléidomastoïdien, trapèze supérieur, etc.) : Génèrent la force nécessaire à la flexion, l’extension ou la rotation de la tête.
Un déséquilibre entre ces groupes musculaires peut entraîner des tensions, des douleurs et des compensations posturales, notamment lorsqu’on adopte une position de tête en avant prolongée.
Influence des ligaments et fascias dans la régulation du mouvement
Les ligaments et les fascias du cou forment un réseau conjonctif qui :
- Freine les mouvements extrêmes en maintenant les structures dans leurs limites physiologiques.
- Contribue à la proprioception : Les récepteurs sensitifs présents dans ces tissus informent le cerveau de la position de la tête et du cou.
- Soutient l’alignement vertébral : Des tensions ou adhérences au niveau ligamentaire ou fascial peuvent altérer la fluidité du mouvement et provoquer des douleurs ou des blocages.
Une bonne compréhension de ces tissus conjonctifs est cruciale pour prévenir ou traiter les dysfonctions cervicales, car leur implication va bien au-delà du simple maintien : ils participent activement à l’équilibre global du cou.
Dysfonction Biomécanique Cervicale : Conséquences sur la Posture
Le rachis cervical joue un rôle clé dans la posture globale et dans l’équilibre biomécanique du corps. Lorsque des dysfonctions surviennent au niveau cervical, elles peuvent entraîner une série de compensations musculaires, altérer la courbure physiologique et affecter l’équilibre postural. Ces déséquilibres ont des conséquences non seulement locales, mais aussi à distance, en influençant d’autres segments corporels. Voici un décryptage des principales conséquences de ces dysfonctions
Hyperlordose Cervicale et Inversion de la Courbure
La courbure physiologique du rachis cervical présente une lordose naturelle qui permet de répartir les charges de manière optimale. Cependant, des déséquilibres biomécaniques peuvent entraîner une hyperlordose cervicale ou, à l’inverse, une inversion de la courbure, souvent observée chez les personnes adoptant une posture prolongée en flexion (tête en avant).
- Hyperlordose cervicale : Elle survient lorsque la courbure cervicale s’accentue excessivement, augmentant la pression sur les facettes articulaires postérieures et les disques intervertébraux. Cette posture peut être liée à une hyperactivité des muscles extenseurs cervicaux et une faiblesse des muscles fléchisseurs profonds.
- Inversion de la courbure cervicale : Elle est souvent associée à une posture prolongée en flexion (par exemple, chez les personnes travaillant longtemps sur ordinateur), entraînant une perte de la lordose physiologique et une modification des axes de contrainte sur les structures cervicales. Ce phénomène est souvent observé chez les patients souffrant de céphalées cervicogéniques et de douleurs chroniques.
Conséquences :
L’hyperlordose comme l’inversion de la courbure modifient l’alignement biomécanique global, créant des tensions excessives sur les muscles cervicaux, augmentant la charge mécanique sur les disques intervertébraux, et entraînant des douleurs persistantes.
Perte de Mobilité et Rigidité Segmentaire
La perte de mobilité cervicale est une conséquence fréquente des dysfonctions biomécaniques. Elle résulte souvent d’une rigidité segmentaire causée par :
- Des restrictions de mobilité au niveau des articulations facettaires, en particulier à la jonction cervico-thoracique.
- Une diminution de la mobilité des segments C0-C1 et C1-C2, impactant la rotation et l’inclinaison.
- Une fixation segmentaire due à des tensions musculaires chroniques et des spasmes réflexes.
Effets cliniques :
- Réduction des amplitudes de mouvement cervicales.
- Apparition de douleurs lors des mouvements, notamment en rotation et en inclinaison.
- Rigidité matinale avec un relâchement partiel en cours de journée.
Lorsque la mobilité est limitée, les segments adjacents sont contraints de compenser, créant ainsi des hypermobilités compensatoires pouvant accélérer la dégénérescence des structures articulaires et des disques intervertébraux.
Compensation Musculaire et Déséquilibres Posturaux
En réponse aux restrictions de mobilité ou aux altérations posturales, le système musculaire met en place des compensations adaptatives pour maintenir la posture et la fonction. Ces compensations créent des déséquilibres musculaires qui se manifestent par :
- Suractivation des muscles superficiels comme le trapèze supérieur, le sternocléidomastoïdien (SCOM) et les muscles sous-occipitaux, provoquant des tensions excessives.
- Faiblesse des muscles profonds stabilisateurs, notamment les fléchisseurs profonds du cou (longus colli, longus capitis), entraînant une perte de stabilité cervicale.
- Déséquilibre entre la chaîne antérieure et la chaîne postérieure, provoquant des modifications posturales globales.
Impact à distance :
Ces déséquilibres ne se limitent pas au rachis cervical. Ils influencent la posture globale, entraînant des modifications au niveau de la colonne thoracique, lombaire et même du bassin, créant un schéma de compensation global.
Impact des Dysfonctions Cervico-Thoraciques sur l’Axe Corporel
La jonction cervico-thoracique (C7-T1) joue un rôle fondamental dans le transfert des charges entre la tête et le tronc. Une dysfonction à ce niveau perturbe l’équilibre biomécanique global.
- Rigidité de la jonction cervico-thoracique : Elle limite la mobilité cervicale inférieure, contraignant les segments supérieurs à compenser.
- Altération de la statique thoracique : Une dysfonction thoracique peut modifier la courbure physiologique du rachis, influençant la posture globale.
- Perturbation de la chaîne cinétique : Les déséquilibres cervico-thoraciques créent des contraintes mécaniques excessives sur les segments lombaires et sacrés, entraînant des douleurs à distance.
Conséquences :
- Modifications posturales globales avec un effet domino sur les autres segments.
- Apparition de douleurs chroniques à distance (rachis lombaire, bassin).
Influence des Troubles Proprioceptifs sur l’Équilibre Postural
La proprioception cervicale joue un rôle déterminant dans le maintien de l’équilibre et la coordination posturale. Lorsque les récepteurs proprioceptifs situés dans les muscles, les ligaments et les facettes articulaires cervicales sont perturbés, cela peut entraîner :
- Altération de la perception de la position de la tête et du cou.
- Diminution de la capacité à ajuster l’équilibre postural en réponse aux changements environnementaux.
- Perturbations de la coordination sensorimotrice, augmentant le risque de chutes, notamment chez les personnes âgées.
Impacts cliniques :
- Sensation d’instabilité et de vertiges cervicogéniques.
- Diminution de la capacité d’adaptation posturale.
- Augmentation du risque de déséquilibres chroniques.
Lien Biomécanique entre Rachis Cervical et Maux de Tête
Céphalées cervicogéniques : Mécanismes et présentation clinique
Les céphalées cervicogéniques sont des maux de tête issus d’une dysfonction ou d’une lésion de la colonne cervicale. Elles peuvent s’accompagner de douleurs au cou, d’une raideur et parfois d’une limitation de la mobilité. Le mécanisme principal repose sur l’irritation des structures cervicales (muscles, disques, facettes articulaires, ligaments) pouvant stimuler les nerfs responsables de la perception de la douleur crânienne.
- Localisation : la douleur est souvent unilatérale, partant de la nuque vers la région temporale ou frontale.
- Facteurs aggravants : les mouvements du cou ou le maintien d’une posture statique prolongée (tête en avant) peuvent intensifier ces douleurs.
Impact de la dysfonction atlanto-occipitale sur les céphalées
L’articulation atlanto-occipitale (C0-C1) relie le crâne (occiput) à la première vertèbre cervicale (atlas). Une restriction de mobilité ou un mauvais alignement à ce niveau peut :
- Affecter la vascularisation : une tension ou une compression peut perturber le flux sanguin vers la tête.
- Perturber l’innervation : le nerf suboccipital, issu de la racine de C1, peut être irrité et déclencher une douleur projetée vers l’arrière de la tête ou la zone orbitaire.
- Modifier la posture : un blocage ou un déséquilibre à ce niveau peut conduire à des adaptations musculaires qui se répercutent sur la biomécanique globale du cou.
Implication des muscles sous-occipitaux dans les douleurs référées
Les muscles sous-occipitaux, situés entre C1, C2 et la base du crâne, sont primordiaux pour la stabilité de la tête et les micro-ajustements posturaux. En cas de tension ou de spasme :
- Douleurs référées : ces muscles peuvent générer des douleurs projetées vers la région occipitale ou vers le front, mimant parfois des céphalées primaires.
- Surutilisation : une posture prolongée (par exemple, penché en avant sur un ordinateur) intensifie leur sollicitation, favorisant l’apparition de maux de tête cervicogéniques.
Dysfonctions segmentaires et irritation neuro-vasculaire
Chaque segment cervical (C2-C3, C3-C4, etc.) participe à la mobilité globale du cou. Des dysfonctions segmentaires peuvent :
- Provoquer des contractures musculaires qui, à leur tour, irritent les nerfs et vaisseaux locaux.
- Modifier l’alignement articulaire : un déséquilibre mécanique peut se répercuter sur la posture générale, incitant à des compensations susceptibles de créer ou d’entretenir la douleur crânienne.
Lorsque la sensibilité des récepteurs nerveux cervicaux augmente (hyperexcitabilité neuronale), les signaux de douleur peuvent être amplifiés et perçus comme des céphalées.
Relation entre tension musculaire cervicale et migraines
Bien que les migraines soient considérées comme des céphalées vasculaires, la tension musculaire cervicale peut jouer un rôle aggravant :
- Facteurs déclenchants : le stress, la fatigue ou une mauvaise posture peuvent provoquer des raideurs cervicales susceptibles d’augmenter la fréquence ou l’intensité des crises migraineuses.
- Boucle douleur-posture : la douleur de la migraine peut induire une posture antalgique (tête penchée, épaules relevées), accentuant encore les tensions musculaires du cou.
- Approche multidisciplinaire : soulager la région cervicale (exercices, étirements, thérapies manuelles) peut souvent apporter un bénéfice pour la gestion des migraines.
Posture de la Tête et Son Impact sur la Santé Cervicale
La posture de la tête joue un rôle crucial dans l’équilibre global du corps et dans la préservation de la santé de la région cervicale. Plusieurs facteurs de la vie quotidienne – usage prolongé d’appareils électroniques, longues heures de travail au bureau, sédentarité ou encore stress – conduisent à des modifications posturales qui peuvent déclencher des douleurs ou des inconforts au niveau du cou, de la nuque et même du haut du dos. Parmi ces modifications, le syndrome de la tête en avant se révèle particulièrement dommageable pour les structures cervicales. Dans cet article, nous examinerons les effets biomécaniques de cette posture, son influence sur les charges mécaniques, les adaptations posturales compensatoires qu’elle peut engendrer et, enfin, le rôle essentiel de l’ergonomie et des habitudes quotidiennes dans la prévention et la correction de ces problèmes.
Syndrome de la tête en avant : Conséquences biomécaniques
Le syndrome de la tête en avant (en anglais Forward Head Posture) se caractérise par une protrusion de la tête vers l’avant par rapport à l’axe du corps. À première vue, cela peut sembler anodin, voire « normal » chez certaines personnes, notamment celles qui travaillent devant un ordinateur ou utilisent fréquemment leur téléphone portable. Cependant, cette posture engendre un ensemble de conséquences biomécaniques défavorables.
D’un point de vue purement musculaire, la tête, qui représente entre 4,5 et 5,5 kg chez l’adulte, impose une demande supplémentaire aux muscles cervicaux. Les muscles postérieurs du cou, comme le trapèze supérieur ou les muscles sous-occipitaux, sont ainsi contraints de fournir un effort permanent pour maintenir la tête dans cette position. Ce surcroît de tension finit souvent par créer des déséquilibres entre les muscles profonds et superficiels du cou. Par ailleurs, le sternocléidomastoïdien (SCM), muscle proéminent du cou, voit son activité modifiée pour compenser le désalignement.
D’un point de vue articulaire, la colonne cervicale est soumise à une altération de son alignement naturel. Les vertèbres ne se superposent plus harmonieusement, ce qui peut influencer négativement l’amplitude et la fluidité des mouvements de flexion, d’extension et de rotation. Lorsque ces modifications sont prolongées, elles peuvent conduire à des blocages, des dysfonctions articulaires ou même des phénomènes dégénératifs prématurés.
Cette posture inappropriée engendre plusieurs modifications biomécaniques :
- Réadaptation musculaire : Les muscles postérieurs (trapèze supérieur, élévateur de la scapula, sous-occipitaux) se contractent de manière excessive pour maintenir la tête, tandis que les muscles profonds du cou (long du cou, long de la tête) peinent à assurer leur rôle stabilisateur.
- Modification de la courbure cervicale : Au lieu d’une lordose naturelle, la courbure peut s’aplatir ou s’exagérer à certains niveaux, ce qui nuit à la répartition homogène des contraintes le long des vertèbres.
- Stress sur les articulations : Les facettes articulaires du rachis cervical supportent plus de contraintes, augmentant le risque d’arthrose précoce ou de blocages mécaniques.
D’un point de vue clinique, cela peut se traduire par des cervicalgies, des maux de tête, ou encore des raideurs au réveil. À plus long terme, les microtraumatismes répétés peuvent favoriser la dégénérescence discale et la diminution de la mobilité.
Augmentation des charges mécaniques sur les structures cervicales
L’une des principales conséquences de la tête en avant réside dans l’augmentation significative des charges mécaniques supportées par la région cervicale. Pour chaque centimètre supplémentaire de décalage de la tête vers l’avant, la charge exercée sur les vertèbres et les muscles cervicaux augmente de façon exponentielle. C’est un phénomène de levier : lorsque le centre de gravité de la tête n’est plus aligné avec la ligne de gravité du corps, les segments cervicaux doivent compenser par un travail accru pour soutenir cette masse.
À la longue, cet excès de contraintes peut se traduire par :
- Des irritations ou inflammations au niveau des facettes articulaires.
- Un surmenage des disques intervertébraux, pouvant accélérer leur usure.
- Des tensions musculaires constantes, responsables de maux de tête cervicogéniques ou de céphalées de tension.
- Une compression accrue de certains nerfs cervicaux, éventuellement à l’origine de douleurs projetées dans les épaules, les bras ou même de picotements dans les mains.
Cet excès de pression et de traction perturbe également la circulation sanguine et la microcirculation dans la zone cervicale. Les artères vertébrales, qui cheminent à travers les foramens transversaires des vertèbres cervicales, peuvent être légèrement comprimées ou subissent un léger stress mécanique, affectant potentiellement l’apport sanguin vers la région cranio-cervicale.
Adaptation posturale compensatoire et douleurs chroniques
Le corps humain est doté d’une remarquable capacité d’adaptation. Lorsqu’une zone est en déséquilibre, d’autres segments corporels tentent de compenser pour maintenir un certain équilibre global. Dans le cas de la tête en avant, on observe fréquemment :
- Un enroulement des épaules vers l’avant et une cyphose thoracique plus marquée.
- Une hyperlordose lombaire compensatoire, car le bassin bascule souvent pour contrebalancer le poids déplacé de la tête.
- Des tensions dans la région scapulaire (haut du dos), pouvant se répercuter sur la ceinture scapulaire et provoquer des inconforts jusque dans les bras.
Ces ajustements, s’ils perdurent, s’inscrivent dans la posture de la personne et peuvent engendrer des douleurs chroniques à moyen ou long terme. Le cou, déjà fragilisé par le syndrome de la tête en avant, peut être le siège de contractures musculaires et d’irritations articulaires permanentes. Par effet domino, l’ensemble du dos peut finir par souffrir, menant parfois à des lombalgies ou des dorsalgies.
D’un point de vue fonctionnel, la posture de tête en avant peut également modifier la façon de respirer, en comprimant légèrement la cage thoracique et en demandant un effort plus important aux muscles inspiratoires accessoires (SCM et scalènes). Cette altération du schéma respiratoire contribue parfois à la sensation de fatigue et de tensions musculaires.
Influence de l’ergonomie et des habitudes posturales
Pour contrer ou prévenir le syndrome de la tête en avant, un travail ergonomique est essentiel. Quelques principes clés peuvent être adoptés :
- Positionnement de l’écran : veiller à ce que l’écran d’ordinateur se situe au niveau des yeux, afin de limiter la flexion ou l’extension excessive du cou.
- Utilisation d’un support pour téléphone ou tablette : maintenir l’appareil à hauteur des yeux réduit la nécessité de pencher la tête.
- Pause et étirements réguliers : s’accorder quelques instants toutes les heures pour faire des mouvements d’extension et de rotation cervicale, soulageant ainsi les tensions accumulées.
- Siège et bureau adaptés : un siège ergonomique, réglé à la bonne hauteur, et un bureau dont la surface de travail est alignée avec les avant-bras, contribuent à maintenir la colonne vertébrale en position neutre.
- Renforcement musculaire ciblé : travailler les muscles profonds du cou et relâcher les muscles trop tendus (trapèze, suboccipitaux) aide à retrouver une posture plus équilibrée.
Les habitudes quotidiennes jouent elles aussi un rôle déterminant. Par exemple, éviter de téléphoner le cou incliné (téléphone coincé entre l’oreille et l’épaule), limiter la consultation prolongée du téléphone portable le menton baissé ou encore opter pour un sac à dos plutôt qu’un sac à main lourd prévient les mauvaises postures. L’éducation posturale (prendre conscience de la position de sa tête, de ses épaules et de son dos) est un élément clé pour maintenir un alignement convenable au fil de la journée.
Approche Ostéopathique des Dysfonctions Cervicales
L’ostéopathie offre une approche globale et individualisée pour traiter les dysfonctions cervicales en ciblant les déséquilibres mécaniques, musculaires et neuro-vasculaires qui affectent la posture et la mobilité. L’objectif est d’identifier les restrictions de mouvement, d’harmoniser les tensions musculaires et fasciales, tout en rétablissant la fonction optimale des structures cervicales. Cette approche se décline en plusieurs étapes clés.
Analyse Posturale Globale et Tests Biomécaniques
L’analyse posturale constitue une étape essentielle pour comprendre l’impact des dysfonctions cervicales sur l’équilibre global du corps. L’ostéopathe observe la posture statique et dynamique du patient afin d’identifier les déséquilibres compensatoires et les zones de restriction.
Analyse en position debout :
- Observation des courbures physiologiques du rachis (cervicale, thoracique, lombaire).
- Repérage des asymétries au niveau des épaules, du bassin et de la tête.
- Détection des adaptations posturales compensatoires, souvent liées à une position prolongée en flexion (syndrome de la tête en avant).
Analyse dynamique :
- Observation des mouvements cervicaux en flexion, extension, rotation et inclinaison.
- Évaluation de la fluidité et des amplitudes de mouvement pour détecter les zones de blocage ou d’hypermobilité.
Tests biomécaniques spécifiques :
- Tests d’évaluation de la mobilité segmentaire cervicale (C0-C1, C1-C2, C3-C7).
- Tests de mobilité de la jonction cervico-thoracique (C7-T1).
- Évaluation des dysfonctions au niveau des muscles sous-occipitaux, des facettes articulaires et des ligaments cervicaux.
Objectif : Identifier les zones de restriction et évaluer les impacts des dysfonctions cervicales sur l’ensemble du système postural.
Identification des Restrictions de Mobilité Articulaire
Les restrictions de mobilité au niveau cervical sont souvent à l’origine de douleurs chroniques, de céphalées cervicogéniques et de troubles posturaux. L’ostéopathe utilise des tests spécifiques pour localiser les segments articulaires hypomobiles ou fixés.
Analyse segmentaire précise :
- Évaluation de la mobilité des segments supérieurs (C0-C1, C1-C2), essentiels pour la rotation et l’inclinaison cervicale.
- Analyse des segments cervicaux moyens (C3-C5), souvent impliqués dans les tensions musculaires et les restrictions fasciales.
- Détection des restrictions au niveau de la jonction cervico-thoracique (C7-T1), clé dans la transmission des charges vers la colonne thoracique.
Tests de mobilité passive :
- Tests de flexion, extension, rotation et inclinaison pour détecter les zones de restriction.
- Palpation des facettes articulaires pour identifier les blocages mécaniques.
Identification des compensations adjacentes :
- Détection des restrictions thoraciques ou lombaires influençant la dynamique cervicale.
- Analyse des adaptations musculaires compensatoires.
Objectif : Détecter les restrictions articulaires précises afin de rétablir une mobilité optimale et prévenir les blocages chroniques.
Libération des Tensions Musculaires et Fasciales
Les tensions musculaires et fasciales sont souvent à l’origine des douleurs cervicales et des déséquilibres posturaux. L’ostéopathe cible les groupes musculaires impliqués dans les compensations cervicales pour restaurer un équilibre musculaire optimal.
Travail sur les muscles hypertoniques :
- Libération des muscles superficiels tels que le trapèze supérieur, le sternocléidomastoïdien (SCOM) et les muscles sous-occipitaux.
- Relâchement des tensions des muscles scalènes, souvent responsables des douleurs référées vers les épaules et les bras.
Renforcement des muscles profonds :
- Stimulation des muscles fléchisseurs profonds (longus colli, longus capitis) pour rétablir la stabilité cervicale.
- Rééducation des muscles stabilisateurs cervicaux pour prévenir les récidives.
Techniques fasciales :
- Libération des adhérences fasciales au niveau cervical et thoracique.
- Travail sur les membranes sous-occipitales et les fascias cervico-thoraciques pour restaurer la mobilité.
Objectif : Diminuer les tensions musculaires excessives, restaurer l’équilibre musculaire et améliorer la mobilité cervicale.
Travail sur les Structures Neuro-Vasculaires Associées
Les dysfonctions cervicales peuvent comprimer ou irriter les structures neuro-vasculaires, contribuant ainsi aux céphalées, aux vertiges et aux douleurs référées. L’ostéopathe accorde une attention particulière aux structures nerveuses et vasculaires impliquées.
Travail sur le plexus cervical :
- Libération des tensions au niveau des nerfs cervicaux, notamment les racines C1-C4, impliquées dans les douleurs référées au crâne et au visage.
- Décompression des structures nerveuses en cas de conflit neuro-vasculaire.
Techniques vasculaires :
- Amélioration du drainage veineux et lymphatique pour réduire les congestions cervicales.
- Travail sur l’artère vertébrale et les structures vasculaires cervicales pour favoriser une vascularisation optimale.
Libération des tensions crâniennes :
- Techniques douces sur les membranes intracrâniennes et les structures durales pour améliorer la dynamique crânio-sacrée.
Objectif : Soulager les compressions neuro-vasculaires, améliorer la circulation et réduire les douleurs référées.
Optimisation de la Posture et Éducation du Patient
L’optimisation de la posture est essentielle pour prévenir la réapparition des dysfonctions cervicales. L’ostéopathe accompagne le patient dans la prise de conscience de sa posture et l’adoption de nouvelles habitudes pour maintenir un équilibre postural optimal.
Conseils posturaux :
- Correction de la posture au travail, notamment pour les personnes utilisant des écrans.
- Adaptation de l’ergonomie du poste de travail pour réduire les contraintes cervicales.
Exercices spécifiques :
- Renforcement des muscles cervicaux profonds pour stabiliser la région cervicale.
- Étirements ciblés pour relâcher les muscles hypertoniques et améliorer la flexibilité.
Techniques d’auto-mobilisation :
- Encouragement à la pratique d’exercices doux pour maintenir la mobilité cervicale.
- Travail sur la proprioception cervicale pour améliorer l’équilibre postural.
Prise de conscience posturale :
- Éducation du patient à la gestion des tensions cervicales au quotidien.
- Sensibilisation à l’importance d’une posture dynamique pour éviter les récidives.
Objectif : Prévenir les récidives, maintenir une posture équilibrée et encourager une gestion active des tensions cervicales.
Stratégies Préventives pour Éviter les Troubles Cervicaux
Les troubles cervicaux sont fréquemment associés à la posture, à la sédentarité et à divers déséquilibres musculaires. Entre le travail de bureau, l’usage constant des appareils électroniques et des habitudes de vie parfois inadaptées, le cou est soumis à un stress quotidien pouvant engendrer douleurs, raideurs et inconfort. Heureusement, il existe de nombreuses stratégies préventives visant à préserver la santé de cette région sensible du corps. Dans ce qui suit, nous explorerons plusieurs approches concrètes et faciles à intégrer au quotidien.
Conseils ergonomiques pour le poste de travail
L’ergonomie joue un rôle fondamental dans la prévention des troubles cervicaux. Un poste de travail mal configuré peut rapidement entraîner une mauvaise posture, qui, à la longue, se traduit par des tensions et des déséquilibres.
- Hauteur de l’écran : La partie supérieure de votre écran devrait idéalement se situer au niveau des yeux. Ainsi, vous n’aurez pas à baisser la tête ou à forcer sur la nuque pour lire ou écrire.
- Distance visuelle : Conservez une distance d’environ 50 à 70 cm entre vos yeux et l’écran. Si l’écran est trop près, vous risquez de pencher la tête en avant ; s’il est trop loin, vous pourriez au contraire tendre le cou pour mieux voir.
- Clavier et souris : Positionnez-les à portée de main, de façon à éviter des mouvements excessifs des épaules ou des poignets. Vos avant-bras doivent pouvoir reposer légèrement sur le bureau ou sur les accoudoirs du fauteuil.
- Siège réglable : Ajustez la hauteur du siège pour que vos genoux forment un angle proche de 90 degrés et que vos pieds touchent le sol ou un repose-pied. Un dossier soutenant la lordose lombaire encourage une posture verticale du tronc, réduisant la tension sur le cou.
- Téléphone : Si votre travail vous impose des appels fréquents, optez pour un casque ou des écouteurs plutôt que de coincer le combiné entre l’oreille et l’épaule, ce qui sollicite abusivement la musculature cervicale.
Prendre quelques minutes pour configurer correctement son poste de travail peut faire une différence majeure à long terme. Les douleurs au cou, à la nuque et dans la région scapulaire sont souvent réduites dès lors que l’on adopte une station de travail mieux adaptée.
Exercices de renforcement et d’assouplissement cervical
Outre l’ergonomie, le cou a besoin d’un entretien régulier, notamment grâce à des exercices ciblés. Les muscles cervicaux (profonds comme superficiels) doivent être à la fois forts et souples pour maintenir une posture optimale.
- Renforcement des muscles profonds (par exemple, le long du cou) :
- Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis. Rentrez légèrement le menton (comme si vous vouliez faire un double menton) tout en gardant la tête en contact avec le sol, puis maintenez la contraction quelques secondes. Répétez 10 à 12 fois, en évitant de soulever la tête.
- Cet exercice renforce les muscles profonds stabilisateurs, ce qui contribue à maintenir l’alignement vertébral dans la vie de tous les jours.
- Stabilisation active :
- Asseyez-vous dos droit. Posez les mains sur votre front, puis exercez une légère pression vers l’arrière, en résistant avec la tête pour qu’elle ne bouge presque pas. Répétez le même exercice sur les côtés en plaçant les mains sur les tempes.
- Ces efforts isométriques sollicitent les muscles du cou sans mouvement excessif, renforçant efficacement la stabilité cervicale.
- Étirements dynamiques :
- Des mouvements lents et contrôlés de flexion, d’extension et de rotation du cou peuvent délier les raideurs. Veillez à ne jamais forcer ou aller dans des zones douloureuses. Répétez ces mouvements 5 à 10 fois de chaque côté au cours de la journée.
Auto-étirements et techniques d’auto-mobilisation
Les tensions musculaires et articulaires au niveau du cou peuvent être soulagées par diverses techniques d’auto-étirement et d’auto-mobilisation. L’objectif est d’améliorer la souplesse et de réduire l’accumulation de stress dans la région cervicale.
- Étirement du trapèze supérieur :
- En position assise ou debout, inclinez la tête vers l’épaule droite, et utilisez votre main droite pour intensifier très légèrement la mise en tension. Vous devez ressentir un étirement sur le côté gauche du cou. Restez 20 secondes, puis changez de côté.
- Cet étirement soulage souvent les douleurs liées à la posture de la tête en avant.
- Étirement des scalènes :
- Tournez doucement la tête à 45 degrés, puis inclinez-la vers l’arrière. Vous sentirez une tension sur la partie antéro-latérale du cou. Maintenez la position environ 15 secondes.
- Les scalènes, très sollicités dans la respiration et la posture, sont souvent crispés lorsque la cage thoracique est figée ou que la tête est trop avancée.
- Auto-mobilisation de la zone suboccipitale :
- Prenez une balle de massage ou de tennis, placez-la sous la base du crâne (zone suboccipitale) en vous allongeant sur le dos. Effectuez de petits mouvements de bascule de la tête ou de légères pressions pour détendre cette région souvent contracturée.
Quelques minutes par jour suffisent à prévenir et soulager la rigidité cervicale, en particulier lorsque l’on travaille longtemps en position assise ou que l’on regarde un écran.
Importance de la proprioception et de la coordination
La proprioception est la capacité à ressentir et à ajuster la position de son corps dans l’espace. Une bonne proprioception cervicale permet de maintenir une posture correcte et de réaliser des mouvements précis, tout en prévenant les micro-traumatismes.
- Exercices de contrôle moteur :
- Debout, placez un petit objet (par exemple, un stylo) sur un repère à hauteur des yeux. Rentrez légèrement le menton et, sans bouger les épaules, déplacez lentement la tête dans des directions variées (haut, bas, côtés), en gardant le regard fixe sur le stylo. Cet exercice affine la coordination entre la vision, l’oreille interne et la musculature cervicale.
- Utilisation d’un miroir :
- Réaliser des exercices de flexion, d’extension et de rotation devant un miroir peut aider à corriger les compensations posturales et à renforcer la conscience de sa position réelle.
- Approches globales :
- Des disciplines comme le yoga, le tai-chi ou la méthode Pilates intègrent des exercices qui développent simultanément la souplesse, la force et la proprioception. Elles proposent une approche globale particulièrement bénéfique pour le cou et la colonne vertébrale.
Études Scientifiques et Données Probantes
Recherches sur les relations posture-céphalées
- The association between head and cervical posture and temporomandibular disorders: a systematic review
Auteur : SA Olivo et al.
Cette étude examine systématiquement la relation entre la posture de la tête/cervicale et les troubles temporo-mandibulaires, souvent associés aux céphalées.Lien PDF
- Trigger points in the suboccipital muscles and forward head posture in tension‐type headache
Auteur : C. Fernández‐de‐las‐Peñas et al., 2006
Cette étude explore les points déclencheurs myofasciaux dans les muscles sous-occipitaux et leur lien avec la posture antérieure de la tête, qui peut être une cause de céphalées de type tension.Lien
Efficacité de l’ostéopathie dans le traitement des céphalées cervicogéniques
- Upper crossed syndrome and its relationship to cervicogenic headache
Auteur : MK Moore, 2004
Cette étude met en évidence l’efficacité des traitements manuels tels que l’ostéopathie pour corriger les déséquilibres posturaux, souvent liés aux céphalées cervicogéniques.Lien
- The relationship between head posture and severity and disability of patients with neck pain
Auteur : CHT Yip et al., 2008
Cette étude examine comment la posture de la tête et du cou influence la gravité de la douleur cervicale, fréquemment liée aux céphalées cervicogéniques.Lien PDF
Études sur la correction posturale et la réduction des douleurs cervicales
- Posture and posturology, anatomical and physiological profiles: overview and current state of art
Auteur : F Carini et al., 2017
Une revue complète des profils anatomiques et physiologiques liés à la posture et son impact sur les douleurs cervicales.Lien PDF
- Chronic primary headache subjects have greater forward head posture than asymptomatic and episodic primary headache sufferers: systematic review and meta-analysis
Auteur : I Elizagaray-Garcia, H Beltran-Alacreu et al., 2020
Cette méta-analyse confirme que les patients souffrant de céphalées chroniques primaires présentent une posture antérieure plus marquée de la tête.Lien PDF
- Lower spinal postural variability during laptop-work in subjects with cervicogenic headache compared to healthy controls
Auteur : S Mingels et al., 2021
Cette étude explore les variations posturales de la colonne vertébrale chez les sujets souffrant de céphalées cervicogéniques lors de l’utilisation d’ordinateurs portables.Lien PDF
Conclusion Ouverte : Vers une Vision Globale de la Santé Cervicale
La prise en charge des dysfonctions cervicales va bien au-delà de la simple gestion des douleurs locales. Elle requiert une approche globale qui intègre les dimensions biomécaniques, musculaires, neuro-vasculaires et psycho-émotionnelles, tout en impliquant activement le patient dans son processus de rééducation. Une vision globale de la santé cervicale permet non seulement de traiter les symptômes, mais aussi de prévenir les récidives en abordant les causes profondes des déséquilibres posturaux. Cette approche intégrative repose sur trois piliers essentiels : la pluridisciplinarité, l’engagement du patient et les perspectives d’évolution de la recherche clinique.
9.1
Importance d’une Approche Pluridisciplinaire
La complexité des dysfonctions cervicales nécessite une collaboration étroite entre différents professionnels de la santé pour assurer une prise en charge optimale. L’ostéopathie, bien que très efficace pour restaurer la mobilité articulaire, libérer les tensions musculaires et corriger les déséquilibres posturaux, gagne à être associée à d’autres disciplines pour maximiser les résultats.
Rôle des différents acteurs :
- Médecins généralistes et spécialistes : Pour établir un diagnostic médical précis et exclure les pathologies sous-jacentes graves.
- Kinésithérapeutes/physiothérapeutes : Pour compléter l’approche ostéopathique par des exercices de renforcement musculaire et de proprioception.
- Ergonomes : Pour adapter l’environnement de travail et limiter les contraintes cervicales, notamment chez les personnes passant de longues heures devant un écran.
- Psychologues et spécialistes en gestion du stress : Pour aborder l’aspect psycho-émotionnel, souvent impliqué dans la chronicité des douleurs cervicales.
- Optométristes et podologues : Pour corriger les déséquilibres sensoriels pouvant influencer la posture cervicale.
Bénéfices de la pluridisciplinarité :
- Une approche plus complète, permettant d’agir sur les multiples causes des troubles cervicaux.
- Un suivi personnalisé et adapté aux besoins spécifiques de chaque patient.
- Une meilleure prévention des récidives en agissant sur les facteurs environnementaux, physiologiques et émotionnels.
Perspective : Encourager les échanges et la communication entre les praticiens pour offrir une prise en charge globale et cohérente des patients souffrant de troubles cervicaux.
9.2
Rôle du Patient dans la Gestion de sa Posture et de ses Douleurs
Le succès d’une prise en charge ostéopathique repose en grande partie sur l’implication active du patient dans la gestion de sa posture et de ses douleurs. L’ostéopathe guide le patient, mais ce dernier doit adopter des comportements et des habitudes favorisant la prévention des récidives.
Prise de conscience posturale :
- Sensibiliser le patient à l’importance d’une posture dynamique, en évitant les positions statiques prolongées.
- Encourager des pauses régulières pour relâcher les tensions cervicales, notamment pour les personnes travaillant devant un écran.
Adoption d’exercices adaptés :
- Intégrer des exercices spécifiques de renforcement des muscles profonds cervicaux (longus colli et longus capitis).
- Pratiquer des auto-étirements pour relâcher les muscles hypertoniques (trapèzes, SCOM, sous-occipitaux).
- Travailler la proprioception cervicale pour améliorer l’équilibre postural et prévenir les déséquilibres.
Gestion du stress et des tensions émotionnelles :
- Encourager des techniques de relaxation (respiration, méditation, yoga) pour réduire la tension musculaire liée au stress.
- Sensibiliser à l’impact des émotions sur la posture cervicale, notamment dans les situations de stress prolongé.
Éducation continue :
- Fournir des conseils pratiques sur l’ergonomie au travail et à la maison.
- Responsabiliser le patient en le rendant acteur de sa propre santé cervicale.
Perspective : Impliquer le patient dans un processus d’apprentissage continu pour maintenir une posture équilibrée et éviter les récidives à long terme.
9.3
Perspectives Futures pour la Recherche et la Pratique Clinique
La recherche dans le domaine des dysfonctions cervicales et de leur prise en charge continue de progresser, ouvrant de nouvelles perspectives pour affiner les approches cliniques et améliorer les résultats thérapeutiques.
Recherche sur la biomécanique cervicale :
- Études approfondies sur l’impact des modifications posturales et des déséquilibres musculaires sur la dynamique cervicale.
- Exploration des interactions entre la posture cervicale, les céphalées et les troubles de l’équilibre.
Efficacité des approches ostéopathiques :
- Validation scientifique des techniques ostéopathiques utilisées pour corriger les dysfonctions cervicales.
- Études comparatives pour évaluer les bénéfices de l’ostéopathie en combinaison avec d’autres approches thérapeutiques.
Intégration des nouvelles technologies :
- Utilisation de la modélisation 3D et de la réalité virtuelle pour mieux comprendre les schémas posturaux et améliorer les protocoles de rééducation.
- Développement d’outils numériques pour accompagner le patient dans son suivi postural à domicile.
Prise en compte de la dimension psycho-émotionnelle :
- Recherche sur l’impact des émotions et du stress sur la posture cervicale et l’apparition des douleurs chroniques.
- Approfondissement des liens entre dysfonctions cervicales, système nerveux autonome et état psycho-émotionnel.
Perspective : Intégrer les avancées scientifiques et technologiques dans la pratique ostéopathique pour offrir des solutions personnalisées et plus efficaces aux patients.
Références
- « Postures cranio-cervicales, DTM et cervicalgies posturales »
- Résumé : Cet article explore les impacts articulaires et musculaires liés aux modifications de la posture cranio-cervicale, ainsi que le rôle des kinésithérapeutes et des occlusodontistes dans la prise en charge des cervicalgies posturales.
Lien : ScienceDirect
- « Migraine et proprioception du rachis cervical »
- « Biomécanique du rachis cervical & whiplash »
- Résumé : Cet article présente une analyse approfondie de la biomécanique du rachis cervical, en particulier dans le contexte du coup du lapin (whiplash), et discute des implications pour la compréhension des mécanismes lésionnels.
-
Lien : ResearchGate+1Theses.fr+1
- « Analyse ergonomique semi-quantitative des contraintes biomécaniques associées aux cervicalgies parmi les opérateurs sur écran »
- « Influence des courbures rachidiennes sur la biomécanique du rachis cervical »
- Résumé : Cette thèse examine comment les courbures rachidiennes influencent la biomécanique du rachis cervical, en mettant en évidence des modifications significatives des variables biomécaniques liées à la posture.
Lien : Thèses en ligne
- « Comportement mécanique du rachis cervical : une revue de littérature »
- Résumé : Cette revue de littérature synthétise les connaissances actuelles sur le comportement mécanique du rachis cervical, en abordant notamment la diminution de la mobilité articulaire avec l’âge.
-
Lien : ScienceDirect
- « Étude biomécanique des mécanismes lésionnels et des blessures du rachis cervical lors d’impacts dynamiques »
- « Biomécanique du rachis cervical et implications en rééducation »
- « Étude cinématique tridimensionnelle du rachis cervical : comparaison entre sujets asymptomatiques et pathologiques »
- Résumé : Cette thèse propose une étude cinématique tridimensionnelle du rachis cervical, comparant les mouvements entre des sujets asymptomatiques et ceux présentant des pathologies cervicales.
Lien : Thèses en ligne+1Theses.fr+1
Biomécanique du Rachis Cervical et Troubles Associés
- « The Biomechanics of Cervical Spine in Whiplash Injury »
- Résumé : Cette étude explore les mécanismes biomécaniques du rachis cervical lors d’un coup du lapin (whiplash) et met en évidence les contraintes exercées sur les structures ligamentaires et musculaires.
Lien : PubMed
- « Kinematics and Instability of the Cervical Spine After Injury »
- Résumé : Étude cinématique sur la mobilité cervicale après un traumatisme cervical, analysant les modifications mécaniques et les risques d’instabilité post-lésionnelle.
Lien : ScienceDirect
- « Relationship Between Forward Head Posture and Neck Pain: A Systematic Review »
- Résumé : Revue systématique analysant les effets de la posture de la tête en avant sur les douleurs cervicales et les adaptations posturales.
Lien : PubMed
- « Cervicogenic Headache and Its Relation to Cervical Biomechanics »
- Résumé : Cet article explore la relation entre les céphalées cervicogéniques et les dysfonctionnements biomécaniques cervicaux, avec un accent sur la mobilité segmentaire.
Lien : Wiley Online Library
- « Posture, Proprioception and Pain: Impact of Neck Disorders on Postural Control »
- Résumé : Analyse des troubles proprioceptifs associés aux dysfonctions cervicales et de leur impact sur le contrôle postural et les douleurs.
Lien : SpringerLink
Ergonomie et Adaptations Posturales
- « Ergonomics and Neck Pain: The Role of Workplace Adaptations »
- Résumé : Étude sur les adaptations ergonomiques pour prévenir les douleurs cervicales chez les travailleurs sédentaires, avec une analyse des postures prolongées et des positions de la tête.
Lien : ScienceDirect
- « The Effect of Workstation Ergonomics on Cervical Spine Biomechanics »
- Résumé : Cet article analyse l’impact de l’ergonomie du poste de travail sur la biomécanique cervicale et les douleurs chroniques associées.
Lien : PubMed
- « Influence of Head and Neck Posture on Muscle Activity During Computer Use »
- Résumé : Étude électromyographique sur l’activité musculaire cervicale en fonction des postures adoptées lors de l’utilisation d’un ordinateur.
Lien : PubMed
Céphalées Cervicogéniques et Dysfonctions Cervicales
- « Cervicogenic Headache: An Update on Diagnosis and Management »
- Résumé : Mise à jour sur les critères diagnostiques et les options thérapeutiques pour les céphalées cervicogéniques, avec un accent sur les techniques manuelles et les approches ostéopathiques.
Lien : PubMed
- « Manual Therapy and Exercise in the Management of Cervicogenic Headache: A Systematic Review »
- Résumé : Revue systématique évaluant l’efficacité des thérapies manuelles et des exercices dans la gestion des céphalées cervicogéniques.
Lien : Wiley Online Library
Perspectives de Recherche et Nouvelles Technologies
- « Advances in 3D Motion Analysis of Cervical Spine Kinematics »
- Résumé : Étude sur l’utilisation de la modélisation 3D pour analyser les mouvements du rachis cervical et améliorer la compréhension des dysfonctions biomécaniques.
Lien : SpringerLink
- « Impact of Virtual Reality on Cervical Posture and Proprioception »
- Résumé : Analyse des effets de la réalité virtuelle sur la posture cervicale et la perception proprioceptive, avec des implications pour la rééducation.
Lien : ScienceDirect