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Tendinite du Psoas : Une Douleur Profonde à Décoder

La tendinite du psoas, aussi appelée tendinopathie du psoas, est une cause fréquente mais souvent méconnue de douleur à l’aine et à l’avant de la hanche. Elle survient lorsque le tendon du muscle psoas — un fléchisseur majeur de la hanche reliant la colonne lombaire au fémur — devient irrité ou sursollicité. La douleur apparaît généralement lors des mouvements impliquant la flexion de la hanche, comme marcher, monter les escaliers, courir ou se lever d’une chaise. Cette affection touche particulièrement les sportifs pratiquant la course, la danse ou le cyclisme, mais elle peut aussi apparaître chez les personnes sédentaires en raison d’une position assise prolongée. Souvent confondue avec d’autres troubles de la hanche ou du bas du dos, la tendinite du psoas nécessite une évaluation clinique attentive afin d’orienter un traitement adapté et prévenir les récidives.

Le Psoas : Un Muscle Central et Méconnu

Le muscle psoas est l’un des muscles les plus profonds et les plus importants de la région lombo-pelvienne. Reliant directement la colonne lombaire au fémur, il joue un rôle essentiel dans la flexion de la hanche, la posture et la stabilité du tronc. En raison de sa position centrale dans la biomécanique du corps, toute dysfonction du psoas peut influencer la marche, l’équilibre et la coordination des mouvements.

Origine du psoas

Le psoas majeur prend son origine sur les faces latérales des corps vertébraux, des disques intervertébraux et des processus transverses des vertèbres T12 à L5. Cette origine lombaire profonde explique pourquoi ce muscle est étroitement lié à la mécanique de la colonne vertébrale et à la stabilité du tronc.

Chez environ 50 % de la population, on observe également la présence d’un psoas mineur, muscle inconstant qui prend naissance sur les vertèbres lombaires supérieures et se termine sur l’arcade ilio-pectinée. Contrairement au psoas majeur, il ne traverse généralement pas l’articulation de la hanche et son rôle fonctionnel reste limité.

Trajet et insertion

À partir de la région lombaire, le psoas majeur descend profondément dans la cavité abdominale en longeant la colonne vertébrale. Il traverse ensuite la région pelvienne, passe en avant de l’articulation de la hanche et se dirige vers le fémur.

Son tendon s’insère finalement sur le petit trochanter du fémur. Cette insertion permet au muscle de produire un mouvement puissant de flexion de la hanche, indispensable pour lever la jambe, marcher, courir ou monter des escaliers.

Le complexe ilio-psoas

Le psoas agit en étroite collaboration avec le muscle iliaque, situé sur la face interne de l’os iliaque. Ensemble, ces deux muscles forment l’ilio-psoas, considéré comme le principal fléchisseur de la hanche.

Lorsque l’ilio-psoas se contracte, il rapproche la cuisse du tronc et contribue à la propulsion du corps lors de la marche ou de la course. Cette synergie musculaire joue un rôle essentiel dans la locomotion humaine.

Fonction biomécanique

Le psoas ne se limite pas à la flexion de la hanche. En raison de ses attaches lombaires profondes, il participe également à plusieurs fonctions essentielles :

  • flexion de la hanche
  • stabilisation de la colonne lombaire
  • maintien de la posture debout
  • transmission des forces entre le tronc et les membres inférieurs

Lors de la marche ou du maintien debout, le psoas travaille en synergie avec les muscles abdominaux, les paravertébraux et les muscles fessiers afin de répartir les forces mécaniques qui s’exercent sur la colonne et le bassin.

Un aspect souvent méconnu de l’anatomie du psoas est sa relation étroite avec le plexus lombaire, réseau nerveux qui se forme en partie dans l’épaisseur même du muscle. Plusieurs nerfs importants destinés au membre inférieur émergent de cette région.

Cette proximité anatomique explique pourquoi certaines tensions ou dysfonctions du psoas peuvent être associées à des douleurs irradiant vers l’aine, la cuisse ou la région lombaire.

Atrribution–BodyParts3D/Anatomography-Wikimedia Commons

En raison de sa position stratégique entre la colonne vertébrale et les membres inférieurs, le psoas agit comme un véritable pont biomécanique. Il participe à la coordination des mouvements du bassin, du tronc et des jambes, permettant un déplacement fluide et efficace.

Cette fonction centrale rend le psoas particulièrement sensible aux déséquilibres posturaux et aux surcharges mécaniques. Une faiblesse des muscles stabilisateurs du tronc, une posture assise prolongée ou des contraintes répétées sur la hanche peuvent progressivement augmenter les tensions exercées sur ce muscle et sur son tendon.

Comprendre l’anatomie et le rôle fonctionnel du psoas constitue donc une étape essentielle pour identifier les mécanismes à l’origine de certaines douleurs de hanche, d’aine ou du bas du dos, notamment dans le contexte d’une tendinite du psoas.

Localisation typique de la douleur

  • Douleur profonde à l’aine
  • Gêne à l’avant de la hanche
  • Irradiation possible vers la cuisse
  • Parfois douleur associée au bas du dos

Pourquoi le Psoas S’enflamme : Origines de la Tendinite

La tendinite du psoas est l’une de ces pathologies insidieuses qui s’installent souvent sans prévenir, à la croisée d’un excès de sollicitations, d’une posture déséquilibrée et de tensions chroniques mal compensées. Pour comprendre pourquoi ce muscle profond s’enflamme, il est essentiel d’explorer les multiples causes mécaniques, fonctionnelles et parfois même structurelles qui favorisent l’apparition de cette tendinopathie.

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Surutilisation et microtraumatismes répétés

La cause la plus fréquente de tendinite du psoas est la surutilisation du muscle. Cela concerne particulièrement les sportifs pratiquant des activités où la flexion répétée de la hanche est centrale : course à pied, danse, cyclisme, football, arts martiaux, ou encore gymnastique. À chaque mouvement de levée de jambe, le tendon du psoas frotte contre les structures environnantes, subissant des microtraumatismes. Ces petites lésions, lorsqu’elles s’accumulent sans repos suffisant, déclenchent une réponse inflammatoire.

Ce phénomène est aggravé par l’absence d’un échauffement adéquat, une mauvaise récupération, ou encore des surfaces d’entraînement inadaptées. Il ne s’agit pas nécessairement d’un mouvement violent, mais plutôt d’un excès de sollicitation dans la durée.

Déséquilibres musculaires

Un autre facteur central dans l’apparition de cette tendinite est le déséquilibre musculaire. Le psoas travaille en synergie avec les muscles abdominaux, les fessiers et les paravertébraux. Si certains de ces muscles sont faibles, inactifs ou hypertoniques, le psoas est contraint de compenser, ce qui entraîne une surcharge fonctionnelle.

Par exemple :

  • Des fessiers faibles (notamment le grand fessier) peuvent entraîner une compensation par le psoas pour stabiliser le bassin.
  • Des abdominaux hypotoniques laissent la colonne lombaire instable, forçant le psoas à intervenir davantage pour maintenir la posture.
  • Des ischio-jambiers trop tendus peuvent perturber la mécanique pelvienne et augmenter le stress sur le psoas.

Ce déséquilibre entre agonistes et antagonistes crée des tensions parasites qui, à long terme, irritent le tendon.

Posture sédentaire prolongée

Les personnes peu actives ne sont pas à l’abri. Une posture assise prolongée maintient le psoas en position raccourcie pendant de longues périodes. Or, un muscle constamment raccourci perd en élasticité, en vascularisation et devient plus rigide. Lorsqu’il est à nouveau sollicité (se lever brusquement, courir, jardiner…), il peut s’irriter rapidement. Ce phénomène est fréquent chez les travailleurs de bureau, les conducteurs ou toute personne restant assise de manière prolongée sans pauses actives.

Traumatisme direct

Bien que plus rare, un traumatisme direct sur la région de l’aine ou de l’abdomen peut provoquer une lésion du tendon du psoas. Cela peut se produire à la suite d’une chute, d’un coup, ou lors d’un effort excessif mal maîtrisé. La lésion tissulaire engendre alors une inflammation locale et une douleur vive, souvent brutale dans son apparition.

Facteurs anatomiques et biomécaniques

Certaines variations anatomiques peuvent prédisposer à la tendinite du psoas. Par exemple :

  • Une insertion plus basse ou plus large du muscle.
  • Un axe de hanche particulier créant plus de frottements.
  • Des anomalies posturales comme une hyperlordose lombaire, qui augmente la tension passive du psoas.

Les troubles de la démarche, les désalignements du bassin ou des pieds, et la rotation interne excessive de la hanche sont autant de paramètres biomécaniques pouvant contribuer à une surcharge chronique du tendon.

Mauvaise technique de mouvement

Une exécution incorrecte de certains mouvements — squats, relevés de jambes, abdominaux classiques, sauts — peut entraîner une sollicitation exagérée du psoas. Cela est encore plus vrai si ces mouvements sont répétés avec charge, vitesse ou sans supervision. Le manque de contrôle du geste ou une mauvaise posture pendant l’exercice favorisent la microtraumatisation.

Activités, Postures et Autres Facteurs de Risque

La tendinite du psoas ne résulte pas d’un seul facteur isolé. Elle s’inscrit souvent dans un contexte multifactoriel où se croisent sollicitations sportives, habitudes posturales, condition physique et facteurs individuels. Comprendre ces facteurs de risque est essentiel pour prévenir l’apparition de la tendinite et anticiper les récidives. Certains éléments sont modifiables — comme les habitudes de mouvement ou l’hygiène de vie — tandis que d’autres, comme l’anatomie individuelle, nécessitent une adaptation personnalisée.

Les sports qui impliquent des flexions répétées de la hanche mettent le psoas à rude épreuve. C’est notamment le cas de la course à pied, du football, du cyclisme, de la danse classique ou encore des sports de combat. Ces disciplines sollicitent intensément le muscle psoas, parfois des centaines de fois par session. Cette répétition, si elle n’est pas compensée par un bon échauffement, un renforcement équilibré et une récupération adéquate, crée un terrain propice à l’apparition d’une tendinite.

Les sports de saut, comme le basketball, le volleyball ou l’athlétisme (haies, saut en hauteur), sont également à risque, car la phase d’impulsion et d’atterrissage demande une contraction puissante du psoas pour stabiliser la hanche.

À l’opposé des sportifs, les personnes sédentaires peuvent aussi développer une tendinite du psoas. En position assise prolongée (bureau, voiture, canapé), le psoas reste en position raccourcie de manière chronique. Cette situation l’affaiblit, le raidit et le rend vulnérable à toute sollicitation soudaine. De plus, une mauvaise posture assise, avec bassin rétroversé, dos voûté ou jambes croisées, accentue encore la pression sur ce muscle profond.

Les professions qui imposent des postures statiques ou asymétriques prolongées (chauffeurs, secrétaires, programmeurs) sont donc particulièrement exposées.

Le corps fonctionne en chaînes musculaires. Lorsqu’un maillon est déficient, un autre compense. C’est souvent ce qui arrive avec le psoas.

  • Des fessiers affaiblis obligent le psoas à se substituer dans la stabilisation du bassin.
  • Des abdominaux hypotoniques augmentent l’instabilité lombaire, ce qui sollicite davantage le psoas.
  • Des ischio-jambiers hypertoniques ou des quadriceps sous-actifs peuvent perturber la mécanique de hanche, générant des compensations chroniques.

Ce déséquilibre crée une surcharge fonctionnelle sur le tendon du psoas, favorisant son inflammation.

Les mouvements mal exécutés, notamment lors d’exercices de musculation (relevés de jambes, crunchs, squats, fentes), peuvent accentuer la tension sur le psoas. L’absence de contrôle du tronc, une mauvaise stabilisation lombaire ou une exécution trop rapide fragilisent ce tendon.

Les étirements forcés ou inadaptés peuvent aussi irriter le muscle, surtout s’ils sont pratiqués sans conscience corporelle ni progressivité. Cela souligne l’importance d’un encadrement professionnel, en particulier lors de la reprise d’activités.

Certains individus présentent des caractéristiques anatomiques qui augmentent la prédisposition à la tendinite du psoas :

  • Hyperlordose lombaire naturelle.
  • Inégalité de longueur des membres inférieurs.
  • Hanches en rotation interne excessive.
  • Antéversion pelvienne marquée.

Ces facteurs, bien qu’inhérents à la personne, peuvent être compensés par une approche thérapeutique adaptée : renforcement ciblé, assouplissement global, et correction posturale personnalisée.

Le stress chronique peut avoir une influence indirecte mais réelle sur la santé musculaire. Il favorise une tension musculaire généralisée, notamment dans les muscles profonds tels que le psoas. Ce phénomène, parfois nommé « psoas émotionnel », peut entretenir une contraction de fond qui fragilise le tendon à l’effort.

Le vieillissement est également un facteur de risque. Avec l’âge, les tendons perdent en élasticité, en hydratation et en capacité de régénération. Cela rend les tissus plus sensibles à l’irritation, surtout en cas de mouvements brusques ou mal adaptés.

Enfin, une condition physique générale faible, caractérisée par un manque de mobilité, une faiblesse musculaire généralisée ou une inactivité prolongée, augmente le risque de blessure à la moindre sollicitation.

Reconnaître les Signes d’une Tendinite du Psoas

Les symptômes de la tendinite du psoas peuvent varier en intensité et en manifestation, mais ils partagent souvent des caractéristiques communes qui signalent une inflammation du muscle psoas majeur. Cette condition, caractérisée par une douleur dans la région de l’aine ou du haut de la cuisse, peut avoir un impact significatif sur la mobilité et la qualité de vie des individus affectés.

La douleur constitue le symptôme le plus fréquent de la tendinite du psoas. Elle est généralement ressentie dans la région antérieure de l’aine, irradiant parfois vers le haut de la cuisse. La douleur peut être aiguë, lancinante ou sourde, en fonction de la gravité de l’inflammation. Les mouvements qui impliquent la flexion de la hanche, comme lever le genou, peuvent déclencher ou aggraver la douleur.

Une raideur ou une restriction de la mobilité de la hanche est un symptôme courant de la tendinite du psoas. Les individus peuvent ressentir une difficulté à effectuer des mouvements de flexion ou à soulever la jambe, ce qui peut limiter leur amplitude de mouvement.

La tendresse à la palpation dans la région de l’aine est un indicateur fréquent de l’inflammation du psoas. Lorsqu’un professionnel de la santé applique une pression légère sur la zone affectée, le patient peut ressentir de la sensibilité ou de l’inconfort, confirmant ainsi la présence de la tendinite.

Des clics ou des crépitements peuvent parfois accompagner la tendinite du psoas. Ces sons, connus sous le nom de crépitations, résultent souvent du frottement des tendons ou des structures environnantes lors des mouvements de la hanche. Bien que non spécifiques à la tendinite du psoas, ces bruits peuvent être observés chez certains individus atteints de cette condition.

La douleur associée à la tendinite du psoas peut affecter les activités quotidiennes, notamment la marche, la montée d’escaliers et d’autres mouvements de la hanche. Certains individus ressentent également une douleur accrue pendant la nuit, ce qui peut perturber leur sommeil.

Les symptômes de la tendinite du psoas peuvent varier d’une personne à l’autre, mais ils sont généralement liés à la douleur et à l’inconfort dans la région de l’aine et de la hanche. Voici quelques-uns des symptômes courants associés à la tendinite du psoas :

  1. Douleur à l’aine : La douleur est généralement ressentie profondément dans la région de l’aine du côté affecté. Elle peut être sourde, lancinante ou aiguë.
  2. Douleur irradiant vers la cuisse : La douleur peut s’étendre vers le haut de la cuisse, suivant la trajectoire du muscle psoas.
  3. Douleur lors de la flexion de la hanche : La douleur est souvent aggravée lors d’activités qui sollicitent le muscle psoas, comme la flexion de la hanche. Cela peut inclure la marche, la course, la montée d’escaliers ou le lever de genou.
  4. Sensibilité au toucher : La zone autour du tendon du psoas peut être sensible au toucher.
  5. Gonflement localisé : Il peut y avoir une légère enflure dans la région de l’aine.
  6. Raideur musculaire : Une sensation de raideur ou de tension dans la région de l’aine et de la hanche.
  7. Aggravation pendant ou après l’activité : La douleur peut s’aggraver pendant ou après des activités qui mettent une pression sur le muscle psoas.

Comment Diagnostiquer une Tendinite du Psoas ?

Voici quelques tests orthopédiques couramment utilisés pour évaluer cette condition, ainsi que des instructions sur la façon de les réaliser :

  1. Test de flexion résistée de la hanche :
    • Le patient est allongé sur le dos avec les jambes étendues.
    • Le praticien demande au patient de lever une jambe tendue vers le haut contre la résistance du praticien.
    • Une douleur accrue dans la région de l’aine ou une faiblesse apparente peut indiquer une tendinite du psoas.
  2. Test de Thomas modifié :
    • Le patient se couche sur le dos à l’extrémité d’une table avec les deux jambes pendantes au bord.
    • Le patient ramène un genou vers la poitrine tandis que l’autre jambe reste pendante.
    • Si le genou de la jambe pendante se lève involontairement ou si le dos se cambré, cela peut indiquer un raccourcissement du psoas ou une tension excessive.
  3. Test de Thomas traditionnel :
    • Le patient se couche sur une table avec les deux jambes étendues.
    • Le patient ramène un genou vers la poitrine et le maintient à la poitrine.
    • Si l’autre jambe fléchit involontairement au niveau du genou ou si le bas du dos se soulève de la table, cela peut indiquer une tension excessive du psoas.
  4. Test de résistance à la flexion de la hanche en décubitus dorsal :
    • Le patient est allongé sur le dos avec les jambes étendues.
    • Le praticien applique une résistance sur la face antérieure du genou du patient alors que celui-ci essaie de fléchir la hanche contre la résistance.
    • Une douleur accrue dans la région de l’aine peut indiquer une tendinite du psoas.
  5. Test de Craig modifié :
    • Le patient est en position couchée, avec le praticien en train de fléchir et de tourner la hanche affectée.
    • Le praticien sent l’angle formé par le grand trochanter du fémur à mesure qu’il tourne la hanche.
    • Un angle anormalement petit peut indiquer une rotation interne excessive, ce qui peut être associé à une tension excessive du psoas.

La douleur à l’aine et à l’avant de la hanche n’est pas spécifique du psoas. Avant de conclure à une tendinite (ou tendinopathie) du psoas, il faut envisager d’autres causes fréquentes, parfois plus urgentes, qui donnent une douleur très similaire. L’objectif n’est pas d’inquiéter, mais d’orienter correctement l’examen clinique.

1) Bursite ilio-pectinée (bursite de l’iliopsoas)

Souvent confondue avec la tendinite du psoas, car la bourse est juste à proximité du tendon.
Indices : douleur antérieure de hanche, parfois sensation de “gonflement profond”, gêne à l’extension de hanche, douleur augmentée après effort ou marche prolongée.

2) Conflit fémoro-acétabulaire (FAI) + lésion du labrum

Très fréquent chez les sportifs et parfois chez les personnes actives sans traumatisme net.
Indices : douleur à l’aine déclenchée par flexion/rotation interne (s’asseoir bas, sortir de voiture, squats), raideur de hanche, douleur “mécanique” en fin d’amplitude, parfois claquement.

3) Arthrose de hanche (coxarthrose précoce ou installée)

Peut donner une douleur d’aine qui ressemble à une tendinite.
Indices : douleur à la marche, limitation progressive de la rotation interne, raideur matinale courte, gêne pour mettre ses bas/chaussures.

4) Pubalgie / atteinte des adducteurs (tendinopathie adducteurs, long adducteur)

Le carrefour pubien est un grand piège diagnostique.
Indices : douleur plus médiale (pubis/adducteurs), douleur aux changements de direction, aux accélérations, aux kicks, sensibilité sur le pubis ou l’origine des adducteurs.

5) Hernie inguinale / douleur pariétale abdominale

Parfois ressentie comme une douleur d’aine “profonde”.
Indices : gêne augmentée à l’effort, toux, port de charge; parfois masse ou pesanteur inguinale.

6) Atteinte lombaire haute (L1–L3) ou radiculopathie

Une irritation lombaire peut référer vers l’aine et l’avant de cuisse.
Indices : douleur associée au dos, paresthésies, douleur influencée par la posture lombaire (flexion/extension), douleur plus “neurogène” (brûlure, décharges).

7) Atteinte de la sacro-iliaque / douleur lombo-pelvienne référée

Peut simuler une douleur antérieure de hanche chez certains profils.
Indices : douleur fluctuante, liée à la station debout prolongée, asymétrie pelvienne, douleur associée à la fesse ou au bas du dos.

8) Fracture de fatigue du col fémoral (urgence relative chez sportifs)

Rare mais important à ne pas manquer.
Indices : douleur d’aine progressive à l’effort, qui devient douleur à la marche puis parfois au repos, douleur nocturne possible, douleur chez coureurs (augmentation récente de charge).

9) Pathologies inflammatoires ou infectieuses (plus rares mais à dépister)

Indices : fièvre, altération de l’état général, douleur inflammatoire (nuit + raideur matinale longue), douleur disproportionnée, antécédents récents d’infection, immunodépression.

Bien que la tendinite du psoas soit généralement une affection bénigne liée à une surcharge mécanique, certaines douleurs de l’aine peuvent signaler un problème plus sérieux nécessitant une évaluation médicale rapide. Reconnaître ces signes d’alerte, appelés « drapeaux rouges », est essentiel pour éviter de retarder un diagnostic important.

Une douleur d’aine soudaine et très intense accompagnée d’une incapacité à appuyer sur la jambe doit toujours attirer l’attention. Ce type de douleur peut évoquer une blessure plus grave, comme une fracture du col fémoral, une déchirure musculaire importante ou une atteinte articulaire aiguë. Lorsque la mise en charge devient impossible ou extrêmement douloureuse, il est prudent de consulter rapidement.

Un autre signe préoccupant est une douleur qui progresse rapidement malgré le repos. Une tendinite classique a tendance à s’améliorer lorsque l’activité est réduite. Si la douleur augmente au contraire jour après jour, cela peut indiquer une pathologie différente, comme une lésion osseuse, une inflammation plus profonde ou une atteinte articulaire.

La présence de fièvre, de frissons ou d’un malaise général constitue également un signal important. Ces symptômes peuvent suggérer une infection ou une inflammation systémique nécessitant une prise en charge médicale.

Une douleur nocturne persistante, qui réveille la personne sans raison apparente, doit aussi être prise au sérieux. Ce type de douleur est atypique pour une simple tendinite mécanique.

Enfin, chez les sportifs, une douleur d’aine qui augmente progressivement à l’effort peut faire suspecter une fracture de fatigue du col fémoral. Cette situation exige une évaluation médicale rapide afin d’éviter une aggravation de la lésion.

Conseils Clés pour Soulager et Prévenir la Tendinite

  1. Repos : Évitez les activités qui exacerbent la douleur. Le repos permet au tendon du psoas de récupérer.
  2. Application de glace : Appliquez de la glace sur la zone douloureuse pendant 15 à 20 minutes toutes les quelques heures au cours des premiers jours pour réduire l’inflammation.
  3. Étirements réguliers : Intégrez des étirements doux dans votre routine quotidienne pour améliorer la flexibilité du psoas.
  4. Modification des activités : Évitez les activités qui pourraient aggraver la tendinite du psoas, comme les mouvements répétitifs ou les charges lourdes.
  5. Ergonomie : Assurez-vous que votre posture et votre ergonomie au travail et à la maison ne contribuent pas à la tension sur le psoas.
  6. Gestion du stress : Le stress peut influencer la tension musculaire. Considérez des techniques de gestion du stress, telles que la méditation ou la relaxation.
  7. Chaussures appropriées : Choisissez des chaussures confortables et bien ajustées pour éviter toute perturbation de la posture et de la marche.
  8. Maintien d’un poids santé : Si nécessaire, travaillez avec votre médecin pour maintenir un poids santé, car l’excès de poids peut aggraver la tension sur le psoas.

Étirements et Renforcement

Les exercices et les étirements ci-dessous peuvent être envisagés, mais ils ne doivent pas être effectués sans la supervision ou l’approbation d’un professionnel de la santé.

1. Étirement du psoas :

  • À genoux sur un genou avec l’autre jambe pliée à 90 degrés devant vous.
  • Inclinez votre bassin vers l’avant en gardant le dos droit jusqu’à ressentir un étirement dans la région du psoas.
  • Maintenez la position pendant 15 à 30 secondes et répétez de l’autre côté.

2. Étirement du quadriceps :

  • En position debout, pliez une jambe et attrapez votre cheville avec la main du même côté.
  • Amenez votre talon vers votre fesse jusqu’à ressentir un étirement dans le devant de la cuisse.
  • Maintenez la position pendant 15 à 30 secondes et répétez de l’autre côté.

3. Étirement de la hanche :

  • Allongez-vous sur le dos avec les genoux pliés.
  • Croisez une cheville sur l’autre genou, formant une figure 4 avec vos jambes.
  • Tirez doucement la jambe croisée vers votre poitrine jusqu’à ressentir un étirement dans la hanche.
  • Maintenez la position pendant 15 à 30 secondes et répétez de l’autre côté.

4. Étirement du piriforme :

  • Assis sur le sol, croisez une jambe sur l’autre.
  • Placez le coude opposé à la jambe croisée contre le genou, puis tournez doucement vers l’arrière.
  • Maintenez la position pendant 15 à 30 secondes et répétez de l’autre côté.

5. Exercice de renforcement abdominal :

  • Effectuez des exercices d’abdominaux tels que les planches et les relevés de jambes contrôlés pour renforcer les muscles abdominaux et stabiliser la région lombaire.

6. Exercice de levée de genou allongé :

  • Allongez-vous sur le dos, pliez les genoux et soulevez un genou vers la poitrine.
  • Maintenez la position pendant quelques secondes, puis abaissez lentement la jambe.
  • Répétez avec l’autre jambe.

Il est crucial de commencer lentement, d’éviter tout mouvement douloureux et de progresser graduellement. Si vous ressentez une douleur accrue pendant ou après l’exercice, arrêtez immédiatement et consultez un professionnel de la santé.

L’Approche Ostéopathique : Douceur et Précision pour le Psoas

Lorsque la tendinite du psoas s’installe, elle perturbe non seulement la mobilité de la hanche, mais aussi l’équilibre global du bassin, de la colonne lombaire et parfois même de la posture dans son ensemble. C’est là que l’ostéopathie trouve toute sa pertinence. Grâce à une approche globale, douce et précise, elle vise à soulager la douleur, à restaurer les équilibres mécaniques et à prévenir les récidives.

L’ostéopathie ne se limite pas à traiter un muscle isolé. Elle considère le corps comme une unité fonctionnelle où chaque structure — os, muscles, fascias, articulations, viscères — interagit avec les autres. Dans le cas de la tendinite du psoas, il est donc indispensable d’analyser bien plus que le seul tendon douloureux.

Le psoas étant un muscle profond, situé au carrefour de la colonne vertébrale, du bassin et du fémur, il est influencé par des tensions venues de multiples structures :

  • Une perte de mobilité lombaire peut provoquer une compensation excessive du psoas.
  • Une asymétrie pelvienne (bascule, rotation, antéversion) modifie la tension exercée sur le muscle.
  • Des adhérences viscérales (notamment au niveau du rein ou du côlon) peuvent perturber la glisse du psoas dans sa loge anatomique.
  • Une compensation posturale chronique, due à un déséquilibre distant (cheville, genou, épaules), peut indirectement augmenter la charge sur le psoas.

L’ostéopathe prend donc en compte ces interrelations pour identifier la cause profonde de la tendinite, et non seulement ses manifestations.

Plusieurs techniques peuvent être utilisées en ostéopathie pour détendre, relâcher ou rééquilibrer le psoas. Elles sont toujours non invasives, respectueuses des tissus et adaptées à la phase évolutive de la tendinite.

1. Libération myofasciale

Le psoas est entouré de fascias, ces fines membranes conjonctives qui enveloppent les muscles et permettent leur glissement. Lorsque le fascia du psoas est rigide, inflammé ou adhérent, cela entrave son bon fonctionnement.

L’ostéopathe peut appliquer une pression douce et maintenue pour favoriser la libération de ces tissus et restaurer leur élasticité. Cette technique agit en profondeur, sans douleur, et offre un soulagement progressif.

2. Énergie musculaire (MET)

Cette méthode consiste à demander au patient de contracter doucement son psoas contre une résistance manuelle, suivie d’un relâchement actif. Cette alternance contraction/relâchement induit un allongement réflexe du muscle et une amélioration de sa fonction.

L’avantage de cette technique est qu’elle sollicite la participation du patient, ce qui augmente l’efficacité et respecte les limites physiologiques du muscle.

3. Étirement passif ciblé

L’ostéopathe peut guider le patient dans un étirement spécifique du psoas, en tenant compte de ses limitations et de la présence de douleur. L’objectif est d’améliorer la longueur musculaire sans créer de microtraumatismes supplémentaires.

4. Techniques viscérales

Lorsque des tensions viscérales perturbent le plan profond où se loge le psoas, l’ostéopathe peut utiliser des techniques de relâchement des organes adjacents (rein, intestin, uretère). Cela favorise la détente locale, diminue les frictions et améliore la vascularisation.

5. Correction articulaire douce

Si des restrictions de mobilité sont identifiées au niveau des articulations sacro-iliaques, lombaires ou de la hanche, l’ostéopathe peut les corriger à l’aide de mobilisations douces. Ces gestes visent à réharmoniser les axes de mouvement et à soulager indirectement le tendon sursollicité.

Au-delà du soin manuel, l’ostéopathe joue un rôle de conseiller en mouvement et en hygiène posturale. Il peut guider le patient sur :

  • L’aménagement de son poste de travail pour réduire les tensions en position assise.
  • Des exercices d’auto-étirement ou de renforcement, adaptés à son profil.
  • Le rythme de reprise des activités sportives ou professionnelles.
  • L’importance de la respiration abdominale et de la gestion du stress, qui influent sur la tonicité des muscles profonds.

Le traitement ostéopathique respecte le temps biologique de guérison. Il ne s’agit pas de forcer l’amélioration, mais de créer les conditions pour que le corps retrouve son équilibre. Cela implique parfois plusieurs séances espacées, intégrant à chaque étape les évolutions du patient.

Récupération Active : Du Repos au Retour Progressif

  1. Repos :
    • Accordez à votre corps le temps de se reposer et de récupérer. Évitez les activités qui exacerbent la douleur ou la tension dans la région du psoas.
  2. Réduction des activités à impact élevé :
    • Évitez les activités à impact élevé, comme la course ou les sauts, qui pourraient aggraver la tendinite du psoas pendant la phase de récupération initiale.
  1. Application de glace :
    • Appliquez de la glace sur la région de l’aine pendant 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour pour réduire l’inflammation et soulager la douleur.
  2. Anti-inflammatoires :
    • Si nécessaire, prenez des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) selon les recommandations de votre médecin pour réduire l’inflammation et soulager la douleur.
  1. Thérapie physique :
    • Consultez un physiothérapeute pour des séances de thérapie physique visant à renforcer les muscles environnants, améliorer la flexibilité et restaurer la fonction normale du psoas.
  2. Étirements doux :
    • Une fois que la douleur et l’inflammation commencent à diminuer, intégrez des étirements doux du psoas dans votre routine pour aider à réduire la tension musculaire et à améliorer la souplesse.
  1. Renforcement progressif :
    • Commencez progressivement un programme de renforcement musculaire pour les muscles stabilisateurs de la hanche, y compris les fessiers et les muscles abdominaux, pour renforcer et stabiliser la région pelvienne.
  2. Rééducation fonctionnelle :
    • Travaillez avec votre physiothérapeute pour une rééducation fonctionnelle qui vise à restaurer la capacité de votre corps à effectuer des mouvements fonctionnels sans douleur ni restriction.
  1. Retour progressif aux activités :
    • Une fois que vous avez progressé dans votre rééducation et que la douleur a diminué, recommencez progressivement à intégrer des activités à faible impact, puis progressez vers des activités plus intensives au fur et à mesure que votre force et votre endurance s’améliorent.
  2. Surveillance et ajustement :
    • Continuez à surveiller votre douleur et votre progression pendant le retour aux activités. Si vous ressentez une douleur ou une gêne accrue, arrêtez-vous et consultez votre professionnel de la santé pour ajuster votre plan de réadaptation.

La tendinite du psoas est une cause fréquente de douleur à l’aine ou à l’avant de la hanche, particulièrement chez les personnes actives ou les sportifs. Dans la plupart des cas, un traitement conservateur incluant le repos, des exercices adaptés et une prise en charge thérapeutique permet une amélioration progressive des symptômes.

Identifier les facteurs qui ont contribué à l’apparition de la tendinite — comme un déséquilibre musculaire, une surcharge d’entraînement ou une posture prolongée — est essentiel pour éviter les récidives. Une approche globale incluant la rééducation fonctionnelle, l’amélioration des habitudes de mouvement et une progression graduelle des activités physiques favorise une récupération durable.

Annexe A — Tests cliniques utilisés pour évaluer le psoas

L’évaluation d’une tendinite du psoas repose principalement sur l’examen clinique. Plusieurs tests orthopédiques permettent d’orienter le diagnostic en reproduisant la douleur ou en révélant une tension excessive du muscle. Ces tests doivent être interprétés dans le contexte global de l’examen musculo-squelettique.

Test de Thomas

Ce test permet d’évaluer le raccourcissement du psoas.

Position :
Le patient est allongé sur le dos au bord d’une table d’examen. Il ramène un genou vers la poitrine pendant que l’autre jambe reste pendante.

Résultat positif :
Si la cuisse de la jambe pendante ne touche pas la table ou si le bas du dos se cambre, cela peut indiquer un raccourcissement du psoas.

Flexion résistée de la hanche

Ce test met en tension le tendon du psoas.

Position :
Le patient est allongé sur le dos.

Mouvement :
Le praticien demande au patient de lever la cuisse contre une résistance manuelle.

Résultat positif :
Une douleur profonde dans la région de l’aine suggère une irritation du psoas.

Test de Stinchfield

Ce test est fréquemment utilisé en médecine sportive.

Position :
Le patient lève la jambe tendue à environ 30 degrés.

Mouvement :
Le praticien applique une résistance vers le bas.

Résultat positif :
La reproduction d’une douleur à l’aine peut évoquer une atteinte du psoas ou de l’articulation de la hanche.

Annexe B — Diagnostic différentiel rapide de la douleur à l’aine

La douleur à l’aine peut provenir de nombreuses structures. Une évaluation rigoureuse est nécessaire afin de distinguer la tendinite du psoas d’autres pathologies musculo-squelettiques.

Annexe C — Exercices sécuritaires pour le psoas

Les exercices destinés au muscle psoas doivent toujours être réalisés avec prudence, surtout en présence d’une tendinite ou d’une irritation de l’ilio-psoas. L’objectif n’est pas de forcer le muscle, mais plutôt de restaurer progressivement sa souplesse, sa coordination et l’équilibre musculaire autour de la hanche et du bassin. Les exercices ci-dessous sont généralement bien tolérés lorsqu’ils sont pratiqués de manière douce, progressive et sans douleur.

1. Étirement doux du psoas en position de fente

Cet exercice permet d’allonger progressivement le muscle psoas.

Position :

  • Placez un genou au sol et l’autre pied devant vous, genou fléchi à environ 90 degrés.
  • Gardez le tronc droit et le regard vers l’avant.

Mouvement :

  • Inclinez doucement le bassin vers l’avant sans cambrer le bas du dos.
  • Une sensation d’étirement doit apparaître à l’avant de la hanche de la jambe arrière.

Durée :

  • Maintenir 20 à 30 secondes.
  • Répéter 3 fois de chaque côté.

2. Pont fessier (activation des stabilisateurs du bassin)

Le renforcement des fessiers réduit la surcharge exercée sur le psoas.

Position :

  • Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat sur le sol.

Mouvement :

  • Contractez les fessiers et soulevez doucement le bassin jusqu’à aligner les épaules, le bassin et les genoux.
  • Maintenez la position quelques secondes, puis redescendez lentement.

Répétitions :

  • 10 à 15 répétitions.
  • 2 à 3 séries.

3. Gainage abdominal (stabilisation lombaire)

Le gainage renforce les muscles profonds qui stabilisent la colonne lombaire et diminuent la charge sur le psoas.

Position :

  • Placez-vous en appui sur les avant-bras et les orteils.

Mouvement :

  • Maintenez le corps droit, sans creuser le bas du dos.
  • Contractez les abdominaux et respirez calmement.

Durée :

  • Maintenir 15 à 30 secondes.
  • Répéter 3 à 5 fois.

4. Mobilisation douce de la hanche

Cet exercice favorise la mobilité sans surcharger le psoas.

Position :

  • Allongé sur le dos, genoux fléchis.

Mouvement :

  • Amenez lentement un genou vers la poitrine.
  • Maintenez quelques secondes puis relâchez.

Répétitions :

  • 10 répétitions par côté.

Précautions importantes

Les exercices doivent rester indolores et progressifs. Toute augmentation de la douleur doit conduire à interrompre l’exercice et à consulter un professionnel de santé. Un accompagnement par un thérapeute qualifié peut également aider à adapter ces exercices au profil de chaque personne et à éviter les récidives.

Annexe D — Facteurs de risque de tendinopathie du psoas
FacteurExemple
Sport répétitifcourse, danse
Position assise prolongéetravail de bureau
Déséquilibre musculairefessiers faibles
Hyperlordosesurcharge psoas

Annexe E — Algorithme clinique simplifié : douleur à l’aine et suspicion de tendinite du psoas

Face à une douleur à l’aine ou à l’avant de la hanche, il peut être difficile d’identifier rapidement l’origine du problème. Plusieurs structures anatomiques — muscles, tendons, articulations ou nerfs — peuvent provoquer des symptômes similaires. Cet algorithme simplifié propose une approche logique et progressive pour orienter l’évaluation clinique lorsque l’on suspecte une atteinte du psoas.

Étape 1 : Identifier la localisation principale de la douleur

La première étape consiste à déterminer où se situe la douleur.

  • Douleur profonde à l’avant de la hanche ou dans l’aine : suspicion possible d’atteinte du psoas.
  • Douleur plus médiale vers le pubis : envisager une pubalgie ou une atteinte des adducteurs.
  • Douleur associée au bas du dos ou irradiant vers la cuisse : envisager une origine lombaire.

Cette localisation initiale permet déjà d’orienter l’examen clinique.

Étape 2 : Tester la flexion de hanche

La flexion active ou résistée de la hanche sollicite directement le muscle psoas.

  • Si la douleur augmente lors de la levée du genou, cela renforce l’hypothèse d’une atteinte du psoas.
  • Si la douleur apparaît plutôt lors de mouvements de rotation ou d’amplitude maximale, une pathologie articulaire de la hanche peut être envisagée.

Les tests orthopédiques comme le test de Thomas ou le test de Stinchfield peuvent alors être utilisés pour affiner l’évaluation.

Étape 3 : Rechercher des drapeaux rouges

Avant de conclure à une tendinite du psoas, il est essentiel de vérifier l’absence de signes d’alerte :

  • douleur intense avec incapacité à appuyer sur la jambe
  • fièvre ou malaise général
  • douleur nocturne persistante
  • douleur qui s’aggrave rapidement malgré le repos

La présence de ces signes nécessite une évaluation médicale rapide.

Étape 4 : Orientation de la prise en charge

Si les tests cliniques évoquent une tendinite du psoas et qu’aucun drapeau rouge n’est présent, la prise en charge repose généralement sur :

  • repos relatif et modification des activités
  • exercices progressifs d’étirement et de renforcement
  • correction des déséquilibres posturaux
  • prise en charge manuelle ou rééducative si nécessaire

Cet algorithme ne remplace pas un diagnostic médical, mais il permet de structurer l’évaluation d’une douleur à l’aine et d’identifier plus facilement les situations nécessitant une consultation.

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