Introduction

Le syndrome du piriforme, une condition délicate et parfois méconnue, se caractérise par la compression ou l’irritation du nerf sciatique par le muscle piriforme. Ce muscle en forme de poire, qui s’étend du sacrum à la partie supérieure du fémur, joue un rôle crucial dans la rotation externe de la hanche. Malgré sa petite taille, le piriforme peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie des individus lorsqu’il est impliqué dans le développement du syndrome.

Les symptômes du syndrome du piriforme sont divers et peuvent inclure des douleurs localisées dans la région fessière, des engourdissements ou des picotements descendant le long de la jambe, ainsi que des faiblesses musculaires dans la zone affectée. Ces manifestations peuvent perturber les activités quotidiennes et limiter la mobilité, créant une expérience souvent douloureuse pour ceux qui en souffrent.

Les causes sous-jacentes du syndrome du piriforme sont variées. Elles peuvent résulter de la tension musculaire due à une position assise prolongée, de blessures, de spasmes musculaires, ou même d’activités répétitives sollicitant excessivement le muscle piriforme. Le diagnostic de cette condition peut parfois être complexe en raison de la similitude de ses symptômes avec d’autres affections du bas du dos, ce qui souligne l’importance d’une évaluation médicale approfondie.

Parmi les différentes approches thérapeutiques visant à soulager les symptômes du syndrome du piriforme, l’ostéopathie se distingue en tant qu’approche holistique qui cherche à rétablir l’équilibre structurel du corps. Les praticiens ostéopathes adoptent une approche personnalisée, tenant compte de la gravité de la situation, des antécédents médicaux du patient et des facteurs sous-jacents.

L’ostéopathie repose sur une compréhension approfondie de l’anatomie et des mécanismes du syndrome du piriforme. Les séances d’ostéopathie peuvent impliquer des manipulations douces des articulations, des étirements musculaires, et d’autres techniques visant à réduire la tension et à restaurer la mobilité. En travaillant sur l’ensemble du corps, les ostéopathes cherchent à identifier et à corriger les déséquilibres structurels qui pourraient contribuer au syndrome du piriforme.

Historiquement, le syndrome du piriforme a été introduit en terminologie médicale par le chirurgien britannique Sir Herbert William Ralston Yeoman en 1928. Depuis lors, l’ostéopathie s’est positionnée comme une approche complémentaire efficace pour soulager les symptômes associés à cette condition.

La consultation d’un ostéopathe compétent peut offrir plusieurs avantages, notamment un diagnostic précis, la conception d’un plan de traitement adapté aux besoins individuels du patient, et l’amélioration générale du bien-être. La collaboration entre le patient et l’ostéopathe joue un rôle essentiel dans le processus de guérison, permettant une meilleure compréhension des facteurs déclenchants et contribuant à une approche intégrée de la gestion du syndrome du piriforme. En choisissant l’ostéopathie, les individus peuvent explorer une voie thérapeutique holistique pour atténuer les symptômes de cette condition délicate.

Anatomie du piriforme

Le piriforme est un petit muscle situé profondément dans la région pelvienne. Il prend son origine sur la face antérieure du sacrum, au niveau des vertèbres S2 à S4, ainsi que sur le ligament sacrotubéral. De là, il s’étend en diagonale vers la partie supérieure du grand trochanter du fémur, où il s’insère.

Le nerf sciatique, avec d’autres nerfs, sort au niveau de la grande échancrure sciatique. Le nerf pudendal, par exemple, sort au niveau du foramen puis se déplace vers l’avant, où il innerve la peau de la cuisse postérieure et contribue à la fonction sexuelle.

La fonction principale du piriforme est de participer à la rotation externe de la hanche, contribuant ainsi à la stabilité de l’articulation de la hanche. Il est principalement innervé par le nerf sciatique, qui peut passer à travers ou en dessous du muscle chez certaines personnes. Notamment, en raison de sa proximité avec le nerf sciatique, des tensions excessives ou une contraction du piriforme peuvent parfois conduire au syndrome du piriforme, provoquant des douleurs et des engourdissements le long du trajet du nerf sciatique.

La Traversée du Nerf Sciatique par le Muscle Piriforme : Variations Anatomiques

Le nerf sciatique, une composante essentielle du système nerveux périphérique, joue un rôle crucial dans la transmission des signaux entre la moelle épinière et les membres inférieurs. Son trajet complexe à travers le corps humain peut être sujet à diverses variations anatomiques, l’une d’entre elles étant la traversée du muscle piriforme. Le piriforme, un petit muscle en forme de poire situé dans la région pelvienne, peut parfois devenir un acteur involontaire dans les problèmes liés au nerf sciatique. Chez 10 à 20 % de la population, le nerf sciatique traverse le muscle piriforme, créant ainsi une situation propice à des manifestations cliniques spécifiques. L’interaction entre le nerf sciatique et le muscle piriforme peut donner lieu à des symptômes tels que la douleur sciatique, la raideur musculaire et même des engourdissements dans les membres inférieurs. Les chercheurs ont étudié cette condition pour mieux comprendre ses mécanismes sous-jacents et améliorer les approches de traitement.

Certaines études, notamment celles menées par Pecina et al. (1991), Szabo (1989) et Travel, Simons (1992), ont examiné la prévalence de la traversée du nerf sciatique par le muscle piriforme. Ces travaux ont permis de déterminer que cette variante anatomique n’est pas rare, affectant une part significative de la population. Lorsque le nerf sciatique traverse le piriforme, il peut être exposé à une pression accrue, entraînant des symptômes désagréables. La compression du nerf peut causer une douleur lancinante le long de son trajet, souvent ressentie dans les fesses, le bas du dos et la jambe. Les patients signalent parfois une sensation de picotement ou d’engourdissement, ce qui peut compromettre leur qualité de vie quotidienne. Les professionnels de la santé, notamment les ostéopathes, jouent un rôle essentiel dans la gestion des problèmes liés à la traversée du nerf sciatique par le piriforme. Les approches de traitement peuvent inclure des techniques manuelles visant à relâcher la tension musculaire, à améliorer la mobilité du nerf et à soulager la douleur associée.

Position du nerf sciatique par rapport au muscle piriforme
Anatomie du Piriforme

Cycle de la douleur

Cercle vicieux où la contraction musculaire excessive entraîne une compression du nerf sciatique, provoquant une altération de la transmission nerveuse, qui à son tour peut influencer davantage la contraction musculaire.

Dans le contexte spécifique du piriforme et du nerf sciatique, cette interaction peut contribuer au syndrome du piriforme. Lorsque le muscle piriforme se contracte de manière excessive, il peut comprimer le nerf sciatique, provoquant des symptômes tels que la douleur et l’engourdissement. Ces symptômes peuvent à leur tour entraîner une réaction de protection, induisant une augmentation de la tension musculaire, ce qui aggrave la compression du nerf et intensifie les symptômes. Ce cycle continue, créant une interrelation complexe entre la contraction musculaire et la transmission nerveuse altérée.

Mécanisme de la compression du nerf sciatique

Le mécanisme de la compression du nerf sciatique dans le syndrome du piriforme est généralement associé à la proximité anatomique du muscle piriforme avec le nerf. Voici comment la compression peut se produire :

  1. Passage du Nerf Sciatique : Le nerf sciatique, qui est le plus grand nerf du corps, passe généralement sous ou à travers le muscle piriforme dans la région profonde des fesses.
  2. Anatomie Variable : La relation anatomique entre le piriforme et le nerf sciatique peut varier d’une personne à l’autre. Dans certains cas, le nerf sciatique peut passer à travers le muscle, tandis que dans d’autres cas, il peut passer juste en dessous.
  3. Contractions Musculaires : Le piriforme peut subir des spasmes ou des contractions involontaires, souvent en réponse à une surutilisation du muscle, des traumatismes ou des tensions. Ces contractions peuvent entraîner un resserrement du muscle.
  4. Compression du Nerf : Lorsque le muscle piriforme se contracte de manière excessive ou prolongée, il peut exercer une pression sur le nerf sciatique qui passe à proximité. Cette compression peut provoquer une irritation du nerf, conduisant à des symptômes tels que des douleurs, des picotements, ou un engourdissement le long du trajet du nerf.
  5. Inflammation et Gonflement : La compression chronique peut entraîner une inflammation du nerf sciatique. L’inflammation peut augmenter la pression sur le nerf, aggraver les symptômes et créer un cercle vicieux de compression et d’inflammation.

Syndrome du Piriforme vs Syndrome Myofascial du Piriforme : Deux Conditions Proches, Mais Distinctes

Bien que le Syndrome du piriforme et le Syndrome myofascial du piriforme partagent certains symptômes et puissent être confondus en raison de leur proximité anatomique, ce sont deux conditions distinctes.

Le syndrome du piriforme est principalement caractérisé par la compression ou l’irritation du nerf sciatique par le muscle piriforme, situé dans la région fessière. Cette compression peut entraîner des douleurs dans le bas du dos, les fesses et parfois le long de la jambe, correspondant aux symptômes de la sciatique. Les facteurs de risque du syndrome du piriforme incluent la position assise prolongée, des activités physiques spécifiques et des déséquilibres musculaires.

Le syndrome myofascial du piriforme, en revanche, se concentre sur les points de déclenchement ou les nœuds musculaires (points trigger) dans le muscle piriforme. Ces points de déclenchement peuvent causer une douleur locale, mais ils peuvent également provoquer une douleur à distance, ce qui rend la différenciation entre le syndrome myofascial du piriforme et d’autres conditions, y compris le syndrome du piriforme, parfois complexe. Les déclencheurs myofasciaux peuvent être causés par des traumatismes, des tensions répétées ou une surutilisation du muscle.

Syndrome myofascial du piriforme

Le syndrome myofascial est caractérisé par la présence de points gâchettes, qui sont des zones sensibles et tendues dans les muscles. Lorsque le syndrome myofascial affecte le muscle piriforme, on parle souvent de « syndrome myofascial du piriforme ». Dans cette condition, les points gâchettes dans le muscle piriforme peuvent provoquer des douleurs locales dans la région fessière et peuvent également entraîner des douleurs référées dans le bas du dos, les hanches et même le long du nerf sciatique.

Le traitement du syndrome myofascial du piriforme peut impliquer des approches visant à relâcher la tension dans le muscle, à réduire l’inflammation et à soulager les points gâchettes. Les techniques de massage, d’étirement, la physiothérapie et, dans certains cas, les injections de points de déclenchement peuvent être utilisées pour atténuer les symptômes.

Deux points gâchettes localisés

  1. Au niveau du bord latéral du sacrum et à environ un tiers de la partie médiale du grand trochanter.
  2. Ils concernent la région sacro-iliaque, les fesses et l’articulation de la hanche, et s’étendent parfois aux deux tiers proximaux de la partie postérieure de la cuisse.
Points gâchette du piriforme


En présence de points gâchettes dans le piriforme, le muscle tend à se raccourcir et à augmenter en volume, entraînant une compression du nerf sciatique.

La douleur résultant de cette compression se propage le long de la face postérieure de la cuisse jusqu’au mollet et à la plante du pied. Par conséquent, la douleur peut émaner simultanément de diverses sources.

Causes du syndrome du piriforme

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement de ce syndrome. Tout d’abord, les traumatismes physiques, tels que des chutes ou des blessures sportives, peuvent provoquer une inflammation du muscle piriforme, entraînant ainsi une compression du nerf. De plus, les déséquilibres musculaires, souvent liés à un mode de vie sédentaire ou à des habitudes posturales inadéquates, peuvent également jouer un rôle dans le syndrome du piriforme. Les personnes qui passent de longues heures assises ou qui ont des habitudes de levée de poids incorrectes peuvent solliciter excessivement ce muscle, contribuant ainsi à son inflammation. De plus, les variations anatomiques, telles que la position anormale du nerf sciatique par rapport au muscle piriforme, peuvent augmenter la prédisposition à ce syndrome. En outre, certaines activités répétitives, comme la course à pied, peuvent également être un facteur déclenchant. En comprenant ces différentes causes potentielles, il devient possible de mettre en place des stratégies de prévention et de gestion du syndrome du piriforme, allant de la correction des habitudes posturales à des exercices ciblés visant à renforcer les muscles impliqués.

  1. Anatomie individuelle : La disposition anatomique du nerf sciatique par rapport au muscle piriforme peut varier d’une personne à l’autre. Certains individus peuvent avoir une anatomie qui augmente le risque de compression du nerf.
  2. Surutilisation : Des activités physiques intenses ou répétitives, comme la course à pied, le cyclisme ou d’autres exercices qui sollicitent le muscle piriforme, peuvent entraîner une surutilisation du muscle, conduisant à des tensions et à la compression du nerf.
  3. Traumatismes : Des blessures traumatiques, telles que des chutes sur les fesses, des accidents de voiture ou des blessures sportives, peuvent endommager le muscle piriforme ou provoquer des spasmes musculaires qui entraînent une compression du nerf sciatique.
  4. Contractures musculaires : Les contractions musculaires prolongées ou des spasmes du piriforme peuvent résulter de tensions, de traumatismes ou d’activités excessives, entraînant une compression du nerf.
  5. Position assise prolongée : Un mode de vie sédentaire avec de longues périodes en position assise peut contribuer à la faiblesse musculaire et à la raideur du piriforme, favorisant ainsi le développement du syndrome.
  6. Inflammation : L’inflammation du muscle piriforme due à des traumatismes, à des infections ou à des conditions inflammatoires peut contribuer à la compression du nerf sciatique.
  7. Conditions musculo-squelettiques sous-jacentes : Des troubles tels que la scoliose, des anomalies vertébrales ou d’autres conditions musculo-squelettiques peuvent influencer la posture et la fonction musculaire, contribuant ainsi au syndrome du piriforme.
  8. Hérédité : Il peut y avoir une prédisposition génétique à développer des troubles musculo-squelettiques, y compris le syndrome du piriforme.

Il est important de noter que le syndrome du piriforme peut résulter de plusieurs de ces facteurs combinés. La présence de ces causes ne garantit pas nécessairement le développement du syndrome, et de nombreuses personnes peuvent avoir une anatomie ou des activités similaires sans éprouver de symptômes.

Symptômes du syndrome du piriforme

Le syndrome du piriforme se manifeste par divers symptômes, principalement liés à la compression du nerf sciatique par le muscle piriforme. L’un des symptômes les plus courants est la douleur localisée dans la région fessière, souvent décrite comme profonde et lancinante. Cette douleur peut s’étendre le long du nerf sciatique, irradiant vers le bas de la jambe jusqu’au pied, créant ainsi une sensation de brûlure ou de picotement. Les personnes atteintes du syndrome du piriforme éprouvent fréquemment des difficultés à s’asseoir pendant de longues périodes, car cela aggrave souvent la compression du nerf. De plus, la douleur peut s’intensifier lors d’activités spécifiques telles que la marche, la course à pied ou la montée d’escaliers. Une faiblesse musculaire dans la jambe affectée peut également être observée, accompagnée parfois de crampes musculaires. Les symptômes du syndrome du piriforme peuvent être aggravés par des positions assises prolongées ou des mouvements brusques. Il est crucial de reconnaître ces signes pour un diagnostic précoce et une intervention appropriée. Les approches de traitement incluent souvent des exercices d’étirement et de renforcement, des thérapies physiques, et dans certains cas, des médicaments anti-inflammatoires ou des injections de corticostéroïdes. La gestion des symptômes du syndrome du piriforme vise à soulager la pression sur le nerf sciatique et à améliorer la fonction musculaire, permettant ainsi une meilleure qualité de vie pour les individus touchés.

  1. Douleur dans la fesse : Une douleur profonde dans la fesse du côté affecté est l’un des symptômes les plus fréquents. La douleur peut être ressentie à la fois dans la fesse et le bas du dos.
  2. Irradiation de la douleur : La douleur peut irradier le long du nerf sciatique, descendant à l’arrière de la cuisse, du mollet et parfois jusqu’au pied. La douleur suit souvent le trajet du nerf.
  3. Picotements ou engourdissement : Des sensations de picotements ou d’engourdissement peuvent être ressenties le long du nerf sciatique. Cela peut parfois s’étendre jusqu’au pied.
  4. Douleur exacerbée par certaines activités : La douleur peut s’intensifier lors de mouvements spécifiques, tels que la rotation externe de la hanche ou la montée d’escaliers.
  5. Douleur en position assise prolongée : La douleur peut être aggravée par de longues périodes en position assise, en particulier sur des surfaces dures.
  6. Difficulté à s’asseoir confortablement : Certaines personnes atteintes du syndrome du piriforme peuvent ressentir une gêne ou une douleur lorsqu’elles sont assises.
  7. Raideur musculaire : Le muscle piriforme peut devenir tendu et raide en raison de spasmes, contribuant à la compression du nerf sciatique.
  8. Lombalgie sévère et irradiante s’étendant du sacrum à l’articulation de la hanche, sur la région fessière et la partie postérieure de la partie supérieure de la jambe, jusqu’à l’espace poplité. Dans les cas les plus graves, le patient sera incapable de s’allonger ou de se tenir debout confortablement, et les changements de position ne soulageront pas la douleur. Une douleur intense se produit lorsque le patient est assis ou accroupi car ce type de mouvement nécessite une rotation externe de la jambe supérieure et une flexion du genou.
  9. Douleur en se levant du lit
  10. Engourdissement du pied: Compression du nerf sciatique entrappé par le muscle piriforme.
  11. Douleur au repos: Surtout après s’être assis, debout ou allongé pendant plus de 15 à 20 minutes. La douleur s’améliore généralement une fois que le patient commence à bouger et s’aggrave progressivement sans mouvement.
  12. Douleur sacro-iliaque controlatérale
  13. Signe piriforme positif: Le muscle piriforme contracté provoque une rotation externe homolatérale de la hanche. Lorsqu’un patient atteint du syndrome piriforme est détendu en décubitus dorsal, le pied est tourné vers l’extérieur (une caractéristique appelée signe piriforme positif). Des efforts actifs pour amener le pied sur la ligne médiane entraînent une douleur.
  14. Difficulté à marcher: En raison du muscle piriforme contracté qui provoque une rotation externe de la hanche, le patient peut présenter des difficultés à marcher et des douleurs lorsqu’il y a rotation interne. Les patients atteints du syndrome du piriforme peuvent avoir une démarche antalgique ou un pied tombant. Une démarche antalgique fait référence au type de démarche qui aide le patient à minimiser la quantité de douleur lorsqu’il marche. Il s’agit d’un type d’anomalie de la marche où la phase d’appui est raccourcie par rapport à la phase d’oscillation. La chute du pied se produit en cas de chute de l’avant-pied. Une douleur sourde dans la fessier.Douleur à l’arrière de la cuisse, du mollet et du pied (sciatique)
  15. Douleur lors de la montée des escaliers ou des pentes
  16. Réduction de l’amplitude des mouvements de l’articulation de la hanche
  17. Le syndrome du piriforme est généralement unilatéral.
  18. La compression du nerf sciatique entraîne une douleur et une paresthésie dans la partie postérieure de la cuisse, se projetant vers le mollet et la plante du pied. Elle s’accompagne d’un engourdissement du pied.
  19. La compression du nerf pudendal provoque des douleurs périnéales et inguinales ainsi que des dyspareunies (rapports sexuels douloureux pour les femmes) et une impuissance chez les hommes (Travel, Simons, 1992).
  20. Les points gâchettes actifs du piriforme entraînent des douleurs dans le bas du dos, les fesses, la hanche et la partie postérieure de la cuisse.
  21. La douleur diminue souvent avec la rotation externe de la hanche.
  22. Difficulté à effectuer le mouvement d’abduction, de flexion et de rotation interne à la hanche concernée.
  23. Une dysfonction de l’articulation sacro-iliaque est fréquemment présente en raison de la contraction du piriforme.
  24. Douleurs abdominales, inguinales et pelviennes: Le spasme du piriforme peut provoquer une tension sur le ligament sacrotubère entraînant une compression des nerfs pudendaux ou une tension sur les os innombrables, entraînant des douleurs pelviennes et de l’aine.
  25. Peut entraîner des douleurs thoraciques, cervicales et lombo-sacrées.
  26. Mal de tête
Signe syndrome du piriforme positif
Signe piriforme positif: rotation externe de la jambe

Il est important de noter que les symptômes du syndrome du piriforme peuvent parfois être confondus avec ceux d’autres conditions, comme une hernie discale ou une sténose spinale.

Le syndrome du piriforme, caractérisé par des douleurs à la hanche et aux fessiers, peut être confondu avec d’autres dysfonctionnements somatiques tels que la discopathie vertébrale, la radiculopathie lombaire, la dysfonction sacro-iliaque, la dysfonction lombo-sacrée, la sciatique ou la bursite trochantérienne.

Incidence du syndrome du piriforme

  • Survient le plus fréquemment au cours des quatrième et cinquième décennies de la vie et affecte des personnes de toutes professions et de tous niveaux d’activité.
  • Le syndrome du piriforme est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, peut-être en raison de la biomécanique associée à l’angle du muscle quadriceps fémoral plus large (c.-à-d. «Angle Q») dans l’os coxae (bassin) des femmes.

Le ballet et le syndrome du piriforme

La pratique du ballet, en raison de ses mouvements spécifiques et des exigences physiques, peut potentiellement influencer le développement du syndrome du piriforme chez certains danseurs. Voici comment la danse classique, notamment le ballet, peut être liée au syndrome du piriforme :

  1. Position des Pieds et Rotation Externe : Le ballet implique fréquemment des positions des pieds en rotation externe, ce qui sollicite le muscle piriforme. La répétition de ces mouvements peut entraîner une surutilisation du muscle et, dans certains cas, contribuer au développement du syndrome du piriforme.
  2. Flexion et Extension Répétées : Les mouvements de flexion et d’extension des hanches, courants dans le ballet, peuvent mettre une pression accrue sur le muscle piriforme et le nerf sciatique, surtout si ces mouvements sont effectués de manière répétée et excessive.
  3. Étirements Intenses : Les danseurs de ballet sont souvent soumis à des étirements intensifs, ce qui peut potentiellement entraîner des tensions musculaires, y compris dans le muscle piriforme.
  4. Postures spécifiques : Certaines postures spécifiques dans le ballet peuvent impliquer une rotation externe importante des hanches, sollicitant ainsi le piriforme et augmentant le risque de compression du nerf sciatique.
  5. Exigences Physiques : Les exigences physiques élevées du ballet peuvent entraîner une surutilisation et une fatigue musculaire, augmentant ainsi la probabilité de tensions et de spasmes dans le muscle piriforme.

Bien que la danse puisse être bénéfique pour la santé physique et mentale, les danseurs, en particulier ceux de ballet, peuvent être plus susceptibles de développer certaines conditions musculo-squelettiques en raison des mouvements spécifiques de leur art.

Il est important que les danseurs, ainsi que les professionnels de la danse, soient conscients des risques potentiels et prennent des mesures préventives, telles que l’échauffement adéquat, des étirements appropriés, et une gestion prudente de l’intensité des exercices.

Diagnostics différentiels

  1. Hernie discale lombaire : Une hernie discale peut provoquer des douleurs sciatiques similaires à celles du syndrome du piriforme en comprimant le nerf sciatique au niveau de la colonne vertébrale.
  2. Sténose spinale : La sténose spinale, un rétrécissement du canal rachidien, peut également provoquer des douleurs sciatiques et des symptômes similaires à ceux du syndrome du piriforme.
  3. Bursite de la hanche : L’inflammation de la bourse (une petite poche de fluide) à proximité de la hanche peut causer des douleurs similaires à celles du syndrome du piriforme.
  4. Arthrose de la hanche : L’arthrose de la hanche peut entraîner des douleurs dans la région de la hanche et des fesses, pouvant être confondues avec celles du syndrome du piriforme.
  5. Spondylolisthésis : Une condition dans laquelle une vertèbre glisse vers l’avant par rapport à la vertèbre inférieure peut provoquer des symptômes similaires à ceux du syndrome du piriforme.
  6. Névralgie pudendale : Une irritation du nerf pudendal peut provoquer des douleurs dans la région pelvienne et les fesses, pouvant être confondues avec le syndrome du piriforme.
  7. Myofasciite à éosinophiles : Une inflammation du tissu musculaire et fascial peut provoquer des douleurs musculaires et des symptômes similaires à ceux du syndrome du piriforme.
  8. Syndrome de la queue de cheval : Une compression des racines nerveuses à la base de la colonne vertébrale peut provoquer des symptômes similaires à ceux du syndrome du piriforme.
  9. Blessures musculaires ou ligamentaires : Des blessures aux muscles ou aux ligaments autour de la hanche peuvent provoquer des douleurs dans la région fessière.

Recommendations

  • Évitez les activités qui provoquent le syndrome du piriforme. Ainsi, si le syndrome se déclenche en fesant du vélo, cherchez une autre façon de faire de l’exercice, au moins pendant quelques jours.
  • Faites un massage en profondeur des tissus des hanches et des fesses.
  • Levez-vous souvent de votre chaise.
  • Tenez-vous debout, marchez et étirez-vous. Ceci est surtout important pour les personnes qui sont assises au travail, comme les chauffeurs routiers et le personnel de bureau.
  • S’assoir sur une chaise qui est coussinée. Au travail, utilisé une chaise ergonomique.
  • Ne pas mettre le portefeuille dans la poche arrière, ceci aura comme effet de compresser le nerf sciatique d’avantage.
  • Avoir un poids santé.
  • Faire les étirements recommandés pour le syndrome du piriforme

Combien de temps dure le syndrome du piriforme

Plusieurs facteurs influent sur la temporalité de cette affection, faisant de chaque cas une expérience unique. Comprendre la durée potentielle du syndrome du piriforme est crucial pour les individus concernés et les professionnels de la santé qui cherchent à fournir des soins efficaces.

La première variable à considérer est la gravité de la condition. Les cas légers, où la compression du nerf sciatique par le muscle piriforme est minime, peuvent souvent se résoudre plus rapidement. En revanche, les situations plus sévères, impliquant une compression importante et des symptômes plus prononcés, peuvent prolonger la durée du syndrome. L’intensité des symptômes, tels que la douleur lancinante, la raideur musculaire et les engourdissements, peut influencer la récupération.

La rapidité avec laquelle le syndrome du piriforme est diagnostiqué et traité joue également un rôle déterminant dans sa durée. Un diagnostic précoce permet d’initier un plan de traitement plus rapidement, ce qui peut contribuer à une récupération plus rapide. Malheureusement, la nature insidieuse de certains symptômes peut parfois retarder le diagnostic, prolongeant ainsi la durée de la condition.

La réponse individuelle au traitement est une troisième variable cruciale. Chaque personne réagit différemment aux interventions thérapeutiques. Les approches de traitement, telles que les techniques manuelles utilisées par les ostéopathes pour relâcher la tension musculaire et améliorer la mobilité du nerf, peuvent avoir des effets variables d’un individu à l’autre. Certains patients peuvent ressentir un soulagement rapide, tandis que d’autres peuvent nécessiter un suivi plus étendu pour obtenir des résultats optimaux.

En général, la littérature médicale indique que le syndrome du piriforme peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. Les cas aigus, bien diagnostiqués et rapidement traités, ont tendance à se résoudre plus rapidement. Cependant, les situations plus complexes, associées à des facteurs tels que des variations anatomiques importantes ou des complications, peuvent prolonger la durée du syndrome.

Il est important pour les professionnels de la santé, notamment les ostéopathes, de considérer ces nuances lors de la gestion du syndrome du piriforme. Une approche personnalisée, tenant compte de la gravité de la condition, de la rapidité du diagnostic et du traitement, ainsi que de la réponse individuelle au traitement, est essentielle pour optimiser les résultats cliniques.

Test de dépistage

Manœuvre de Freiberg

Adduction horizontale forcée de la cuisse fléchie – la douleur lors du test indique un syndrome du piriforme (étirement du muscle).

Manœuvre de Freiberg

Manœuvre de Hibbs

Patient est couché sur le ventre, genou fléchi à 90°, l’examinateur stabilise ensuite le bassin du patient d’une main et pousse lentement la cheville du patient dans le sens latéral (la rotation interne du fémur provoque un étirement du muscle piriforme, qui peut comprimer le nerf sciatique)

Manœuvre de Hibbs

Exercices et étirements

Voici quelques exercices et étirements qui sont souvent recommandés pour le syndrome du piriforme :

Exercices de Renforcement Musculaire :

  1. Exercice de la planche latérale :
    • Allongez-vous sur le côté avec le coude directement sous l’épaule.
    • Soulevez vos hanches du sol, formant une ligne droite du pied à l’épaule.
    • Maintenez la position pendant quelques secondes, puis redescendez.
    • Répétez de l’autre côté.
  2. Élévation de la jambe en position quadrupède :
    • À quatre pattes, soulevez une jambe vers l’arrière tout en maintenant le dos droit.
    • Maintenez la position en haut pendant quelques secondes avant de redescendre.
    • Alternez les jambes.

Étirements :

  1. Étirement assis pour le piriforme :
    • Asseyez-vous avec la jambe affectée croisée sur l’autre.
    • Tenez votre genou opposé avec le bras du côté opposé et tournez doucement votre torse vers la jambe croisée.
    • Vous devriez ressentir un étirement dans la fesse.
  2. Étirement en pigeon :
    • En position quadrupède, amenez le genou de la jambe affectée vers l’avant et vers l’extérieur.
    • Étirez la jambe vers l’arrière en vous allongeant sur votre côté.
    • Vous devriez ressentir un étirement dans la fesse.

Exercices d’Assouplissement :

  1. Rotation externe de la hanche en position assise :
    • Asseyez-vous avec les jambes écartées.
    • Tournez la jambe affectée vers l’extérieur en gardant le genou plié.
    • Maintenez pendant quelques secondes et revenez à la position de départ.
  2. Rotation interne de la hanche en position assise :
    • Asseyez-vous avec les jambes écartées.
    • Tournez la jambe affectée vers l’intérieur en gardant le genou plié.
    • Maintenez pendant quelques secondes et revenez à la position de départ.

Ces exercices et étirements visent à renforcer les muscles environnants, améliorer la flexibilité et réduire la tension dans la région du piriforme. Cependant, leur efficacité peut varier d’une personne à l’autre, et il est essentiel de les faire correctement pour éviter toute aggravation.

Approche ostéopathique

1. Énergie musculaire

  • Allongez le patient couché sur le dos, le thérapeute se tiens du même côté piriforme affecté.
  • Fléchir le genou du côté affecté et placer le pied de ce côté sur la face latérale du genou opposé.
  • Le thérapeuthe pousse le genou en direction médiale jusqu’à ce qu’il rencontre la barrière restrictive.
  • Demandez au patient de pousser contre la résistance du praticien pendant 3 à 5 secondes, laissez-passer une période de relaxation isométrique, puis engagez une nouvelle barrière ; répétez trois fois[10].
Étirement syndrome du piriforme

2. Compression ischémique combinée (coude ou pouce)

Le traitement du muscle piriforme et de ses points de détente centraux peut être utilement réalisé par une pression directe du coude, appliquée à la zone du point de détente principal dans le ventre du muscle, tandis que la jambe du patient couché sur le côté est tournée pour faire une rotation interne de la hanche, afin d’obtenir un allongement du muscle.

Étirement syndrome du piriforme

3. Strain Counterstrain

  • Allongez le patient en position couchée et demandez au praticien de s’asseoir du même côté que le muscle piriforme affecté.
  • Localisez le point sensible du muscle piriforme.
    Classiquement, on le trouve à 2 ou 3 pouces en dedans et légèrement céphalique du grand trochanter.
  • Demandez au praticien de suspendre le membre inférieur du patient au bord de la table, de fléchir la hanche (environ 135 degrés) tout en effectuant une abduction et une rotation externe au besoin jusqu’à ce que la sensibilité soit soulagée.
  • Maintenez la position pendant 90 secondes et ramenez lentement le patient en position neutre.
  • Réévaluez la sensibilité du patient.
Étirement syndrome du piriforme

Références

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