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Le syndrome myofascial du trapèze est une cause fréquente de douleur dans la nuque, les épaules et le haut du dos. Il est généralement provoqué par la présence de points trigger myofasciaux, de petites zones hypersensibles situées dans les fibres musculaires qui peuvent générer une douleur locale ou référée vers la tête, la nuque ou l’épaule.

Le muscle trapèze, qui s’étend de la base du crâne jusqu’aux épaules et au haut du dos, joue un rôle essentiel dans la posture et les mouvements cervico-scapulaires. Lorsque ce muscle est soumis à des contraintes prolongées — posture statique, stress, travail informatique ou mouvements répétitifs — des points trigger peuvent apparaître et provoquer une tension musculaire persistante.

Parmi les approches thérapeutiques utilisées en thérapie manuelle, la compression ischémique est une technique efficace pour désactiver ces points douloureux et restaurer la fonction musculaire.

⚠️ Avertissement

Les informations présentées sur ce blog sont fournies à des fins éducatives uniquement et ne remplacent pas un avis médical professionnel. Ne tentez aucun geste, exercice ou traitement décrit ici sans consulter un professionnel de santé qualifié. Une mauvaise application peut entraîner des blessures ou des complications. Consultez toujours un spécialiste pour des conseils adaptés à votre situation.

Le trapèze prend naissance sur plusieurs structures osseuses situées le long de la ligne médiane du dos :

  • la ligne nuchale supérieure de l’os occipital
  • le ligament nuchal
  • les processus épineux des vertèbres cervicales et thoraciques (C1 à T12)

Ses fibres convergent ensuite vers la ceinture scapulaire pour s’insérer sur :

  • le tiers latéral de la clavicule
  • l’acromion
  • l’épine de la scapula

Cette disposition permet au trapèze d’agir comme un véritable pont musculaire entre la colonne vertébrale et l’épaule.

Le trapèze est généralement divisé en trois portions fonctionnelles, chacune ayant un rôle biomécanique spécifique.

Trapèze supérieur

Les fibres supérieures s’étendent du crâne vers la clavicule. Elles participent principalement à :

  • l’élévation de l’épaule
  • l’inclinaison latérale de la tête
  • la rotation de la tête du côté opposé

Cette portion est très sollicitée dans les activités quotidiennes impliquant le maintien de la tête et des épaules.

Trapèze moyen

Les fibres moyennes relient la colonne thoracique à l’acromion et à l’épine scapulaire. Leur fonction principale est :

  • la rétraction de la scapula, c’est-à-dire le rapprochement des omoplates vers la colonne vertébrale.

Ce rôle est essentiel pour la stabilité de l’épaule et l’équilibre des forces autour de la scapula.

Trapèze inférieur

Les fibres inférieures s’étendent des vertèbres thoraciques vers la partie médiale de l’épine scapulaire. Elles permettent :

  • l’abaissement de la scapula
  • la stabilisation scapulaire lors des mouvements du bras

Cette portion joue un rôle important dans les mouvements au-dessus de la tête.

Le trapèze est principalement innervé par le nerf accessoire spinal (XI), qui assure la fonction motrice du muscle. La sensibilité proprioceptive provient des branches cervicales du plexus cervical (C3 et C4).

Sa vascularisation est assurée principalement par l’artère transverse du cou, branche de l’artère subclavière.

En raison de ses nombreuses insertions et de son organisation en plusieurs faisceaux, le trapèze agit comme un stabilisateur majeur de la ceinture scapulaire. Il coordonne les mouvements entre la colonne cervicale, la scapula et l’humérus.

Lorsque l’équilibre entre ses différentes portions est perturbé — par exemple lors d’une surcharge du trapèze supérieur — des zones de tension myofasciale peuvent apparaître dans le muscle. Ces zones correspondent souvent aux points trigger, responsables de douleurs locales ou référées dans la tête, le cou ou l’épaule.

La compréhension précise de l’anatomie et de la biomécanique du trapèze est donc essentielle pour identifier les zones de dysfonction et orienter efficacement les approches thérapeutiques, notamment dans le traitement du syndrome myofascial du trapèze.

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Un point trigger myofascial est une zone hypersensible située dans une bande tendue d’un muscle. À la palpation, cette zone apparaît comme un petit nodule douloureux dans les fibres musculaires et peut provoquer une douleur locale ou une douleur référée dans une région éloignée du corps.

Le concept de point trigger a été largement étudié par les médecins Janet Travell et David Simons, qui ont décrit ces structures comme des zones de contraction persistante dans certaines fibres musculaires. Cette contraction locale perturbe la circulation sanguine et entraîne une accumulation de substances irritantes dans le tissu musculaire, ce qui entretient la douleur.

Les points trigger présentent plusieurs caractéristiques typiques observées lors de l’examen clinique :

  • Sensibilité douloureuse localisée à la palpation
  • Présence d’une bande musculaire tendue dans le muscle
  • Douleur référée vers une autre région du corps
  • Réponse de contraction locale (local twitch response) lors de la palpation rapide
  • Limitation de la mobilité liée à la tension musculaire

Dans le cas du trapèze, ces points peuvent provoquer des douleurs irradiant vers la nuque, la tête, la tempe ou l’épaule.

On distingue généralement deux types de points trigger :

Points trigger actifs

Ils provoquent une douleur spontanée, souvent ressentie même au repos. La pression sur ces points reproduit la douleur principale du patient.

Points trigger latents

Ils ne provoquent pas de douleur spontanée, mais deviennent sensibles lorsqu’on les palpe. Ils peuvent toutefois limiter la mobilité musculaire et favoriser la fatigue musculaire.

Les points trigger peuvent se développer lorsque le muscle est soumis à une surcharge mécanique ou fonctionnelle. Plusieurs facteurs peuvent favoriser leur apparition :

  • posture prolongée (travail sur ordinateur)
  • stress musculaire chronique
  • mouvements répétitifs
  • traumatismes musculaires
  • déséquilibres biomécaniques

Dans le muscle trapèze, ces facteurs sont particulièrement fréquents en raison du rôle important de ce muscle dans la stabilisation de la tête et des épaules.

Les points trigger sont aujourd’hui considérés comme une cause majeure de douleurs myofasciales, notamment dans la région cervicale et scapulaire. Leur identification est essentielle pour orienter le traitement, car la désactivation de ces zones douloureuses peut entraîner une amélioration rapide de la douleur et de la mobilité.

C’est dans ce contexte que des techniques manuelles comme la compression ischémique sont utilisées en thérapie manuelle et en ostéopathie afin de réduire l’hyperactivité musculaire et restaurer un fonctionnement musculaire plus équilibré.

L’une des caractéristiques les plus particulières des points trigger myofasciaux est leur capacité à provoquer une douleur référée, c’est-à-dire une douleur ressentie dans une région du corps différente de l’endroit où se situe réellement le point trigger. Ce phénomène explique pourquoi une tension dans le muscle trapèze peut provoquer des douleurs dans la nuque, la tête, la tempe ou l’épaule, même si ces zones ne présentent aucune lésion locale.

Le mécanisme principal expliquant la douleur référée repose sur le phénomène de convergence des signaux nerveux dans la moelle épinière. Les fibres nerveuses provenant des muscles, de la peau et d’autres structures anatomiques convergent vers les mêmes neurones au niveau de la corne dorsale de la moelle.

Lorsque les signaux nociceptifs provenant d’un point trigger deviennent intenses ou persistants, le système nerveux peut interpréter ces signaux comme provenant d’une autre région du corps partageant les mêmes voies nerveuses. Ce phénomène crée une perception de douleur éloignée du point d’origine.

Les études cliniques menées sur les points trigger ont permis d’établir des cartes de douleur référée relativement constantes. Dans le cas du trapèze, certains points trigger sont connus pour produire des schémas de douleur caractéristiques :

  • douleur vers la tempe et la région temporale
  • douleur vers la région occipitale
  • douleur vers la nuque
  • douleur au sommet de l’épaule
  • parfois douleur autour de l’orbite

Ces schémas sont suffisamment reproductibles pour être utilisés comme outil diagnostique clinique.

La douleur référée est également liée à des phénomènes de sensibilisation du système nerveux.

Sensibilisation périphérique

Au niveau du muscle, les substances inflammatoires libérées autour du point trigger augmentent la sensibilité des nocicepteurs. Les fibres nerveuses deviennent alors plus réactives aux stimuli mécaniques.

Sensibilisation centrale

Lorsque la stimulation douloureuse persiste, le système nerveux central peut amplifier les signaux douloureux. Cette amplification explique pourquoi la douleur référée peut devenir plus étendue et plus persistante au fil du temps.

La douleur référée peut parfois rendre le diagnostic difficile, car la zone douloureuse n’est pas nécessairement la source réelle du problème. Par exemple :

  • une douleur temporale peut provenir du trapèze supérieur
  • une douleur à l’épaule peut être liée à un point trigger du trapèze moyen
  • des céphalées de tension peuvent être associées à des points trigger cervicaux

Pour cette raison, l’examen clinique doit inclure une palpation attentive des muscles cervicaux et scapulaires, afin d’identifier les zones de tension responsables des symptômes.

Dans la prise en charge thérapeutique, la désactivation des points trigger par des techniques comme la compression ischémique permet souvent de réduire non seulement la douleur locale, mais aussi les douleurs référées associées, améliorant ainsi le confort et la mobilité du patient.

Les points trigger du trapèze apparaissent généralement lorsque le muscle est soumis à des contraintes mécaniques, posturales ou fonctionnelles prolongées. Le trapèze joue un rôle essentiel dans la stabilisation de la tête, du cou et des épaules, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux surcharges musculaires dans la vie quotidienne.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser le développement de ces zones de tension myofasciale.

Les postures statiques maintenues pendant de longues périodes constituent l’une des causes les plus fréquentes de points trigger dans le trapèze supérieur.

Les situations courantes incluent :

  • travail prolongé devant un ordinateur
  • utilisation fréquente du téléphone mobile
  • posture de tête projetée vers l’avant
  • travail de bureau avec épaules élevées

Dans ces positions, le trapèze supérieur reste contracté de manière continue afin de stabiliser la tête et les épaules. Avec le temps, cette contraction persistante peut provoquer une fatigue musculaire et l’apparition de points trigger.

Le trapèze est également fortement influencé par les états de stress psychologique. De nombreuses personnes ont tendance à élever involontairement les épaules lorsqu’elles sont stressées ou anxieuses.

Cette contraction réflexe peut entraîner :

  • une augmentation du tonus musculaire
  • une réduction de la circulation locale
  • une accumulation de tension dans les fibres musculaires

C’est pourquoi les douleurs du trapèze sont souvent associées aux céphalées de tension.

Certaines activités physiques ou professionnelles sollicitent fortement le trapèze, notamment celles impliquant :

  • des mouvements répétitifs des bras
  • le port de charges
  • les activités sportives sollicitant les épaules
  • les travaux manuels prolongés

Lorsque le muscle est surutilisé sans récupération suffisante, il peut développer des zones de contraction persistante.

Un mauvais équilibre musculaire autour de la ceinture scapulaire peut également favoriser l’apparition de points trigger dans le trapèze.

Par exemple :

  • faiblesse des muscles stabilisateurs de la scapula
  • dysfonctionnement scapulo-thoracique
  • restriction de mobilité cervicale ou thoracique
  • compensation musculaire excessive

Dans ces situations, certaines fibres du trapèze doivent travailler davantage pour maintenir la stabilité de l’épaule.

Les points trigger peuvent aussi apparaître après :

  • un traumatisme cervical (comme un coup du lapin)
  • une chute ou un choc direct sur l’épaule
  • des microtraumatismes répétés liés au travail ou au sport

Ces événements peuvent provoquer une réaction de protection musculaire qui favorise la formation de bandes musculaires tendues.

Identifier les facteurs déclencheurs est essentiel pour prévenir la réapparition des points trigger. Le traitement ne doit pas se limiter à la désactivation du point douloureux, mais également viser à corriger les causes mécaniques ou posturales sous-jacentes.

Dans ce contexte, l’approche ostéopathique combine souvent techniques manuelles, rééquilibrage musculaire et conseils posturaux, afin de restaurer un fonctionnement plus harmonieux de la région cervico-scapulaire.

Les points trigger du muscle trapèze présentent des schémas de douleur référée relativement caractéristiques. Grâce aux travaux cliniques détaillés de Janet Travell et David Simons, il a été possible de cartographier ces zones de déclenchement et les trajets de douleur qu’elles peuvent produire.

Ces cartes de douleur sont particulièrement utiles en pratique clinique, car elles permettent de relier un symptôme douloureux à son origine musculaire, même lorsque la douleur est ressentie à distance du point trigger.

Dans le trapèze, plusieurs points trigger principaux ont été identifiés.

Cartographie des points trigger du muscle trapèze et des zones de douleur référée.
Les croix indiquent l’emplacement des principaux points trigger (TrP) dans les différentes portions du trapèze. Les zones rouges représentent les régions où la douleur peut être ressentie à distance du point d’origine. Ces schémas, décrits notamment dans les travaux de Travell et Simons, illustrent comment une tension musculaire locale dans le trapèze peut provoquer des douleurs dans la nuque, la tête, l’épaule ou le haut du dos.
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Le premier point trigger se situe généralement dans la portion supérieure du trapèze, près de la jonction entre le cou et l’épaule.

Ce point est l’un des plus fréquents et peut provoquer :

  • une douleur remontant vers la région occipitale
  • une douleur vers la tempe
  • une sensation de tension dans la nuque
  • parfois une douleur derrière l’orbite

Ce point trigger est souvent impliqué dans les céphalées de tension et les douleurs cervicales chroniques.

Le deuxième point trigger est également localisé dans la portion supérieure du trapèze, mais légèrement plus médial.

Il peut provoquer :

  • une douleur remontant le long du cou
  • une douleur vers la base du crâne
  • une sensation de raideur cervicale

Ce point est souvent associé à une posture prolongée de tête en avant, fréquente chez les personnes travaillant devant un écran.

Ce point se situe dans la portion inférieure du trapèze, près de la région thoracique supérieure.

Il peut provoquer :

  • une douleur référée vers la région cervicale haute
  • une sensation de tension entre les omoplates

Bien que moins fréquent que les points trigger du trapèze supérieur, il peut contribuer aux douleurs dorsales et à la fatigue musculaire dans la région scapulaire.

Ces points trigger se situent généralement près des jonctions musculotendineuses des fibres moyennes du trapèze.

Ils peuvent provoquer :

  • une douleur localisée au sommet de l’épaule
  • une douleur au niveau de l’acromion
  • parfois une douleur irradiant vers la région deltoïdienne

Ces points trigger peuvent être associés à des troubles mécaniques de l’épaule.

Les points TrP6 et TrP7 sont plus superficiels et peuvent produire des sensations inhabituelles plutôt que de la douleur.

Ils peuvent provoquer :

  • une sensation de chair de poule sur la face latérale du bras
  • parfois une sensation similaire sur la cuisse homolatérale
  • une activation possible par simple stimulation cutanée

Ces phénomènes sont liés à une interaction entre les fibres musculaires et les voies nerveuses cutanées.

La connaissance de cette cartographie est particulièrement utile pour le praticien. Lorsqu’un patient présente une douleur dans la tête, l’épaule ou la nuque, il est important d’examiner les muscles cervico-scapulaires, notamment le trapèze.

La palpation des points trigger permet souvent de reproduire la douleur ressentie par le patient, ce qui confirme l’origine myofasciale du symptôme.

Une fois identifiés, ces points peuvent être traités par différentes techniques manuelles, notamment la compression ischémique, afin de réduire la douleur et restaurer la fonction musculaire normale.

Principaux points trigger du muscle trapèze

Point triggerLocalisationDouleur référée principaleSymptômes associés
TrP1 – Trapèze supérieurBord supérieur du trapèze, près du couTempe, région occipitale, derrière l’œilCéphalées de tension, douleur cervicale
TrP2 – Trapèze supérieur médialRégion cervico-scapulaire supérieureNuque et base du crâneRaideur cervicale, douleur en tournant la tête
TrP3 – Trapèze moyenPartie centrale du trapèze, près de l’omoplateSommet de l’épauleDouleur scapulaire, fatigue de l’épaule
TrP4 – Trapèze moyen inférieurRégion interscapulaireEntre les omoplatesSensation de brûlure dorsale
TrP5 – Trapèze inférieurPartie inférieure du trapèze, vers T8–T12Haut du dos et parfois brasFatigue posturale, douleur dorsale

À retenir

  • Les points trigger du trapèze supérieur sont les plus fréquents.
  • Ils sont souvent impliqués dans les céphalées de tension.
  • Les points du trapèze moyen et inférieur provoquent surtout des douleurs scapulaires ou dorsales.

Le syndrome myofascial du trapèze se manifeste par un ensemble de symptômes musculaires et neurologiques liés à l’activité des points trigger. Ces manifestations peuvent varier d’une personne à l’autre, mais certains signes cliniques sont particulièrement fréquents.

Les symptômes peuvent apparaître progressivement et évoluer vers une douleur persistante lorsque les tensions musculaires ne sont pas traitées.

Le symptôme le plus fréquent est une douleur localisée dans la région cervico-scapulaire, généralement située :

  • à la base du cou
  • au sommet de l’épaule
  • entre la nuque et l’omoplate

Cette douleur est souvent décrite comme :

  • une tension musculaire profonde
  • une sensation de brûlure
  • une douleur sourde persistante

Elle peut s’aggraver lors de certaines activités, notamment lorsque les épaules restent élevées ou lorsque la tête est maintenue longtemps dans la même position.

Les points trigger du trapèze supérieur sont fréquemment associés à des céphalées de tension.

La douleur peut se propager vers :

  • la région temporale
  • l’arrière du crâne
  • la région derrière l’œil

Ces maux de tête sont souvent confondus avec des migraines, bien qu’ils soient généralement liés à une tension musculaire cervicale.

Les patients rapportent souvent une raideur dans le cou, particulièrement :

  • au réveil
  • après une journée de travail
  • après une posture prolongée

Cette rigidité peut entraîner une limitation des mouvements de la tête, notamment lors de la rotation ou de l’inclinaison cervicale.

Les points trigger du trapèze sont généralement très sensibles à la pression.

Lorsqu’un praticien palpe ces zones, il peut :

  • reproduire la douleur ressentie par le patient
  • provoquer une douleur irradiant vers d’autres régions
  • sentir une bande musculaire tendue

Cette réaction constitue un élément important du diagnostic clinique.

Les patients peuvent également ressentir :

  • une fatigue dans les épaules
  • une sensation de lourdeur dans le haut du dos
  • une difficulté à maintenir une posture droite

Ces symptômes apparaissent souvent en fin de journée, lorsque les muscles cervicaux sont sursollicités.

Dans certains cas, le syndrome myofascial du trapèze peut également provoquer :

  • des vertiges légers
  • une sensibilité accrue du cuir chevelu
  • une sensation de tension dans les tempes

Ces manifestations sont généralement liées à l’implication des muscles cervicaux dans les céphalées de tension.

Reconnaître les symptômes du syndrome myofascial du trapèze est essentiel pour orienter le diagnostic et éviter de confondre cette condition avec d’autres troubles, comme les pathologies cervicales articulaires ou neurologiques.

Une évaluation clinique attentive permet d’identifier les points trigger responsables et de mettre en place un traitement adapté, notamment par des techniques manuelles comme la compression ischémique, qui vise à relâcher les zones de tension musculaire et à réduire la douleur.

Symptôme principalLocalisationMécanisme probableDiagnostic différentiel
Douleur cervicaleNuque et trapèze supérieurPoints trigger du trapèze supérieurArthrose cervicale, radiculopathie
Céphalée de tensionRégion temporale ou occipitaleDouleur référée des trigger points cervicauxMigraine, névralgie occipitale
Douleur au sommet de l’épauleAcromion et région scapulaireTrigger points du trapèze moyenTendinite de la coiffe des rotateurs
Douleur interscapulaireEntre les omoplatesTrigger points du trapèze moyen ou inférieurDysfonction thoracique, contracture paravertébrale
Raideur cervicaleCou et base du crâneHypertonie du trapèze supérieurTorticolis, dysfonction articulaire cervicale
Fatigue des épaulesRégion scapulaireSurcharge musculaire chroniqueDéséquilibre scapulaire

L’élévation involontaire des épaules et la contraction du trapèze supérieur observées chez de nombreuses personnes en situation de stress pourraient représenter un vestige de mécanismes comportementaux anciens liés à la défense et à l’intimidation.

Dans le règne animal, il est courant que les individus confrontés à une menace adoptent des postures visant à augmenter leur taille apparente. Certains mammifères hérissent leur pelage, gonflent leur cage thoracique ou redressent leur corps afin d’impressionner un adversaire potentiel. Cette stratégie permet parfois d’éviter le combat en faisant croire à l’ennemi que l’individu est plus imposant ou plus dangereux qu’il ne l’est réellement.

Chez l’être humain, certains comportements posturaux pourraient représenter une forme atténuée de ces réponses ancestrales. Lorsque nous sommes confrontés à une situation de stress, de confrontation ou d’insécurité sociale, nous avons tendance à :

  • élever les épaules
  • contracter les muscles du cou
  • rigidifier la posture
  • rapprocher la tête des épaules

Cette réaction active particulièrement le trapèze supérieur, un muscle fortement impliqué dans la posture de protection de la région cervicale.

D’un point de vue neurophysiologique, cette réponse est probablement liée à l’activation du système nerveux sympathique, responsable des réactions de défense telles que la réponse « combat ou fuite ». L’élévation des épaules peut alors être interprétée comme une posture de protection et de vigilance, préparant le corps à une éventuelle confrontation.

Dans le contexte moderne, cette réponse protectrice peut être déclenchée non seulement par des menaces physiques, mais aussi par des situations sociales stressantes, comme parler devant un groupe, subir une pression professionnelle ou évoluer dans un environnement anxiogène. Lorsque cette contraction devient chronique, elle peut contribuer à l’apparition de tensions persistantes dans le trapèze et de points trigger myofasciaux.

Ainsi, certaines douleurs musculaires observées dans la région cervico-scapulaire pourraient refléter, au moins en partie, la persistance de schémas posturaux profondément enracinés dans notre histoire évolutive, où la posture corporelle participait directement aux stratégies de survie.

Dans le règne animal, de nombreuses espèces utilisent une stratégie appelée posture de menace (threat display). Ce comportement consiste à augmenter la taille apparente du corps afin d’intimider un adversaire et d’éviter un combat physique.

Les mammifères peuvent par exemple :

  • redresser leur colonne vertébrale
  • gonfler leur thorax
  • hérisser leur pelage
  • lever les épaules ou les membres antérieurs
  • fixer l’adversaire avec une posture rigide

L’objectif est simple : paraître plus grand, plus puissant et plus dangereux.

Chez l’être humain, certaines réactions posturales observées lors du stress semblent refléter une forme atténuée de ces comportements ancestraux.

Lorsque nous sommes confrontés à une situation de tension — confrontation sociale, anxiété, pression professionnelle ou présence d’une foule — le corps adopte souvent une posture caractéristique :

  • élévation involontaire des épaules
  • contraction du trapèze supérieur
  • rigidité du cou
  • projection de la tête vers l’avant

Cette posture active particulièrement les muscles trapèzes et cervicaux, qui jouent un rôle important dans la protection de la région cervicale et dans l’orientation du regard vers une source potentielle de menace.

Ces réactions sont en grande partie contrôlées par des structures cérébrales anciennes impliquées dans la survie, notamment :

  • l’amygdale, qui détecte les menaces
  • l’hypothalamus, qui active la réponse de stress
  • le tronc cérébral, qui coordonne certaines réponses posturales réflexes

Lorsque ces structures perçoivent une menace, le système nerveux sympathique déclenche une réponse de vigilance appelée réaction de combat ou fuite.

Cette activation entraîne :

  • une augmentation du tonus musculaire
  • une mobilisation des muscles du cou et des épaules
  • une posture de préparation à l’action

Le trapèze supérieur est l’un des muscles les plus sensibles aux réponses de stress. Il agit comme un muscle de vigilance posturale, capable de stabiliser rapidement la tête et les épaules en situation de menace.

Lorsque cette activation devient chronique — par exemple dans des contextes de stress prolongé — le muscle peut rester partiellement contracté pendant de longues périodes. Cette contraction persistante favorise alors :

  • la formation de points trigger myofasciaux
  • l’apparition de céphalées de tension
  • des douleurs cervicales et scapulaires

Comprendre cette dimension évolutive permet d’aborder certaines douleurs musculaires sous un angle plus global. Les tensions du trapèze ne sont pas uniquement liées à des facteurs mécaniques ou posturaux : elles peuvent également refléter des schémas neurobiologiques profondément enracinés dans l’histoire évolutive du système nerveux humain.

Dans cette perspective, la prise en charge des douleurs myofasciales du trapèze ne consiste pas seulement à relâcher un muscle contracté. Elle implique aussi de rééquilibrer les réponses de stress et de restaurer un état de détente du système nerveux, afin de réduire l’activation excessive de ces mécanismes de défense ancestraux.

Une idée particulièrement intéressante pour comprendre les douleurs du trapèze est que ces muscles peuvent être considérés comme de véritables « muscles d’alarme » du corps humain. En situation de stress, de menace ou de vigilance, ils figurent parmi les premiers muscles à s’activer.

Cette réaction n’est pas simplement posturale : elle fait partie d’un programme neurobiologique de protection. Lorsque le cerveau perçoit une menace potentielle, même de manière inconsciente, plusieurs mécanismes réflexes se déclenchent afin de protéger les structures vitales du corps.

Le cou est l’une des régions les plus vulnérables du corps humain. Il abrite des structures essentielles telles que :

  • les artères carotides, qui alimentent le cerveau en sang
  • la trachée, responsable de la respiration
  • la moelle épinière cervicale, voie principale de communication nerveuse

Dans un contexte de danger, l’organisme adopte instinctivement des stratégies visant à protéger cette région critique. L’élévation des épaules et la contraction du trapèze supérieur participent à cette protection en rapprochant les épaules de la tête, formant une sorte de bouclier musculaire autour du cou.

Cette réaction explique pourquoi, lors d’une situation de stress intense ou d’anxiété, de nombreuses personnes ressentent spontanément :

  • une élévation des épaules
  • une raideur dans la nuque
  • une contraction persistante du trapèze supérieur

Cette activation musculaire est étroitement liée à l’action du système nerveux sympathique, qui prépare l’organisme à réagir face à une menace. Lorsque ce système est activé, le corps entre dans un état de vigilance accru caractérisé par :

  • une augmentation du tonus musculaire
  • une accélération du rythme cardiaque
  • une mobilisation des muscles posturaux

Les muscles cervicaux et scapulaires, dont le trapèze, sont particulièrement sensibles à cette activation.

Dans l’environnement ancestral, ces réactions étaient généralement courtes et ponctuelles, associées à une menace physique réelle. Une fois la situation résolue, le système nerveux revenait rapidement à un état de repos.

Dans la société moderne, les sources de stress sont souvent psychologiques et prolongées : pression professionnelle, surcharge cognitive, tensions sociales ou fatigue chronique. Le système nerveux peut alors maintenir un niveau de vigilance élevé pendant de longues périodes.

Lorsque cette activation devient chronique, les muscles du trapèze peuvent rester contractés de façon quasi permanente. Cette contraction prolongée favorise :

  • la formation de bandes musculaires tendues
  • l’apparition de points trigger myofasciaux
  • le développement de céphalées de tension

Comprendre le trapèze comme un muscle d’alarme du système nerveux offre une perspective intéressante dans la prise en charge des douleurs cervicales et scapulaires. Le traitement ne consiste pas uniquement à relâcher un muscle contracté, mais aussi à réduire l’état de vigilance du système nerveux qui entretient cette tension.

Dans cette approche, les techniques manuelles, les exercices respiratoires, la correction posturale et la gestion du stress peuvent contribuer à restaurer un équilibre entre vigilance et détente musculaire, permettant ainsi au trapèze de retrouver un fonctionnement plus physiologique.

Le diagnostic du syndrome myofascial du trapèze repose principalement sur l’examen clinique. Contrairement à de nombreuses pathologies musculo-squelettiques, il n’existe généralement aucun test d’imagerie spécifique permettant de visualiser directement les points trigger. L’identification de ces zones douloureuses repose donc essentiellement sur l’observation clinique et la palpation musculaire.

Critère cliniqueSyndrome myofascial du trapèzeRadiculopathie cervicalePathologie de l’épaule
Type de douleurDouleur musculaire diffuse ou profondeDouleur nerveuse irradiant dans le brasDouleur localisée à l’épaule
Zone douloureuseNuque, trapèze, région scapulaireCou → bras → mainÉpaule et deltoïde
Palpation musculairePoint trigger douloureux avec bande tendueGénéralement négativeDouleur à l’insertion tendineuse
Douleur référéeOui, vers tête ou épauleOui, suivant un dermatomeRare
Limitation de mouvementRaideur cervicale modéréeDouleur lors des mouvements cervicauxLimitation des mouvements de l’épaule
Tests neurologiquesNormauxPeuvent être positifs (déficits sensitifs ou moteurs)Normaux
ImagerieGénéralement normalePeut montrer hernie discalePeut montrer tendinopathie

L’évaluation commence par un interrogatoire détaillé visant à comprendre la nature et l’évolution des symptômes. Le praticien cherche notamment à identifier :

  • la localisation précise de la douleur
  • l’apparition progressive ou soudaine des symptômes
  • les activités aggravantes (travail informatique, stress, posture prolongée)
  • la présence de céphalées de tension ou de douleurs cervicales associées

Les patients décrivent souvent une douleur sourde dans la nuque ou l’épaule, parfois accompagnée d’une sensation de tension musculaire persistante.

L’examen se poursuit par l’observation de la posture du patient. Certains signes peuvent orienter vers une surcharge du trapèze supérieur :

  • épaules élevées ou asymétriques
  • tête projetée vers l’avant
  • cyphose thoracique accentuée
  • tension visible dans la région cervico-scapulaire

Ces adaptations posturales peuvent refléter une activité musculaire excessive du trapèze.

La palpation constitue l’élément central du diagnostic. Le praticien explore les fibres musculaires du trapèze afin d’identifier :

  • une bande musculaire tendue
  • un nodule douloureux correspondant au point trigger
  • une douleur reproduisant les symptômes du patient

Dans certains cas, la pression sur le point trigger peut provoquer une réponse de contraction locale, appelée local twitch response, qui correspond à une brève contraction réflexe des fibres musculaires.

Un élément diagnostique important est la capacité du point trigger à reproduire la douleur décrite par le patient. Par exemple, la pression sur un point trigger du trapèze supérieur peut déclencher :

  • une douleur temporale
  • une douleur occipitale
  • une douleur derrière l’œil

Cette reproduction du schéma douloureux confirme l’origine myofasciale du symptôme.

L’examen clinique doit également permettre d’exclure d’autres causes de douleur cervicale ou scapulaire, notamment :

  • une radiculopathie cervicale
  • une pathologie de l’épaule
  • une atteinte articulaire cervicale
  • certaines pathologies neurologiques

Lorsque l’examen clinique est compatible avec un syndrome myofascial et qu’aucun signe neurologique alarmant n’est présent, le diagnostic peut être posé.

Les douleurs du trapèze peuvent parfois être confondues avec d’autres affections touchant la colonne cervicale, l’épaule ou les structures nerveuses. Il est donc essentiel d’effectuer un diagnostic différentiel rigoureux afin d’identifier correctement l’origine de la douleur.

Certaines pathologies peuvent produire des symptômes similaires, mais leur mécanisme et leur prise en charge sont différents.

Radiculopathie cervicale

La radiculopathie cervicale survient lorsqu’une racine nerveuse cervicale est comprimée, souvent à cause d’une hernie discale ou d’une arthrose cervicale.

Les symptômes typiques incluent :

  • douleur irradiant dans le bras
  • engourdissements ou picotements dans la main
  • faiblesse musculaire dans le membre supérieur

Contrairement au syndrome myofascial du trapèze, cette condition présente souvent des signes neurologiques objectifs lors de l’examen clinique.

Pathologies de l’épaule

Certaines affections de l’épaule peuvent également provoquer une douleur dans la région du trapèze.

Les plus fréquentes sont :

  • tendinopathie de la coiffe des rotateurs
  • bursite sous-acromiale
  • conflit sous-acromial

Dans ces cas, la douleur est généralement aggravée par les mouvements de l’épaule plutôt que par la palpation du trapèze.

Arthrose cervicale

L’arthrose cervicale peut provoquer des douleurs dans la nuque et les épaules, parfois associées à une raideur cervicale.

Les caractéristiques typiques incluent :

  • douleur mécanique augmentée par les mouvements du cou
  • diminution progressive de la mobilité cervicale
  • parfois des irradiations dans les épaules

Contrairement au syndrome myofascial, la palpation musculaire ne reproduit pas nécessairement la douleur principale.

Névralgie occipitale

La névralgie occipitale est une irritation des nerfs occipitaux situés à l’arrière du crâne.

Elle provoque :

  • une douleur vive à l’arrière de la tête
  • une douleur irradiant vers le cuir chevelu
  • une sensibilité accrue du cuir chevelu

Bien que les douleurs puissent ressembler à celles provoquées par certains points trigger du trapèze, la douleur est souvent plus vive et de type neurologique.

Importance du diagnostic différentiel

Identifier correctement la cause de la douleur permet d’éviter des traitements inadaptés. Lorsque la douleur est liée à un point trigger du trapèze, la palpation reproduit généralement les symptômes du patient et révèle une bande musculaire tendue caractéristique.

Cette distinction est essentielle pour orienter la prise en charge vers des techniques adaptées, telles que la compression ischémique, qui vise à désactiver les points trigger et à restaurer la fonction musculaire normale.trapèze

La compression ischémique est l’une des techniques les plus utilisées en thérapie manuelle pour traiter les points trigger myofasciaux. Elle consiste à appliquer une pression progressive et soutenue directement sur le point trigger afin de provoquer un relâchement du tissu musculaire.

Cette technique est largement utilisée en ostéopathie, physiothérapie et médecine manuelle pour réduire la douleur et améliorer la fonction musculaire.

Principe physiologique

Le principe de la compression ischémique repose sur une pression appliquée sur la zone musculaire hyperirritable. Cette pression provoque une réduction temporaire du flux sanguin local, appelée ischémie.

Lorsque la pression est relâchée, un phénomène de reperfusion se produit : le sang revient dans la zone traitée, apportant oxygène et nutriments aux fibres musculaires.

Ce mécanisme peut contribuer à :

  • diminuer l’activité du point trigger
  • réduire la sensibilité musculaire
  • améliorer la circulation locale
  • favoriser le relâchement des fibres contractées

Effet sur la contraction musculaire

Les points trigger sont associés à une contraction persistante de certaines fibres musculaires. La pression appliquée lors de la compression ischémique peut aider à interrompre ce cycle de contraction.

Lorsque la pression est maintenue pendant plusieurs secondes, les fibres musculaires peuvent progressivement se relâcher, ce qui entraîne une diminution de la tension dans la bande musculaire tendue.

Effet sur la douleur

La compression ischémique agit également sur la perception de la douleur. La stimulation mécanique des tissus peut activer certains mécanismes de modulation de la douleur au niveau du système nerveux.

Ces mécanismes incluent notamment :

  • l’inhibition des signaux douloureux
  • la diminution de l’hyperactivité des nocicepteurs
  • une réduction de la sensibilisation musculaire

Place de la technique dans la prise en charge

Dans le traitement du syndrome myofascial du trapèze, la compression ischémique est souvent utilisée comme technique de base. Elle peut être combinée avec d’autres approches thérapeutiques telles que :

  • les étirements musculaires
  • les mobilisations articulaires
  • les exercices posturaux
  • les techniques de relaxation musculaire

Cette approche globale permet non seulement de réduire la douleur, mais aussi de prévenir la réapparition des points trigger en corrigeant les facteurs mécaniques ou posturaux sous-jacents.

La compression ischémique appliquée au muscle trapèze est une technique simple mais précise qui vise à désactiver les points trigger myofasciaux responsables de douleurs cervicales et scapulaires. Elle consiste à appliquer une pression progressive et maintenue directement sur le point trigger jusqu’à obtenir un relâchement du tissu musculaire.

Préparation du patient

Avant d’effectuer la technique, il est important de placer le patient dans une position confortable permettant un accès facile au trapèze.

Les positions les plus utilisées sont :

  • patient assis, les bras détendus
  • patient en décubitus ventral, tête reposant sur la table

Le praticien identifie ensuite la zone douloureuse en palpant les fibres du trapèze à la recherche d’une bande musculaire tendue contenant un nodule sensible.

Localisation du point trigger

La localisation précise du point trigger est essentielle pour l’efficacité du traitement.

Lors de la palpation, le praticien peut ressentir :

  • une petite zone nodulaire dans le muscle
  • une sensibilité marquée à la pression
  • une reproduction de la douleur ressentie par le patient

Lorsque le point trigger est correctement identifié, la pression appliquée reproduit souvent la douleur référée caractéristique.

Application de la pression

La pression est généralement appliquée avec :

  • le pouce
  • les doigts
  • parfois le coude, pour les zones musculaires plus profondes

La pression doit être progressive et contrôlée, afin d’éviter une réaction défensive excessive du muscle.

Le praticien augmente progressivement la pression jusqu’à atteindre un niveau de douleur tolérable pour le patient.

Durée de la compression

La pression est maintenue généralement entre 30 secondes et 90 secondes.

Pendant cette période, le praticien peut sentir une diminution progressive de la tension musculaire sous ses doigts. Cette sensation correspond souvent au relâchement de la bande musculaire tendue.

Lorsque la douleur diminue ou que la tension musculaire se relâche, la pression peut être progressivement relâchée.

Réévaluation du tissu musculaire

Après la compression, le praticien palpe de nouveau la zone afin d’évaluer :

  • la diminution de la sensibilité
  • l’assouplissement du tissu musculaire
  • l’amélioration de la mobilité cervicale

Si nécessaire, la technique peut être répétée sur d’autres points trigger du trapèze.

Intégration dans le traitement global

La compression ischémique est souvent combinée avec d’autres techniques afin d’obtenir un résultat plus durable.

Ces approches peuvent inclure :

  • étirements du trapèze
  • mobilisations cervicales
  • travail scapulo-thoracique
  • exercices posturaux

Cette approche globale permet non seulement de traiter la douleur actuelle, mais aussi de prévenir la réapparition des tensions musculaires.

Lors de l’application d’une compression ischémique sur un point trigger du trapèze, le patient peut ressentir différentes sensations. Ces réactions sont généralement normales et font partie du processus de relâchement musculaire.

Il est important que le praticien maintienne une communication constante avec le patient afin d’ajuster la pression et de garantir que la technique reste confortable et sécuritaire.

Sensation de douleur initiale

Lorsque la pression est appliquée directement sur un point trigger, il est fréquent que le patient ressente une douleur localisée et parfois intense pendant les premières secondes.

Cette sensation correspond à la stimulation de la zone musculaire hypersensible. La douleur doit cependant rester tolérable et diminuer progressivement à mesure que la pression est maintenue.

Douleur référée

Dans certains cas, la pression sur le point trigger peut provoquer une douleur irradiant vers une autre région du corps.

Par exemple, un point trigger du trapèze supérieur peut provoquer :

  • une douleur dans la tempe
  • une douleur dans la nuque
  • une douleur derrière l’œil

Cette réaction est normale et confirme souvent que le point trigger responsable de la douleur a été correctement identifié.

Sensation de relâchement musculaire

Après plusieurs secondes de compression, le patient peut ressentir une diminution progressive de la douleur et un relâchement du muscle.

Le praticien peut également percevoir ce relâchement sous ses doigts, lorsque la bande musculaire tendue devient plus souple.

Sensation de chaleur ou de circulation

Lorsque la pression est relâchée, certains patients décrivent une sensation de chaleur ou de circulation dans la zone traitée.

Cette sensation est liée au retour du flux sanguin dans le muscle après la période de compression.

Sensibilité temporaire après le traitement

Il est possible que la zone traitée reste légèrement sensible pendant quelques heures, voire une journée.

Cette réaction est généralement transitoire et peut être comparée à une sensation similaire à une courbature musculaire.

Importance de l’écoute du patient

La compression ischémique doit toujours être adaptée à la tolérance du patient. Une pression excessive peut provoquer une contraction réflexe du muscle et réduire l’efficacité du traitement.

Une approche progressive et respectueuse du seuil de douleur permet généralement d’obtenir un relâchement musculaire efficace et durable.

Les exercices de relâchement du muscle trapèze jouent un rôle essentiel dans la gestion du syndrome myofascial. Bien qu’un traitement manuel puisse désactiver les points trigger, les exercices permettent de réduire les tensions musculaires, améliorer la mobilité cervicale et prévenir les récidives.

Ces exercices sont particulièrement utiles chez les personnes exposées à des postures prolongées, au stress ou à un travail informatique intensif.

Libération du point trigger avec balle contre le mur

Cet exercice permet d’effectuer une compression ischémique autonome, similaire à celle utilisée par un thérapeute.

Position

  • Placez une balle de tennis ou une balle de massage entre le mur et la zone douloureuse du trapèze.
  • Appuyez votre dos contre le mur.

Mouvement

  • Faites rouler lentement la balle jusqu’à trouver un point sensible.
  • Maintenez une pression constante sur ce point pendant 30 à 60 secondes.

Effet

diminution de la douleur musculaire

relâchement du point trigger

amélioration de la circulation locale

Roulements d’épaules

Les roulements d’épaules aident à détendre les muscles cervico-scapulaires.

Mouvement

  • Élevez lentement les épaules.
  • Faites-les rouler vers l’arrière.
  • Redescendez-les doucement.

Répétition

Réalisez 10 à 15 mouvements.

Exercice de relâchement postural

Cet exercice vise à réduire l’activité excessive du trapèze supérieur.

Position

  • Tenez-vous debout ou assis.
  • Relâchez complètement les épaules.

Mouvement

  • Inspirez profondément.
  • À l’expiration, laissez les épaules s’abaisser naturellement.

Répétez l’exercice pendant 1 à 2 minutes.

Rotation cervicale douce

Cet exercice aide à réduire la raideur cervicale associée aux tensions du trapèze.

Position

  • Asseyez-vous droit.

Mouvement

  • Tournez lentement la tête vers la droite.
  • Revenez au centre.
  • Tournez ensuite vers la gauche.

Répétition

Effectuez 10 répétitions lentes.

Étirement du trapèze avec stabilisation de l’épaule

Cet exercice augmente l’efficacité de l’étirement en stabilisant la ceinture scapulaire.

Position

  • Asseyez-vous droit.
  • Placez la main gauche sous la cuisse afin de maintenir l’épaule basse.

Mouvement

  • Inclinez la tête vers la droite.
  • Tournez légèrement le menton vers l’aisselle.

Durée

Maintenez l’étirement 20 à 30 secondes.

Étirement du trapèze supérieur

Cet étirement aide à réduire la tension dans la région cervico-scapulaire.

Position

  • Asseyez-vous droit sur une chaise.
  • Gardez les épaules détendues.

Mouvement

  • Inclinez lentement la tête vers l’épaule droite.
  • Avec la main droite, appliquez une légère pression sur la tête.
  • Maintenez l’étirement pendant 20 à 30 secondes.

Répétition

Répétez l’exercice 3 fois de chaque côté.

Dépression scapulaire active

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Stabilisation scapulaire

Cet exercice renforce les muscles responsables de la stabilité de l’omoplate, ce qui réduit la surcharge du trapèze.

Position

  • Debout ou assis, dos droit.

Mouvement

  • Ramenez doucement les omoplates vers l’arrière et vers le bas.
  • Maintenez la contraction pendant 5 secondes.

Répétition

Effectuez 10 à 15 répétitions.

Effet

  • améliore la mécanique scapulaire
  • réduit la tension dans le trapèze supérieur
  • diminue la réactivation des points trigger

La prévention des tensions du muscle trapèze repose principalement sur l’adoption de bonnes habitudes posturales, la gestion du stress musculaire et l’entretien régulier de la mobilité cervicale et scapulaire. Dans la vie moderne, de nombreuses activités sollicitent fortement les muscles du cou et des épaules, notamment le travail devant un ordinateur ou l’utilisation prolongée d’un téléphone mobile.

Mettre en place quelques stratégies simples peut contribuer à réduire la surcharge musculaire et prévenir la formation de points trigger.

Améliorer la posture de travail

Une posture inadéquate est l’un des facteurs les plus fréquents de tension dans le trapèze supérieur.

Quelques principes ergonomiques importants :

  • garder la tête alignée avec la colonne vertébrale
  • maintenir les épaules détendues
  • placer l’écran à hauteur des yeux
  • éviter de pencher la tête vers l’avant pendant de longues périodes

Ces ajustements permettent de diminuer l’activité excessive du trapèze supérieur.

Faire des pauses régulières

Les muscles cervico-scapulaires sont particulièrement sensibles aux postures statiques prolongées.

Il est recommandé de :

  • se lever ou bouger toutes les 30 à 60 minutes
  • effectuer quelques mouvements du cou et des épaules
  • relâcher volontairement les épaules

Ces pauses aident à réduire l’accumulation de tension musculaire.

Gérer le stress musculaire

Le stress émotionnel peut provoquer une contraction involontaire des muscles du cou et des épaules.

Certaines stratégies peuvent aider à réduire cette tension :

  • respiration profonde
  • relaxation musculaire
  • exercices de mobilité cervicale
  • activité physique régulière

Ces techniques favorisent un relâchement du tonus musculaire.

Renforcer les muscles stabilisateurs

Un déséquilibre musculaire autour de la ceinture scapulaire peut favoriser la surcharge du trapèze supérieur.

Le renforcement des muscles suivants est particulièrement utile :

  • trapèze moyen et inférieur
  • rhomboïdes
  • dentelé antérieur

Ces muscles contribuent à stabiliser l’omoplate et à répartir les forces autour de l’épaule.

Maintenir une mobilité cervicale

La mobilité de la colonne cervicale et thoracique joue un rôle important dans la prévention des douleurs musculaires.

Des exercices simples peuvent aider à maintenir cette mobilité :

  • rotations cervicales
  • inclinaisons latérales du cou
  • mobilisation des épaules

Pratiqués régulièrement, ces mouvements contribuent à prévenir la raideur musculaire et les tensions chroniques.

Importance d’une approche globale

La prévention des tensions du trapèze repose sur une combinaison de facteurs : posture, activité physique, gestion du stress et mobilité articulaire. Une approche globale permet de maintenir un équilibre musculaire durable dans la région cervico-scapulaire, réduisant ainsi le risque de récidive des points trigger.

Le syndrome myofascial du trapèze illustre bien la manière dont une tension musculaire localisée peut perturber l’équilibre global du corps. Lorsque des points trigger se développent dans ce muscle, ils peuvent provoquer des douleurs cervicales, des céphalées de tension et une sensation persistante de raideur dans les épaules et le haut du dos.

Le traitement par compression ischémique constitue une approche efficace pour désactiver ces zones hypersensibles. En appliquant une pression ciblée sur les points trigger, il est possible de réduire la tension musculaire, d’améliorer la circulation locale et de restaurer progressivement la fonction du muscle.

Cependant, la prise en charge ne se limite pas à une technique unique. Une approche thérapeutique complète doit inclure :

  • une évaluation clinique précise
  • des techniques manuelles adaptées
  • des exercices de relâchement musculaire
  • des mesures de prévention posturale

Dans une perspective ostéopathique, il est également essentiel de considérer les interactions entre la colonne cervicale, la ceinture scapulaire et la posture globale du corps. Les tensions du trapèze sont souvent liées à des déséquilibres fonctionnels plus larges impliquant la mobilité vertébrale, la mécanique scapulaire et le stress musculaire chronique.

En combinant traitement manuel, exercices et correction des habitudes quotidiennes, il devient possible de réduire durablement les douleurs et de prévenir la réactivation des points trigger.

Ainsi, la gestion du syndrome myofascial du trapèze repose sur une approche globale visant non seulement à soulager la douleur, mais aussi à restaurer l’harmonie fonctionnelle de la région cervico-scapulaire et du système musculo-squelettique dans son ensemble.

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